DzActiviste.info Publié le mer 26 Fév 2014

Le Dernier Quart d’Heure de Bouteflika

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unnamed (1)Un pouvoir à l’agonie, une autorité déboulonnée, une société en effervescence et un vote à l’horizon.. !

Mohamed Ibn Khaldoun

L’autorité est une valeur en baisse. Dans toutes les cellules de la société, de l’entreprise à l’administration. Sanctionnée plus souvent qu’elle n’est confortée par les nouvelles lois, elle se dilue ou, plutôt change de forme.

Ce phénomène de dilution est sensible à tous les niveaux de la société. Les mots des centrales syndicales, qui contrôlent moins étroitement leur base, ne sont plus écoutés. Le code de la route est beaucoup moins respecté. Les ordonnances médicales, elles mêmes, ne sont plus scrupuleusement suivies. La musique du pays n’est plus du patrimoine culturel et reflète la société Algérienne, le Raï est imposé partout. Les receveurs et conducteurs de bus ne respectent plus les usagers, les arrêts et la vitesse. Le centre des chèques postaux ne délivre que rarement des carnets de chèques aux demandeurs et selon le bon loisir. Le respect de la correspondance n’est plus à l’ordre du jour, certaines administrations et ministères ne répondent plus aux doléances des citoyens. Tout le monde a opté pour sa manière de se dérober à la règle, de « rester libre de son choix »

On sent, ici et là, se développer le goût du troc. Le marché du travail au noir se porte plutôt très bien. Les étrangers envahissent le pays, Chinois, Turcs, Syriens et autres et sollicitent la nationalité Algérienne, au moment où des centaines de milliers d’algériens revendiquent la réintégration à la nationalité Française comme certains gros bonnets du pouvoir. Et ce n’est plus un découvert bancaire, le blanchiment du pognon est à l’extrême, voire un larcin dans un grand magasin qui empêcherait aujourd’hui certains de dormir, banalisation de la combine ? Triomphe du système D ? Oui, si l’on veut.

Ces modes de fonctionnement différents modifient en tout cas la manière d’obtenir, d’influencer. De nouveaux leaderships se dessinent. Les gens influents, les décisionnaires sont moins ceux qui ordonnent, commandent, sanctionnent du haut de leurs piédestaux institutionnels que ceux qui, postés aux bons carrefours et dans les routes savent ce qu’il faut dire à qui, quand et comment . Qui regardent patiemment ce jeu se dérouler, mais ne cherchent pas systématiquement à siffler, à sanctionner la faute. Qui jouent au contraire, les rassembleurs, sans trop songer à aborder leurs galons. Certaines administrations et entreprises récupèrent ces modes de fonctionnement en ménageant délibérément « les courts-circuits ». Du favoritisme payant pour les recrutements dans certains corps constitués, des universitaires en chômage continu. Des travailleurs réduits au chômage par la faute de Temmar qui a privatisé à l’aveuglette le gagne pain des Algériens et surtout privatisé pour une bouchée de pain !!

Des règles du jeu souples remplacent les obligations, réductrices de spontanéité. Exemple d’informalité réussie : bison futé. Point de règle mais des informations que chacun interprète à sa guise en fonction des circonstances. Et la diversité des interprétations aboutit effectivement à une réelle fluidité de la circulation.

L’obligation de mettre la ceinture de sécurité en ville s’est révélée, en revanche, l’exemple type d’informalité.  Imposée de façon autoritaire. : La ceinture ou le retrait du permis » Pour la première fois, révèle une petite étude récente menée à l’intérieur des villes d’Algérie, des taxieurs et même des automobilistes refusent de démarrer si l’accompagnateur n’a pas mis sa ceinture. Alors si on avait exécuté les peines capitales, on se retrouverait pas aujourd’hui devant des vagues de criminels, de corrompus, de dilapidateurs, et de trafiquants de drogue. Je crois qu’on préfère verbaliser et étouffer le pauvre citoyen honnête que de s’attaquer à cette mafia !

Enfin, il s’agit moins de contester l’autorité établie, comme en 1988, que d’y échapper. Puisque l’Algérie ne vit que trois saisons, l’été, l’automne et l’hiver, pas de printemps ! Pour préserver son autonomie. Bref, l’autorité est désormais moins combattue qu’inefficace, moins refusée que délaissée. Et tout le monde pense que c’est le dernier quart d’heure du pouvoir de Bouteflika.


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