DzActiviste.info Publié le sam 23 Fév 2013

Le Docteur Ouaar s’en est allé. Un témoignage en son souvenir.

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J’ai rencontré, pour la première fois, le Docteur Ouaar en septembre 1978. C’était à la clinique des Oliviers, dans le service du Professeur Boucebci. Je venais d’y arriver pour faire ma spécialité en psychiatrie.

J’étais jeune, « un jeune loup », lui, le docteur Ouaar, un vieux roublard qui me regardait déjà avec un regard amusé, malicieux mais plutôt – je dois le dire – bienveillant… malgré l’impertinence que transpirait mon jeune âge. J’avais à peine 25 ans.

Il n’était pas souvent aux Oliviers. Il y venait seulement à sa consultation hebdomadaire, qu’il ne ratait jamais, et aux sacro-saintes réunions du mardi après-midi. Des réunions du service desquelles il s’échappait, quelques fois, en faisant discrètement un petit somme ; une brève sieste qu’un délicat ronflement venait régulièrement trahir. Personne ne s’en formalisait et le patron – c’est ainsi que l’on appelait le Professeur Boucebci – le regardait dormir avec amusement. « Il est fatigué », nous disait-il.

Ouaar, comme nous l’appelions tous affectueusement, était un peu (beaucoup ?) notre grand frère. Gentil et particulièrement affable. Il a constitué, pour avoir été le premier collaborateur du patron, un guide, un repère dans les liens que les médecins, qui sont arrivés après lui, ont tissé entre eux et avec l’institution. Des liens marqués par une amitié simple, je dirais dépouillée, mais solide.

Il était constant dans sa disponibilité à ses malades et fidèle dans l’amitié qu’il avait offert généreusement, mais sans effusion, au Professeur Boucebci. Une affection « spéciale » fondée sur une reconnaissance mutuelle que se vouaient les deux hommes.

Le Professeur Boucebci est parti dans les conditions que l’on sait. Le Docteur Ouaar, égal à lui-même, a continué à honorer la mémoire de son ami. Son implication ininterrompue dans la fondation qui porte le nom de ce dernier est un hommage permanent.

Décidément, notre ami Ouaar, dans la modestie et la discrétion qui le caractérisaient, était quelqu’un. Je le revoyais assez souvent. A chaque fois, j’étais envahi par de tendres souvenirs et j’étais étreint par une émotion indescriptible. C’était, en tout cas, toujours un réel plaisir de le rencontrer.

J’ai été surpris par son départ. Je n’en ai pas été informé et je suis frustré de n’avoir pas pu lui dire au revoir. Je le regrette, mais je sais qu’il est arrivé là où il est allé et que là bas il y sera heureux, comme il l’a été sans doute de ce côté ci.


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