DzActiviste.info Publié le lun 10 Sep 2012

Le parc national d’El Kala menacé de disparition par l’extension des infrastructures de base

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Le Lac tonga, le Lac le plus prestigieux du parc national d'El Kala, un des derniers vrai habitat des loutres dans tout le Maghreb. Novembre 1997 (photo BRK)

Le Lac tonga, le Lac le plus prestigieux du parc national d’El Kala, un des derniers vrai habitat des loutres dans tout le Maghreb. Novembre 1997 (photo BRK)

Daoud Allam
TSA 10/09/2012

L’extension des infrastructures de base menace de disparition le parc national d’El Kala, dans la wilaya d’El Tarf, l’un des huit plus grands d’Algérie. Une étude réalisée par des cadres de ce parc, et dont TSA détient une copie, met en garde contre « les risques liés à l’extension quotidienne des infrastructures routières, urbaines, péri‑urbaines ou rurales, d’habitat, d’électrification, d’adduction d’eau, d’assainissement, de récupération des eaux de pluie (barrages, et collinaires), d’aménagement d’ordre touristique » sur le parc. Cette étude ajoute aussi que « la création de décharges, l’assèchement de certains milieux humides, la pollution par les eaux usées, l’utilisation inconsidérée des eaux des lacs à l’irrigation, le dérèglement des équilibres des lacs par la pêche, le surpâturage, le défrichement, affectent autant les espaces boisés que les lacs et les autres zones humides ».
Dans le même rapport, il est mentionné que « la zone nord du parc (zone située au nord de l’autoroute), est la plus exposée à ces modifications. Celles‑ci peuvent paraître de faible ampleur, mais la multiplication des segmentations des paysages et des entités naturelles aura pour conséquence de réduire considérablement la valeur paysagère des milieux, de limiter l’habitat de la faune et de restreindre sinon de perturber le fonctionnement des certains écosystèmes importants », selon la même étude. « Ces changements auront aussi pour effet de dénaturer la valeur du patrimoine global » du parc, avertissent les auteurs du rapport.

En effet, il ressort de l’étude que « dans la situation actuelle déjà, les travaux en cours de dédoublement de la RN 44 entre El Tarf et la frontière tunisienne en passant par El Kala, le dédoublement de la RN 84 entre l’aéroport d’Annaba et El Kala (envisagé), l’aménagement de la bretelle complémentaire de l’autoroute Est‑Ouest » menacent le parc. Dans cette étude, il est écrit aussi que « l’aménagement de la partie littoral plage Vergès vers Cap Rosa, l’élargissement probable de la route desservant Cap Rosa ( dans l’objectif de la Zone d’extension touristique), la route littorale El Kala‑plage la Messida et El Kala, le petit hameau El Mezirâa, l’élargissement de la piste de Cap Segleb, l’ouverture et le revêtement de l’accès au poste GGF de Segleb, le tracé du gazoduc vers Drouch dans la commune de Berrihane, les défrichements de Bourdim, les cultures sur défrichements autour des rives de l’oued Kébir et des lacs (lac noir, Bourdim, Garaet El Ouezz), les aménagements en cours à Brabtia, l’aménagement du chemin des oiseaux vont se solder par un morcellement des paysages et des unités homogènes existantes, qui par leur étendue actuelle (avant aménagement) forment des habitats relativement spacieux et favorables pour la faune qui s’y sent en sécurité et la flore qui forme des cortèges relativement continus et préservés ».

Par ailleurs, d’autres risques majeurs guettent les ressources marines du parc et pour cause, le couloir international maritime Canal de Suez/ Détroit de Gibraltar connaît un intense trafic de supertankers (jusqu’à 50 par jour). Le littoral du parc n’est pas à l’abri d’une marée noire désastreuse, surtout si l’accident survient par vent nord ouest. Par ailleurs, les courants marins circulant d’ouest en est, la ville d’Annaba et ses industries polluantes ainsi que la centrale thermoélectrique de Koudiat Draouch dans la commune de Berrihane représentent des risques pour les ressources marines, même si le Cap Rosa forme une barrière naturelle quant à la progression des polluants vers l’est. Le parc national d’El Kala couvre une superficie de 78 600 hectares et abrite une population d’environ 77 000 habitants. L’intégralité du parc se trouve à l’intérieur des limites administratives de la wilaya d’El Tarf. Il s’étend sur quatre daïras (El Kala, El Tarf, Bouteldja, Ben M’hidi) et empiète sur neuf communes.


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