DzActiviste.info Publié le jeu 15 Nov 2012

Le crash de Lozère : Incompétence ou mafiocratie ?

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Première partie: De l’Etat incompétent à l’Etat irresponsable.
  
Le vendredi 09 Novembre un avion de l’armée de l’air algérienne s’est écrasé en rase campagne, dans un champ de Trélans en Lozère.  Six personnes se trouvaient à bord, 5 militaires et un civil de la banque centrale algérienne. Toutes décédées.
De prime abord, il s’avère qu’il s’agit d’un crash dont les raisons restent inconnues pour le moment mais dont l’enquête, et la boite noire, ne vont pas tarder à nous révéler les causes.
Cependant, dès que la presse nous a confirmé la mission et surtout le contenu de la marchandise du bimoteur de type C295 des interrogations foisonnent sur l’origine de l’accident. L’appareil transportait du papier fiduciaire pour le compte de la banque centrale algérienne.

L’appareil avait pour mission une rotation classique entre Alger et Paris pour le rapatriement d’une marchandise de haute sécurité, du papier fiduciaire pour émission de la monnaie algérienne, le Dinar. L’appareil a quitté Alger dans la matinée, à 7h00 du matin précisément, de la journée du vendredi 09, sans préciser si son point de départ était un aéroport militaire ou civil. Par contre, il est sûr qu’il a décollé de Paris d’un aéroport civil, en l’occurrence le BOURGET. Ce sont des informations importantes car dans les aéroports civils français les procédures de sûreté comme celles de la sécurité sont draconiennes. Jusqu’à maintenant l’enquête est à son stade initial. Les recherches des composants de l’appareil, ainsi que les indices sur le sort de la marchandise transportée, et bien sûr la recherche des éléments prouvant qu’il s’agit d’un acte malveillant ou pas, survenu lors du vol, sont toujours en cours. L’enquête n’a pas encore révélé tous ses secrets et on ne risque pas d’en avoir compte tenu du blackout opéré du côté français comme du côté algérien.
Le « Pourquoi » du « Comment » :
 « Celui qui possède un « pourquoi » qui lui tient de but, de finalité, peut vivre avec n’importe quel « comment » nous enseigne la maxime de Nietzsche. Le hasard n’est pas un mystère surtout lorsque la démarche consiste  à bousculer les détails pour en trouver des liens et des causes.  
Tout était prévu pour un vol de routine, d’un transport d’une marchandise fret. Mais, le hasard survient comme un orage par beau temps. Ainsi, en tout état de cause, il y a toujours une cause, fut-elle infime, qui balaye la  rituelle sérénité de la routine. Finalement, l’incertitude est le purgatoire de la causalité. L’esprit rationnel doit interpeller le hasard afin que celui-ci ne devienne pas  le complice d’une vérité maquillée. Le hasard ne doit être autre que la mesure de notre ignorance. Quand on se trouve face à l’incertitude, à la complexité, il est utile de poser la question du « pourquoi » pour en arriver au « comment ».
Il est tout à fait légitime de se poser des questions. S’il s’agit d’un crash. Pourquoi le procureur a élargi le périmètre de recherche ? La queue de l’appareil a été retrouvée à 500 mètres du lieu du point d’impact. Un témoin a cru voir un parachute quand il a vu un énorme débris de la carlingue en chute libre. S’agit-il d’une explosion en plein vol ? Toute laisse à croire que l’affaire n’est pas due à la malchance, au hasard, à l’erreur humaine, problème technique, où aux conditions climatiques.
Insérer l’accident dans son contexte réel, et dans une temporalité, est le premier pas dans la recherche des réponses adéquates à nos questions. Du point de vue chronologique, une série d’évènements corrobore la thèse de l’acte malveillant.
Revenons six ans en arrière, une attaque est survenue sur un camion le 30 Novembre 2006. Il transportait la même marchandise entre Gmund  au sud de la Bavière et Marseille pour  le compte de la banque centrale algérienne. 40 Tonnes du papier fiduciaire ont été subtilisés dans le parking de la société Sagatrans à Marseille. Cette société a été chargée d’acheminer les 19 rouleaux destinés à imprimer 150 milliards de centimes algériens, l’équivalent aux taux officiel de  150 millions d’euros.
Qui est responsable de cette mésaventure ? La responsabilité incombe bien évidemment aux autorités algériennes en premier lieu. Il s’agit d’une marchandise relevant de la haute sécurité économique et financière du pays au même titre que la sécurité territoriale. Pourquoi n’avait-il pas assuré la sécurisation du  transport durant sa traversée du territoire français ? Et pourtant des accords bilatéraux dans le domaine de la sécurité existent entre les deux pays. Où, pour le moins, superviser l’acheminement de la marchandise contre toute attaque comme cela se fait dans les pays où les responsables sont soucieux de la souveraineté monétaire de leur pays. Une noria de questions mérite d’être posée afin de dissiper le nuage de l’aléatoire et du hasard.
Coup de théâtre, en Janvier 2009, démantèlement du réseau de faux monnayeurs à Naples en Italie par la brigade financière Italienne en collaboration avec ses homologues français. Ainsi, trois rouleaux ont été récupérés dans un entrepôt à Naples. Le réseau est composé, entre autres,  de Salvatore Dalmazzio et de Claudio Scalpellini membres de la Camorra napolitaine. Voir la VIDEO
Les ramifications de la nébuleuse traversent les Alpes.  A la même année, la police française arrête 37 personnes liées à ce trafic dans la région lyonnaise. Chacun des trois rouleaux récupérés peut être utilisé pour la fabrique de 500 00 billets de 1000 dinars. . Les billets valant 10 euros sont revendus entre 3 et 4 euros. Une aubaine pour les faux monnayeurs algériens. Là aussi, les responsables algériens sont tenus à l’écart des investigations et assistent en spectateurs passifs aux déroulements de l’enquête alors qu’il s’agit de la monnaie relevant de la souveraineté de leur Etat.
La seconde responsabilité est d’ordre sécuritaire. Car les responsables de la banque centrale algérienne n’ont imposé que trois signes de sécurité à leur billet circulant : une bande holographique, un filigrane, et un fil. Tandis que l’euro dispose de 60 signes de sécurité, le dollar ainsi que la livre sterling de 100 signes. Même la monnaie de nos voisins du Maghreb est très difficile à falsifier contenu du niveau de signes imposés. Le choix du bas niveau de sécurité procure au Dinar toutes les convoitises et devient ainsi facilement imprimable dès lors qu’on détient le fameux papier fiduciaire. N’étant pas une monnaie convertible, le dinar devient par la force des choses, pour ne pas dire l’irresponsabilité et l’incompétence des banquiers du pays le billet le plus prisé. Comble de l’ironie, les premiers billets de 1000 dinars sont signés de la main du gouverneur de la banque centrale Abdelwahab KARAMANE avant qu’il ne soit jugé et condamné par contumace dans l’affaire Khalifa. La seconde partie des billets de 1000 dinars fut signé par Mohammed LEKSACI.
Le 19 août 2012, et de surcroit le jour de l’Aïd, un incendie criminelle est déclenché à l’hôtel des monnaies à Alger. Il affectera les bureaux des services des études, un espace de transit du fameux papier fiduciaire avant son transfert vers les ateliers de production. La sécurité civile a mobilisé plus de 240 hommes et plus de 30 camions citernes. Encore un hasard du jour de l’Aïd, journée chômée où la sécurité et la vigilance sont au poids mort. L’incendie provoqué avait pour objectif de créer un vide monétaire et une demande accrue dans la masse monétaire du pays. Le grand banditisme s’est initié lui aussi à la règle fondamentale de l’offre et de la demande. Il est certain, et selon des sources sûres, que durant l’été passé, la production du billet de 2000 dinars s’est accéléré afin d’endiguer le noyautage des faux billets de 1000 dinars. Car les nouveaux billets de 2000 dinars disposent d’un niveau de sécurité élevé. D’où l’incendie des
locaux  de transit du papier fiduciaire avant la phase d’impression.
Comme dans le crash de l’avion dans Lozère, comme dans le braquage du camion à Marseille, ainsi que l’incendie de l’hôtel de la monnaie à Alger, il y a une fuite d’informations sensibles qui ne peut provenir que de l’intérieur du système. Il est intéressant de faire des investigations au sein du système algérien.  
A.Ali
A suivre


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