DzActiviste.info Publié le lun 7 Mai 2012

Le MJIC répond et rejette l’initiative pour un changement démocratique en Algérie

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Le MJIC (Mouvement des Jeunes Indépendants pour le Changement) avait répondu à l’initiative de changement initiée par entre autres (Rachad, le FCN…).

Nous souhaitons rendre publique notre réponse pour lever tout ambiguïté, vous trouvez ci-dessous notre texte de réponse.

PS: le texte de cette initiative y est aussi, en annexe.

Mouvement des Jeunes Indépendants pour le Changement

Ayant reçu le texte relatif à votre initiative pour le changement, le MJIC et après consultation de son Bureau Politique et des instances exécutives formant son bureau national, vous fait part de sa réponse en toute transparence et franchise.

« Nous avons le regret de vous annoncer que le MJIC ne peut adhérer à cette initiative et ce, pour les raisons décrites dans ce qui suit :

-La Mise en valeur d’un seul texte fondateur de l’Etat algérien tant attendu « Proclamation du 1er Novembre » et la non considération des résolutions de la plateforme de la Soumam ne fera que donner à cette initiative un aspect idéologique connu qui a mené notre pays vers la dérive. Sachant que la proclamation du 1er Novembre sans la plateforme du 20 août 1956 n’aura aucun sens car vague et acceptant toutes sortes d’interprétations mêmes les plus éloignées de celles d’un Etat démocratique! Nous rappelons que les résolutions de la Soummam sont considérées par tous les historiens (même ceux du régime lui même) comme étant une référence fondamentale et un texte fondateur majeur de l’Etat algérien, car définissant avec précision sa nature, son architecture ainsi que ses référents, mais aussi, ce que ne doit pas être l’Etat algérien et ce qui ne pourrait être considéré comme référent fondateur.

-Nous rappelons aussi que le processus démocratique ne se résume pas à la tenue exclusive d’élections, lesquelles considérées seules n’ont comme logique que celle de la majorité, or la démocratie est un ensemble de principes et valeurs universels que tous les acteurs politiques « majoritaires ou minoritaires » doivent respecter quelques soient leurs tendances politiques. Malheureusement, le texte s’appuie exclusivement sur l’aspect électoraliste en faisant fi de la garantie du processus démocratique en amont et en aval des élections et ignorant de manière flagrante les principes et valeurs démocratiques universels.

-Se diriger vers une constituante sans poser des gardes fous en amont et en aval sera un réel péril pour notre pays, car ouvrant la porte à toutes les dérives totalitaires. Le MJIC ne peut s’aventurer dans une telle entreprise sans que la nature de ce qui en ressortira ne soit pas définie en amont en ayant comme référents de base les seuls principes et valeurs démocratiques universels. Le MJIC continuera à croire en sa lutte qui s’inscrit dans le temps, en préparant la société à ce changement tant attendu.

-Le texte condamne fermement le régime des généraux et les pratiques de la mafia politico-militaro-financière, chose qui nous réjouit…Nous remarquons par contre qu’aucune condamnation n’a été prononcée vis-à vis de l’ex FIS dissous et de l’intégrisme islamiste en général qui a mené notre pays à la confrontation armée, nous considérons que l’ex FIS et la police politique sont indissociables dans la crise qu’endure aujourd’hui le pays, de ce fait, le MJIC fidèle au principe de la double rupture avec le régime d’une part et l’intégrisme islamiste d’autre part, ne peut adhérer à une initiative qui ne définit le changement qu’à travers la seule rupture avec le régime en place.

-Convaincu que tout changement vrai ne peut être que l’émanation de la volonté populaire, que ce dernier ne peut être assimilé à une rupture brutale qui n’a aucun ancrage dans la société algérienne, et qu’une telle initiative nécessite une préparation et un travail sur le terrain et à l’intérieur du pays, le MJIC considère que la création d’un CCD ne peut se faire à l’étranger et refuse par conséquent toute initiative émanant de quelque partie que ce soit et venant de l’extérieur du pays car convaincu que ceci sera un péril pour l’intégrité et la souveraineté de la nation algérienne en ouvrant la voie aux ingérences et aux interventions étrangères qui ne cessent de guetter notre pays.

-Fidèle à sa charte et notamment son article10, Le MJIC ne peut adhérer à une initiative pour le changement qui ne condamne pas de manière ferme et explicite l’ingérence étrangère, notamment l’axe Américano-Franco-Qatari qui, pour des considérations économiques et néo-colonialistes, favorise l’arrivée au pouvoir d’une tendance politique fondamentaliste basée sur l’intégrisme religieux jouant ainsi le rôle du « contre» changement démocratique.

-La logique aurait voulu que tous les acteurs de la société civile soit impliqués dans l’élaboration de ce texte dès le départ, afin de mener à bien un travail sérieux et de consolider cette initiative. Nous regrettons donc la façon avec laquelle cette initiative a été présentée (principaux promoteurs, signataires…)

Nous aurons -au moment opportun- à rendre publique notre position vis-à vis de cette initiative selon l’évolution de la situation politico-médiatique.

Salutations démocratiques,

Bureau Politique du MJIC, Alger le 13 avril 2012

Validé par le Bureau National le 16 avril 2012

Annexe :

La plateforme de l’initiative qui nous a été envoyée:

Plateforme nationale pour une véritable transition démocratique en Algérie

Préambule Un demi-siècle après l’indépendance, le peuple algérien n’est toujours pas souverain. Il n’est ni libre ni maitre de ses choix et de son destin. L’Algérie traverse une grave crise politique, économique et sociale qui compromet la cohésion de son peuple et menace l’unité de son territoire.

Cette grave crise multidimensionnelle, est la résultante de l’illégitimité du régime qui perdure depuis 1962.

Alors que les peuples de la région se libèrent progressivement du joug de régimes despotiques et corrompus, l’oligarchie militaro-financière, qui constitue le pouvoir réel en Algérie, tente encore une fois de tromper l’opinion nationale et internationale avec de fausses réformes politiques. Au lieu d’engager un véritable dialogue national non exclusif, franc et responsable qui aboutirait à un diagnostic partagé des causes de la crise et à une vision consensuelle de l’avenir du pays, le pouvoir militaire a préféré recourir à des textes de loi qui verrouillent davantage les champs politique, associatif et médiatique et consacrent l’exclusion.

Le peuple algérien aspire à un changement radical et pacifique dans le mode de gouvernement du pays, lui permettant d’accéder à la liberté, la dignité, la justice, la paix et à une vie décente.

Nous, organisations, acteurs politiques et citoyens algériens qui adhérons à cette plateforme, exprimons nos vives préoccupations quant à la dégradation de la situation en Algérie et les dangers qui menacent le pays sur plusieurs plans et nous engageons à œuvrer pour soutenir et accompagner le changement qui représente une revendication populaire urgente.

Nous nous rassemblons dès ce jour en tant qu’alternative au régime en place, et en invitant tous les commis de l’Etat partageant les valeurs et principes ci-exposés à nous rejoindre, pour œuvrer à la concrétisation de cette plateforme nationale.

Notre diagnostic de la situationNous considérons que :

les tragédies et les luttes fratricides endurées par notre peuple depuis son indépendance relèvent principalement de la responsabilité du régime illégitime qui s’est accaparé du pouvoir et s’y est maintenu par la force ;la nature totalitaire du pouvoir qui a dirigé notre pays depuis son indépendance a été une entrave à la consécration des droits civils et politiques des Algériens ;le régime montre une faillite dans sa gestion du pays et une incapacité totale à pourvoir aux besoins des citoyens dans les domaines éducatifs, culturels, sociaux et économiques avec ses conséquences graves sur la cohésion nationale et le devenir de l’Algérie ;la dite charte pour la paix et la réconciliation et les pseudos dites réformes politiques engagées par le pouvoir ne sont pas à même de sortir l’Algérie de la crise.Nos valeurs citoyennesNous nous engageons à :

Considérer la proclamation du 1er Novembre 1954 comme un socle pour un cadre national global après soumission à une relecture approfondie et consensuelle qui vise sa réactualisation ;Respecter la souveraineté populaire : le peuple est la seule et unique source du pouvoir politique et de légitimité ; Assurer à tous le respect et l’inviolabilité de leur vie, leur dignité et leurs biens, selon nos valeurs civilisationnelles et les valeurs universelles des droits de la personne humaine ;Respecter notre identité dans sa triple dimension, (islamité, amazighité, arabité) ; Ni le pouvoir politique en place ni l’opposition ni une quelconque institution ne peut s’approprier l’un ou l’autre des fondements de notre identité qui sont indissociables ;Respecter les libertés individuelles et collectives sans distinction de race, de sexe ou de confession ;Promouvoir la cohésion nationale et renforcer les liens de solidarité entre tous les citoyens ;Respecter la démocratie comme moyen de gestion politique et de régulation pacifique ;Rejeter toute forme de violence dans la gestion des conflits qui traversent la société ;Reconnaître la prééminence de l’autorité politique librement élue sur toute autre institution, civile, militaire ou religieuse ;Refuser tout mandat politique à durée illimitée ou renouvelable sans limite et refuser la mainmise de tout service ou pouvoir opaque sur notre pays ;Assurer l’indépendance absolue de la justice ;Notre vision du changementNous insistons sur le fait que le changement :

doit être radical, consensuel et pacifique;exige la dissolution de la police politique tout en restructurant les services de renseignements avec une redéfinition de leurs missions au service de la patrie ;exige une réelle réconciliation nationale fondée, loin de tout esprit de revanche ou de vengeance, sur les devoirs de vérité, de mémoire et de justice ;nécessite la participation de toutes les volontés qui aspirent à ce changement, et ce, quelles que soient leurs idéologies, leurs tendances politiques ou leurs secteurs d’activité, sans exclusion aucune ;exige une dynamique politique et sociale qui soit la résultante d’une consultation, d’une coordination et d’une action commune de toutes les bonnes volontés sincères.Notre vision de la transitionNous croyons sincèrement que l’institution militaire devra accompagner cette dynamique populaire du changement et se positionner comme partenaire de ce processus pacifique en vue de l’instauration d’un véritable Etat de Droit. Toutes les parties devront assumer leur responsabilité devant l’Histoire, pour épargner à notre peuple d’autres drames et sacrifices.

Afin de garantir une transition démocratique pacifique en Algérie, nous revendiquons des mesures d’assainissement au sein des institutions de l’Etat.

Les acteurs politiques et citoyens algériens unis pour opérer un changement politique réel et une véritable transition démocratique ont décidé de se constituer en Conseil du Changement Démocratique (CCD) dont la mission essentielle est d’accompagner la transition.

Ce Conseil du Changement démocratique sera ouvert à des personnalités connues pour leur probité, leur sagesse et leur engagement pour le salut du pays.

Le CCD procèdera à la mise en place d’un Gouvernement provisoire de transition, formé de personnalités intègres et compétentes, pour une période ne dépassant 18 mois.

Ce Gouvernement provisoire sera chargé de gérer les affaires courantes et d’organiser l’élection d’une assemblée constituante.

Le Gouvernement provisoire mettra en place une commission indépendante, chargée d’organiser l’élection de l’assemblée constituante, dans un délai de 6 mois.

Les 12 autres mois seront consacrés à la préparation et l’adoption par référendum de la nouvelle constitution. Il appartiendra au CCD de décider, soit de reconduire le gouvernement provisoire pour 6 mois, pour organiser l’élection présidentielle ou législatives, en fonction de la nouvelle constitution, soit de désigner un nouveau gouvernement pour cette mission.

Durant cette période de transition démocratique, l’Armée nationale veillera au maintien de l’unité nationale et à la protection de l’intégrité territoriale dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles.

Nous rejetons toute ingérence, de quelque nature que ce soit, de puissances étrangères notamment pendant le processus de changement et de transition démocratique vers un Etat de droit, partant du principe que la crise politique nationale ne peut et ne doit être réglée que par les Algériens eux-mêmes.

6- Appel à nos concitoyens

Sur la base de ce qui précède et

Rappelant l’union de notre peuple, dont l’identité a été forgée par l’histoire ;Réaffirmant notre confiance en la capacité de notre peuple à dépasser la crise qui a trop duré et à construire l’Etat de droit pour lequel des générations de martyrs et de militants se sont sacrifiés ;Réaffirmant notre certitude que notre peuple n’est pas moins attaché à la liberté et la dignité que les peuples frères de la région ;Nous appelons nos concitoyens à :

Rejeter cette mascarade de réformes politiques qui n’a pour but que de servir les intérêts illégitimes du pouvoir en place et de préserver ses privilèges mal acquis, notamment en rejetant ses échéances électorales ;Nous rejoindre pour participer activement à cette démarche alternative qui conduira à un changement véritable.


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