DzActiviste.info Publié le dim 20 Jan 2013

Le film du début de la prise d’otage

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Le récit qui suit est le fruit de recoupement et de vérification de témoignages d’anciens otages, dont certains ayant un background militaire. La narration a été simplifiée pour les besoins de l’article. Le but de cet article est de résumer les observations des témoins lors de la première journée de la prise d’otage.


Nous sommes le 16 janvier, il est 5h40, il fait toujours nuit noire, ils sont une trentaine à surgir des dunes pour s’attaquer au bus d’expatriés qui quitte le complexe gazier de Tiguentourine et qui se dirige vers l’aéroport d’In Amenas. Le groupe a mal calculé son coup, cette nuit l’escorte est doublée, quatre véhicules de gendarmerie ceinturent le bus, au lieu des deux habituels. L’attaque est fulgurante, le but est atteint par des rafales de gros calibre, un Gendarme et un ressortissant anglais meurent sur le coup, deux algériens sont blessés. Le groupe se heurte au reste de l’escorte qui résiste et permet au bus de rejoindre In Amenas. Le groupe qui a préparé son coup, attaque le complexe d’au moins trois directions, avec une extrême coordination. Leurs 4×4 sont utiliser pour déforcer les herses et un portail, des bus trouvés sur le parking sont aussi utilisés pour ça.
Après avoir pénétré sur les lieux, le groupe se scinde en trois. Un premier va immédiatement saboter les turbines de la centrale électrique du complexe, puis saccage les groupes électrogènes auxiliaires, le site est plongé dans le noir. Une seconde équipe va saboter les antennes de communication. Le dernier groupe se dirige vers la base-vie et ciblent le camp de la gendarmerie et l’arrose à l’arme lourde et au lance grenade et fera beaucoup de victimes et créera une grande confusion.
Une fois les installations sabotées, une équipe fortement armée se charge de l’intérieur de l’usine de traitement du gaz, récupère le personnel qui s’y trouve et poursuit le tri des otages par origine. Les Algériens sont pour une partie regroupés dans une grande salle dans la base-vie. Les occidentaux sont soustraits aux regards mais certains ont été vus avec des colliers d’explosifs.
La majorité des terroristes est formée d’étrangers, différents accents se croisent, il y a des tunisiens, des égyptiens, des mauritaniens, un syrien et des touaregs. Ils sont tous habillés en uniformes verts semblables à ceux du CNT Libyen. Leur équipement est impressionnant, tous ont un fusil d’assaut, des grenades, certains ont des fusils de précisions, d’autres des RPG et même des missiles anti aériens portatifs. Les terroristes ont montés des canons de 12,7 mm sur des pickups qu’ils posteront à des endroits stratégiques du complexe. Ils s’emparent vite du parc de 4×4 de BP, ils savent où il est et savent même où faire le plein d’essence. Ils disposent aussi d’équipements de transmission dernier cri, de valises de communication comprenant un téléphone satellite et son panneau solaire.
Les terroristes sont en bonne condition physique, leur chef parle avec un accent tunisien, parle un anglais parfait. Il donne à ses hommes l’ordre de ratisser les lieux à la recherche d’étrangers. Déterminés ils vont à la chasse aux occidentaux et aux japonais. Le cerveau supposé de l’opération est accroché à son téléphone satellite et répercute les ordres reçus.
L’action terroriste tenait plus de l’opération militaire que de l’action de guerilla, le mode opératoire laisse supposer que le groupe d’assaillant avait bénéficié de complicités à l’intérieur du complexe et d’un appui logistique d’une source bien structurée.


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