DzActiviste.info Publié le mar 26 Fév 2013

Le nombrilisme ! Et si tout n’est qu’une question de moyens ?

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Par Nourdine Amokrane

J’ai appris une chose et je sais en mourant
Qu’elle vaut pour un chacun :
Vos bons sentiments, que signifient-ils
Si rien n’en paraît au dehors ?
Et votre savoir, qu’en est-il
S’il reste sans conséquences ?
[…]
Je vous le dis :
Souciez-vous, en quittant ce monde,
Non d’avoir été bon, cela ne suffit pas,
Mais de quitter un monde bon

Bertolt Brecht,
Sainte Jeanne des abattoirs

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Il se murmura quelques mots, chagriné : « Oui j’ai tant connu toute cette faune d’universitaires ; des gens de gauche, de droite et même beaucoup comme tombés du ciel…venus s’amuser, apitoyés à l’aider quelques peu… à s’en sortir de son égarement». C’était à Lausanne, paris, Londres…

Et le voilà, maintenant par ici, parmi toute cette foultitude envahissante d’instruits, commençant à montrer le bout du nez, de plus en plus visible. L’Algérie grouille elle d’intellectualités ? C’est une banalité, qu’un fils de tel ou tel villageois, professe à l’université du chef lieu de wilaya. Et même tant de diplômés chômeurs, pullulant !

Puis il imagina l’un d’eux, même pas offusqué, mais perturbé de tant de son savoir, toujours « inconsidéré » dans sa société d’origine, condamnée par beaucoup d’autres « érudits » dont certains préférant l’exil, à ne jamais évoluer et s’en sortir un jour. Il le vit lui faisant face à lui, lui rétorquer :
« Et toi tu te prends pour qui ?

L’homme se complaignant toujours dans son dépit se (lui) répondit :
« Pour très peu de choses, mon ami».

Car il se rappelait qu’effectivement, tous ces êtres d’outre mer pétris de tolérance, avaient depuis tant de temps intégré tous ces droits pour chacun en ce vaste monde, mais aussi restent conscients de ce qu’est devenu l’humain lorsqu’il commença à se « civiliser », à s’en sortir des temps primitifs, des ténèbres des temps de disette…En l’impossibilité de l’avènement de la justice, pour tous, en ce bas monde. Les guerres ! Que des guerres ! Toujours des guerres et cela depuis toujours.

« Amuse toi mon petit, ce n’est pas tous les jours qu’on a vingt ans ! »

Puis l’homme resta indécis. Faut il se saisir d’un livre instructif pour apaiser ses maux, en faisant semblant, de fournir des efforts, se souvenant qu’il n’avait pas pu, inadapté, en exil à se tenir coi ? Mais, il avait compris, que tant que sa vie n’était pas sanctionnée d’un quelconque diplôme, les êtres aussi chez lui, en son pays, se feront toujours ce malin plaisir à le rabrouer. Ce qu’il aimait tant chez lui chez ces adultes avec lesquels il s’accordait de sa « punition » car il n’avait pas encore compris, si jeune et naïf, comment des hommes avaient tout sacrifié aux temps héroïques de la révolution…leurs études, leurs vies pour des libertés, que finissent pourtant persiste t- il toujours à penser, à leur confiscation par d’autres …

Ou alors, s’enfoncer, encore à son âge avancé, dans son éternel « désespoir » d’imbu de lui-même ?
Il regrettait de toujours rester au bord du chemin à regarder œuvrer les vivants. On ne lui a donné nulle chance. Et il sait combien il pouvait servir si ce n’est « cette maladie des contrastes des mondes »
Qu’importe tout, cette absence de bon sens de laïcité, de mixité, quand subsiste ce doux souvenir d’avoir tant aimé, tant séduit…de celles dont juste, le souvenir entretient encore la vie, et malgré cette femme si prés de lui, qui lui a tant donné et qui n’en peut plus aussi de vivre, avec quelqu’un peut être un peu comme elle prisonnier du passé… de ces lendemains enchanteurs de l’indépendance et de ces années de jeunesse et d’espoirs d’avoir tant cru…qu’on avait fini avec l’obscurantisme des « civilisés ». Et si ce n’est lui répète t- il souvent qu’une question de moyens ?

Elle n’entendait jamais rien. Et il a fini, lassé, d’essayer toute discussion, d’argumenter, convaincu toujours des difficultés de cette exténuante dépendance sous les quolibets de l’entourage, du voisinage qui finit de guerre lasse, à le laisser tranquille sous prétexte qu’il a dépassé l’âge de faire semblant de jouer au révolutionnaire. Il avait pourtant été très révolté !

Comme tous les colonisés, les démunis, mais sans jamais succomber à la haine destructrice.
Il aurait tant voulu, en son pays, cette confiance, cette sérénité et les gens à l’écoute des sages, des instruits qui doivent se rapprocher des autres. En créant, en publiant des articles, des livres. Dans le but d’éduquer les masses, les sortir de leur ignorance. Il faut cesser de snober ceux qui n’en peuvent plus de la misère et qui ne souhaitent que s’en sortir des ténèbres L’entraide est nécessaire car le pays reste encore à construire, pour nos enfants. Afin qu’ils respirent et restent à l’abri du besoin. Les sensibiliser aux problèmes de notre monde tels la sécheresse, les changements climatiques, la fin proche des énergies fossiles, afin qu’ils s’y intéressent, en prennent compte et déploient avec toutes les autres jeunesses du monde, pour les solutionner et bâtir un monde de paix.

Il aurait voulu voir tout ce monde d’instruits qui l’entoure, pareils à tous ces lausannois qu’il avait connus. Il s’en souvient qu’ils étaient solidaires, respectueux les uns des autres, chacun d’eux des plus politisés, préoccupé de leur pays, considérant les êtres, les aimant sans en dénigrer personne ou l’exclure, bannissant les médisances.

Et même si tous ses compatriotes sont immergés dans de terribles problèmes même justes de subsistance. Il y a toujours des moyens comme l’écrivit un jour Henry Michaux dans : Quand tombent les toits) d’aider, de considérer le monde qui nous entoure :
« ― L’Abbé : Tu vas à présent aider un autre. Lui apporter la lumière dont il a besoin pour sa conduite. ― Le Nouvel Arrivé : Comment ferais-je ? Moi qui ne peux m’aider moi-même, moi qui attends la lumière ? ― L’Abbé : En la donnant tu l’auras. En la cherchant pour un autre. Le frère à côté il faut que tu l’aides avec ce que tu n’as pas… Avec ce que tu crois que tu n’as pas mais qui est, qui sera là. Plus profond que ton profond. Plus enseveli, plus limpide, source torrentielle qui circule sans cesse appelant au partage. Va. Ton frère attend la parole de vie ».

Il imagina de nouveau l’un d’eux en face de lui et lui dit :
Il est temps de descendre de votre piédestal et chercher à vous exprimer et prendre au sérieux les problèmes du pays. Y croire vraiment et montrer le chemin à ceux, tous qui continuent à croire en vous. Il est temps de donner l’exemple dans chaque acte, chaque geste mêmes si les temps d’aujourd’hui, dominés par les nantis, sont si difficiles… Ne faut-il point œuvrer pour que la vie par ici soit aussi bien que celle d’Ailleurs, d’outre mer ? Oui, oui, j’en conviens, la faute n’est pas aux seuls instruits ; avec les ignorants fourbes et malins, c’est pire. Il nous faut bien en être conscient un jour au lieu de flouer par les sentiments : tout cela n’est que le signe du sous-développement de notre société « barbarisée ». Dites leur les paroles des sages, du sage chinois Lao-Tseu:

La gentillesse
Dans les mots suscite
La confiance
La gentillesse Dans
la pensée
Crée la profondeur
La gentillesse
Dans les actes
Engendre l’amour

Lao-Tseu


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Displaying 1 Comments
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  1. bakou dit :

    Bonjour,
    y a t il encore des gens qui vont comprendre toute cette poésie engagée ou révolutionnaire a l`ère des NTIC qui nous réduisent a apprécier les PUBs avec leurs décibels et les options non serviables pour 99% des mondialistes qui ne voient du paroxysme du confort que sont cote négatif qui engendre un pejoratisme mondialisé..
    Enough,Enough
    Salutations

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