DzActiviste.info Publié le mar 25 Sep 2012

Le culot phénoménal de Bouteflika: Donner le marché de la Grande Mosquée à une société qui pratique la corruption.

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L’ENTREPRISE CHINOISE CSCEC SUR LA LISTE NOIRE DE LA BANQUE MONDIALE
Le gouvernement algérien lui attribue le marché de la Grande Mosquée d’Alger

par Djilali Hadjadj

Les entreprises chinoises continuent d’avoir le vent en poupe en Algérie en faisant main basse sur la grosse commande publique, même lorsqu’elles figurent sur la liste noire de la Banque mondiale (même exclues de l’attribution de marchés pour cause de corruption dans des projets financés par cette banque) : ce qui est le cas de CSCEC à qui le gouvernement vient de confier la réalisation de la… «Grande Mosquée d’Alger» !
N’ayant plus besoin de la Banque mondiale, dont l’Algérie est membre, les pouvoirs publics peuvent se permettre d’ignorer cette liste noire et faire comme bon leur semble. Et la lutte officielle contre la corruption ?
Le directeur général de l’Agence nationale de réalisation de la Grande Mosquée d’Alger au forum d’ El Moudjahid il y a quelques jours, venu défendre ce projet, ne s’attendait pas à être interrogé sur les raisons du choix de cette entreprise chinoise, alors qu’elle figure sur la liste noire de la Banque mondiale : «Ce n’est pas à moi d’enquêter sur l’entreprise réalisatrice » ! Mais il en fera quand même les éloges : «Elle a le savoir-faire technique nécessaire»… «L’entreprise retenue a les capacités exigées et l’expérience souhaitée»… «China State Construction Engineering Corporation» (CSCEC) a déjà démontré ses capacités à travers le monde en réalisant des projets similaires». Selon lui, «CSCEC dispose de moyens financiers et matériels qui lui permettent de réaliser de tels projets. Quand on lui pose la question sur l’implication de CSCEC dans «des affaires de corruption», il précisera que cette entreprise «est soumise à un cahier des charges, à un contrat et aux lois algériennes». Et d’ajouter : «Nous avons un gouvernement et des responsables pour vérifier si cette entreprise fait un travail sérieux»… «Elle a soumissionné avec 57 autres entreprises exerçant dans les quatre continents. Elle est retenue par une commission d’experts selon une consultation sélective universelle.»
Interdiction jusqu’en 2015
Pour rappel, en septembre 2011, la Banque mondiale avait publié sa liste noire actualisée d’entreprises internationales impliquées dans des affaires de corruption pour des projets qu’elle finance. Dans cette liste, 12 entreprises chinoises figurent, pour une interdiction d’attribution de marchés pour une durée de 2 à 8 ans, selon la gravité de l’affaire, dontChina State Construction Engineering Corporation (CSCEC) pour une durée de 6 ans, à partir de 2009, interdiction qui court donc jusqu’en 2015 ! L’élaboration de cette liste est établie par un département spécialisé de la Banque mondiale — constitués d’experts anti-fraude et anti-corruption —, selon des règles bien établies, après des enquêtes approfondies et dont les résultats n’ont jamais été contestés à ce jour par les entreprises attrapées la main dans le sac. Et si cette liste est rendue publique par la Banque mondiale, c’est pour informer tous les pays qui pourraient avoir à faire à ces entreprises indélicates des risques élevés encourus de corruption s’ils venaient à leur attribuer des marchés. Non seulement le gouvernement algérien est passé outre, mais il a préféré choyer CSCEC, grande bénéficiaire de la commande publique, avec plein de gros chantiers à la clé. CSCEC sur la liste noire de la Banque mondiale et sur la liste… verte de l’Algérie !
 


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