DzActiviste.info Publié le ven 7 Sep 2012

Le dernier Testament : FERHAT ABBAS – L’Indépendance Confisquée (Interdit En Algérie)

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« L’Algérie est devenue un immense gâteau. Pourquoi n’en prendrais-je pas ma part? Le militantisme d’autrefois n’a plus sa raison d’être puisque l’exemple vient d’en haut. C’est trop bête de se priver quand tout le monde se sert. »

L’ouvrage « L’indépendance confisquée » est le véritable testament politique de Fer hat Abbas. Au soir de sa vie, il nourrit encore l’espoir que soit levée l’interdiction frappant ses livres dans sa patrie. Il souhaite s’entretenir avec le président Chadli Bendjedid, car, explique-t-il au correspondant du Monde à Alger, « Je n’ai pas à me plaindre de lui et il n’a pas à se plaindre de moi  » À la fin de l’année 1983, quand il en achève la rédaction, il envoie les épreuves à Chadli dans l’espoir que le livre sera autorisé en Algérie, les précédents ne l’ayant pas été. Il ne reçoit qu’un accusé de réception poli.

Publié en France en 1984, « L’indépendance confisquée » ne sera pas diffusé en Algérie, ni lu par la jeunesse algérienne à laquelle il est dédié. C’est une potion difficile à avaler, pour ceux qu’il juge des imposteurs, que l’ancien pharmacien de Sétif a préparé en rédigeant son ouvrage. Alors que, à ses yeux, les Algériens étaient en 1962 un des peuples affranchis les plus aptes à la démocratie, l’auteur du Manifeste algérien explique par « quel chemin tortueux » son pays est arrivé à vivre sous « Un régime totalitaire de type stalinien ».

Une profession de foi humaniste ouvre le livre « Pour que l’Algérie se développe dans un Maghreb renaissant, pour que la famille reste la cellule sociale de base, pour que l’Islam reste la pierre angulaire du renouveau et de la grandeur du pays, pour que le Maghreb devienne une grande communauté unie, pour que la culture et la science assurent la promotion. La situation de la jeunesse l’inquiète en effet. Il écrit lapidairement « La délinquance pour aujourd’hui, le crime pour demain. »

Il présente ce livre, qu’Ait Ahmed commentera comme un testament , (« à lire au présent et au futur »), comme un simple témoignage sans aucune ambition personnelle. « Je n’écris pas comme d’autres préparent des coups d’État. Je ne convoite ni pouvoir, ni honneurs. Je veux seulement dire, devant mon pays, ce que j’ai vu et ce que je pense. » Il dit encore : « Je le destinais à Boumediene. Depuis, il est mort, je le regrette, car j’aurais voulu étaler devant ses yeux les insuffisances et les méfaits du pouvoir personnel. »

Ce livre est marqué par une aversion terrible contre Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene, Ben Bella surtout. Celle-ci est avivée par les déclarations que l’ancien président de la République algérienne avait faites le 26 mars 1982 à l’hebdomadaire sans frontières, emplies de critiques contre les anciens UDMA, oulemas et centralistes, traités de « racaille ».

« Ben Bella, écrit Ferhat Abbas, a remué les cendres de ses mefaits. » Et il attaque: « C’est Ben Bella qui a éliminé la démocratie et la liberté de notre pays. Et, du même coup, il arréta un élan énovateur.(…) En instituant le parti unique, et en pronant un socialisme sans liberté, il a fait du stalinisme, il a paralysé les forces populaires.(…) L’Algérie française a été détruite, l’Algérie musulmane n’a pas été recréée, l’Algérie socialiste n’est pas née. »

Ferhat Abbas raconte comment, après sa démission de la présidence de l’Assemblée nationale en 1963, il assiste impuissant au matraquage de la propagande officielle, à la falsification de l’histoire, à la destruction de l’agriculture et du commerce, à la glorification par une presse asservie d’une politique consistant à « deplacer beaucoup de vent sans profit pour le pays ». Dans le « lourd héritage » échu à Chadli, il inclut même l’alliance entre l’Algérie et le Front Polisario, « scandaleuse aventure, crime perpétré contre l’unité et la paix nord-africaine ». Des jugements péremptoires et parfois hasardeux sur certains compagnons de la lutte.

Les nationaliste vaudront à Ferhat Abbas de vives répliques. Bachir Boumaza, l’une des personnalités mises en cause, engage une procédure en diffamation à Paris. Son avocat pendant la guerre d’indépendance envoie une lettre indignée au Monde: « Affirmer que Bachir Boumaza, un des responsables de la détention FLN à Fresnes, aurait été aidé par les autorités françaises lors de sa spectaculaire évasion en octobre 1961 de l’hôpital central, est un mensonge absolu. »

Douleureuse pour beaucoup d’Algériens, « l’indépendance confisquée » est aussi de nature à attiser l’interrogation sur le temps colonial: « J ‘ai vécu l’époque coloniale sans peur, sans compromissions et sans haine », écrit Ferhat Abbas. « Si dominateur que fût le régime colonial, il ne nous a pas empêchés de parler, de critiquer, de revendiquer. C’est grace à la liberté de parole que notre peuple a pu se former politiquement et moralement… » Appel à l’ouverture démocratique, le livre est egalement un plaidoyer pour le respect de l’homme, contre un pouvoir absolu « qui ne met pas à l’abri de la mort », un plaidoyer également pour une économie libérale et juste : « L’Algérie travaille peu. Le travail est devenu une tare, la spéculation et les détournements, une vertu. Par manque de conscience professionnelle, la terre reste en friche, les usines tournent au ralenti… les fonctionnaires ne travaillent pas davantage, réduits à l’état de Khammes, les mauvais salaires font les mauvais fonctionnaires. »

Son reproche fondamental à Ben Bella est d’avoir « trahi » l’Islam « pour un socialisme à la Castro » , au lieu de l’associer à la conception moderne de la démocratie. Question délicate, actuelle, décisive, que celle des rapports entre Islam, modernité, démocratie. Il ecrit: « Ce qui compte en Algerie, ce n’est pas la race, c’est l’Islam. Il est le ciment social et le dénominateur commun. »
L ‘Islam, plaidoirie finale

L’Indépendance confisquée, c’est surtout, à la lecture il est vrai du contexte actuel, un plaidoyer pour l’Islam. Musulman sincère,(…) Son rôle historique d’abord : « L’indépendance de l’Algérie a été obtenue avec l’aide de Dieu (…). C’est en qualité de musulmans que le régime colonial nous a mis des entraves aux pieds comme à des chevaux pour permettre aux Européens de monter plus facilement sur notre dos. » « L’Islam demeure l’aliment et le moteur de la résistance algérienne à toutes les époques de l’histoire.

C’est cette forme de patriotisme qui arme le bras des hommes. ». Si bien que « la foi qui nous a sauvés hier, nous sauvera demain ». Car c’est « l’Islam qui a conduit les pas des Moudjahiddines dont le cri de guerre etait Allah Akbar! », « l’Algerie a echappé à l’aliénation à cause de la foi en la grandeur et en la pérennité de l’Islam », « Notre peuple baigne dans l’Islam comme un poisson dans l’eau ». Donc la jeunesse doit rester fidèle à la foi de ses pères, « c’est dans notre passé que nous devons puiser notre force et notre raison d’être. » Il y’a dit Ferhat Abbas, « un juge suprême ». Aussi bien l’Islam est supérieur à tout système totalitaire: La cité musulmane se batit de la participation de tous.

l’Islam empêche le banditisme politique. Ferhat Abbas rappelle cette phrase d’un vieux Kabyle qui faisait grief à Amirouche de la triste « nuit rouge » de la soumam: « nous avons raison de chatier les traîtes, répondit Amirouche. Dieu est avec nous. » Et le vieillard de répliquer: « Si tu continues dans cette voie, il ne restera en Algérie que toi et Dieu. ».

liens de téléchargements ce livre l’indépendance confisquée ferhat abbas pdf :
http://books-fr.blogspot.com/2012/07/ferhat-abbas-lindependance-confisquee.html

Rahimahu LLâh

KENZA FAROUI https://www.facebook.com/kenza.faroui


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