DzActiviste.info Publié le mar 8 Mai 2012

LE FLAMBEAU D’ALGERIE ???

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Bouteflika évoque la fin de la génération 1954 :

«Djayli tab Djnanou (Nous sommes vieux et finis)»

Le Mardi, 08 Mai 2012, 13:59 par Slimane Khalfa à Sétif (actualisé)

Bain de foule, appel au vote et réquisitoire contre la famille révolutionnaire qui s’est accaparée le pouvoir depuis 1962 en faisant de la guerre d’indépendance un fonds de commerce et un instrument de légitimation de ce pouvoir. Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, en visite ce mardi 8 mai dans la ville de Sétif pour commémorer les massacres de 1945, a prononcé un discours plutôt surprenant.


Devant une assistance de quelque 1500 personnes triées sur le volet, le président explique qu’il était temps que la génération qui a fait la guerre d’Algérie cède la place.

Pendant une vingtaine de minutes, alliant arabe classique à arabe dialectal, tantôt lisant ses feuilles tantôt improvisant ses propos, Bouteflika explique que l’heure est venue pour passer relais à la jeunesse. « Djayli tab Djnana (Ma génération est finie, NDLR), tab djnanou, tab djnanou », dit-il en faisant allusion à cette génération qui a fait la guerre et qui, depuis l’indépendance de 1962, est aux commandes du pays.

« C’est l’heure de passer le flambeau aux jeunes, explique en substance le président. 50 ans après l’indépendance, nous sommes toujours au pouvoir. Il est temps de le céder aux jeunes. »

Famille révolutionnaire, famille prédatrice

Cette expression tab Djnanou, que l’on peut traduire de différentes manières, le président la répétera à trois reprises comme pour souligner qu’une époque est révolue.

Dans l’assistance qui lui fait face, les officiels écoutent quelque peu éberlués le réquisitoire du chef de l’Etat.

Parmi eux justement, des ministres dont l’âge dépasse allégrement les 70 ans. Des hommes qui détiennent encore leur légitimité du fait qu’ils ont fait la guerre plus que 50 années plus tôt.

Rituel suranné

Le président dit ensuite que 50 ans après la fin de la guerre d’Algérie, les officiels continuent de perpétuer ce rituel immuable et suranné du dépôt de gerbes de fleurs devant les stèles et les mémoriaux des martyrs mais que le rôle des moudjahidine das la gestion du pays es maintenant fini.

Et Bouteflika de poursuivre son discours en reconnaissant que les autorités algériennes n’ont pas enseigné l’Histoire du pays aux Algériens.

LES INCORRUPTIBLES D'ALGERIE (www.marengoin.wordpress.com)

LES INCORRUPTIBLES D’ALGERIE (www.marengoin.wordpress.com)

Les jeunes ne connaissent pas Ben Bella

« J’ai été surpris de voir lors de l’enterrement du président Ben Bella (mort le 11 avril dernier, NDLR), que de jeunes algériens ne connaissent pas Ahmed Ben Bella, ils l’ont découvert pour la première fois. Ils ne connaissaient pas son existence, ils ne savaient pas qui il était. Cela veut dire que nous ne connaissons pas l’Histoire de notre pays. »

Il faut faire connaitre, recommande Bouteflika, Abane Ramdane, Krim Belkacem, Si El Houes, Amirouche…Ces grandes figures de la révolution dont on parle si peu dans les manuels scolaires ou dont les parcours ont été révisés, occultés ou simplement travestis.

« Qui est Krim Belkacem?Qui est Abane Ramdane? Qui est Zighoud? Benboulaid?, s’interroge Bouteflika. Benboulaid, les gens le connaissent parce qu’on a fait un film sur lui..Qui est Lotfi? Qui est El Houas? Amirouche? Nous devons connaitre le passé pour savoir qui nous sommes. »

Lecture objective de l’histoire

Le chef de l’Etat algérien ne manque d’aborder le passé colonial en préconisant une « lecture objectif de l’histoire » entre Algériens et Français.

« Seule une lecture objective de l’histoire, loin des guerres de mémoire et des enjeux conjoncturels, est à même d’aider les deux parties à transcender les séquelles du passé douloureux pour aller vers un avenir où règnent confiance, compréhension, respect mutuel et partenariat bénéfique », affirme-t-il.

Allez voter

L’un des objectifs de cette virée d’une journée à Sétif étant de faire campagne pour les élections législatives, le chef de l’Etat ne rate pas l’occasion d’appeler ses compatriotes à se rendre massivement aux urnes jeudi 10 mai expliquant que ce scrutin est « une étape décisive dans le parachèvement du programme de réforme et de modernisation ».

Sans doute ce réquisitoire était-il de circonstances pour ce 67e anniversaire des massacres de Sétif, de Guelma et de Kherata, sans doute qu’il aura peu d’effets aussi bien sur les jeunes que sur ces hommes et ses femmes qui se sont accaparés les leviers de commandes du pays sans jamais les lâcher, mais on retrouve dans ce discours ces élans qu’avait Bouteflika à son arrivée au pouvoir en 1999, l’époque où il promettait de casser tous les tabous, l’époque où il parlait de tout et de rien.

A 74 ans, deux ans avant la fin de son troisième mandat en 2014, le chef de l’Etat a sans doute raison de reconnaitre que lui et la génération de 1954, tab djnan houm…

Lire l’article original : Bouteflika évoque la fin de la génération 1954 : «Djayli tab Djnanou (Nous sommes vieux et finis)» | DNA – Dernières nouvelles d’Algérie 


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