DzActiviste.info Publié le dim 30 Nov 2014

Le gouvernement avait été mis en garde: Le pillage du foncier à Touggourt fait peser un risque d’explosion (rapport)

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n-TOUGGOURT-large570HuffPost Algérie | Par Malik Tahir
Publication: 30/11/2014 08h30

Le Premier ministère et le ministère de l’intérieur avaient été avertis qu’une explosion sociale guettait Touggourt dans un rapport transmis par des notables et des élus locaux en raison de l’accaparement des réserves foncières par des élus locaux nouveaux et anciens dans la wilaya de Ouargla, rapporte El Khabar dans un article intitulé, « la mafia du foncier fait exploser Touggourt »

Selon le journal, ce rapport de mise en garde a été envoyé quatre semaines avant l’émeute et dénonçait une main-basse sur des réserves foncières d’une valeur de centaines de milliards mais il est resté sans écho.

Le problème a commencé dans la commune de Nezla, daïra de Touggourt, et n’a cessé de s’amplifier au vu et au su des autorités locales. Il est à l’origine de la décision des jeunes manifestants de bloquer la RN3 car, note le journal qui a eu accès au rapport, le pillage et l’accaparement du foncier n’a laissé « aucun espace pouvant être affecté au logement rural et à l’attribution de lots à bâtir ».

La situation s’est rapidement dégradée quand les habitants de Draa El Baroud et de la commune de Nezla ont appris qu’un privé s’est accaparé d’un terrain que les habitants réclamaient pour agrandir le cimetière. Ensuite, les habitants ont découvert avec surprise que le seul terrain encore disponible pour les logements ruraux se trouve sous des lignes à haute tension..

El Khabar cite, Bekkar Ali, un des protestataires : « nous avons attendu depuis des mois que les autorités enquêtent sur le vaste pillage du foncier qui a touché les deux côtés de la RN3. Un pillage qui a entrainé la spoliation de toutes les surfaces destinées à l’extension urbaine dans la ville de Touggourt et de manière précise dans la commune de Nezla. Alors que les autorités savaient tout dans les détails, elles ne sont pas intervenues ».

L’accaparement au nom de « l’investissement industriel »

Le rapport transmis aux autorités d’Alger fait état de 60 cas « pillage de foncier » au nom de « l’investissement industriel ». Ils sont, dans la plupart des cas, le fait d’administratifs et d’élus.

Ainsi trois chefs de service administratifs, dont un fonctionnaire au secrétariat général de la Wilaya, ont obtenu des terrains pour investissement au nom de leurs proches élus, membres du parlement et de proches de responsables au sein de l’Etat.

Dans 7 cas, c’est un député à l’APN de la wilaya d’Ouargla qui a obtenu des terrains pour l’investissement industriel et de services. La plupart de ces terrains n’ont pas été exploitées et toutes se trouvent dans la périphérie de la Daïra de Touggout, ce qui a abouti, en définitive, à étranger les quartiers d’habitations ».

Un membre du conseil de la Nation (sénat) a obtenu 4 terrains pour investir. Le rapport relève aussi le cas étrange d’un membre de l’Assemblée populaire de la Wilaya (APW) de Ouargla qui a obtenu 17 lots relevant du foncier industriel en son nom et au nom de ses proches au 1er degré.

L’énumération des acquisitions est impressionnante : une station d’essence à Hassi-Messaoud sur la route d’In Amenas, trois terrains d’une superficie de trois hectares dans la commune de Tamassin.

Son paternel a obtenu un immeuble comprenant 10 locaux et 10 appartements promotionnels soutenus par l’Etat qui se trouve au cœur de la ville de Touggourt, dans la cité Rimel. Un de ses frères a obtenu un terrain de 6 hectares dans la commune de Nezla…. La liste est longue.

Preuves à l’appui

Le rapport adressé aux responsables à Alger était accompagné de documents administratifs attestant clairement de la réalité de cet accaparement du foncier et relevait que ceux qui ont profité de ces octroi au nom de l’investissement industriel « ont présenté des études techniques de pure forme, certaines de ces études étaient d’ailleurs des copies conformes ».

El Khabar cite l’un des auteurs du rapport : « Nous avons focalisé sur les élus et les administratifs pour la simple raison qu’il était aisé de montrer qu’ils ont obtenu du foncier à l’occasion de l’accomplissement de l’exercice de leur fonction ou de leur mandat électoral. C’est plus difficile à faire pour le cas de personnes dont l’identité est inconnue pour nous ».


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