DzActiviste.info Publié le ven 17 Mai 2013

Le général Nezzar affirme que la haute hiérarchie militaire n’a jamais interféré dans les décisions du pouvoir politique

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Le général Khaled Nezzar aux colporteurs de rumeurs : «C’en est trop ! Halte aux commérages !»
Il y a deux sortes de quidams : ceux qui lisent entre les lignes et ceux qui pêchent à la ligne.

J’aurai donc tiré sur une ambulance, pire, sur une chambre d’hôpital ! N’eût été la situation particulière que
connaît le pays du fait de la maladie du Président auquel je souhaite un prompt rétablissement et un rapide
retour à la maison, et l’interprétation malveillante qu’a suscité ma mise au point après les rumeurs me donnant hospitalisé au Val-de-Grâce, je n’aurais même pas répondu à la docte élucubration de celui qui lit couramment entre les lignes et qui trébuche. Je n’ai rien voulu insinuer, si ce n’est que des milliers d’Algériens se font soigner à l’étranger parce que, hélas !, ils ne peuvent pas le faire efficacement chez eux. Quant
aux pêcheurs à la ligne qui jettent leurs hameçons dans «l’eau trouble» où ils pensent que c’est là où prospèrent des généraux et qui jubilent en pensant ferrer du gros, du genre «la lutte des clans» ou bien «la mise au pas des militaires», je tiens à les déniaiser : épelons quelques lettres à l’usage des cancres.
a – La haute hiérarchie militaire n’a jamais interféré dans les décisions du pouvoir politique. Quand cela est arrivé, c’était toujours à la demande de ce même pouvoir politique. Il ne tient qu’à lui d’y mettre un terme. De ce côté du mur, on n’attend que ça. Ceux qui tirent des plans sur une comète agitée et rétive en seront pour leurs frais.
Tout se passera dans la plus grande sérénité.
b – Le général Nezzar dont on dit qu’il aurait été mis au pas par Abdelaziz Bouteflika. Il faut peut-être rappeler que j’ai pris ma retraite bien avant l’arrivée de ce dernier, respectant, ainsi, le serment que j’ai fait de quitter le pouvoir au terme du mandat du HCE en janvier 1994. Ma totale liberté de parole n’a jamais été entravée. Point barre.
Rangez la canne à pêche !
Alger, le 15 mai 2013
Khaled Nezzar
Source: ICI

Commentaire: Dans son traité de satire politique »L’Art du mensonge », John Arbuthnot  fait une véritable dissection de cette tendance naturelle qu’ont les politiciens à altérer la vérité, à l’arranger en fonction de leurs intérêts. Il va jusqu’à comprendre qu’ils puissent ne pas faire autrement. Il leur suggère même de créer des organisations spécialisés dans telle ou telle catégorie du mensonge. Mais il leur recommande fortement de tenir compte des conditions suivantes, s’ils veulent être un tant soit peu crédibles: 

-Soustraire les mensonges à toute vérification possible
-Ne pas outrepasser les bornes du vraisemblable;
-Faire varier les illusions à l’infini
-Instituer une véritable ‘sociétés des menteurs’ pour rationaliser la production de mensonges politiques.


    Or, Monsieur Nezzar, s’il semble avoir tenu compte de trois de ces conditions, a largement débordé les bornes du vraisemblable. A moins que lorsqu’il affirme que la haute hierarchie militaire n’a jamais interféré dans les décisions du pouvoir politique, il voulait juste dire que cette hiérarchie étant elle même le pouvoir politique, elle ne pouvait pas interférer dans un dommaine qui lui est consubstanciel. CQFD
    DB



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