DzActiviste.info Publié le jeu 25 Oct 2012

Le peuple algérien entre l’émancipation ou la disparition.

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par Ahmed Benhada.

« Heureux les peuples qui ont hérité de leurs ancêtres la passion du savoir et l’amour du travail. »

La quasi-totalité du peuple algérien parle à chaque pseudo événement politique et à longueur d’année de la nécessité du changement et de la rupture d’avec le système de gérance dans notre pays. Certes, le salut de la nation et la sauvegarde du pays passe par l’ablation intégrale du système et cela par l’utilisation inévitable du bistouri de la violence révolutionnaire. Cette révolution doit être dirigée contre le régime pourri seul et sera l’œuvre des enfants d’Algérie de tout bord idéologique « démocrates, islamistes, indépendants » qui ont été réduits à l’état de gueuserie par les tontons macoutes voleurs et corrompus…
Seulement, rares sont les personnes qui arrivent à avancer des esquisses sur les causes de notre échec et les probables solutions à notre catastrophe. En outre, dans les cas les plus portés vers une solution positive, est ce que le peuple algérien dans sa majorité pourrait supporter l’onde de choc d’un changement radical du système, d’une disparition physique et morale de la canaille au pouvoir depuis 1962?…
Je ne réponds pas par la négative mais je reste très sceptique, pour la raison fondamentale que la majorité du peuple algérien a été élevée, éduquée, et formée à l’école du mensonge, du vol, de la paresse, et de la médiocrité par les stratèges du système pourri et corrompu.
Un changement radical du système au pouvoir implique le retour vers une méthode de gestion rationnelle généralisée à l’ensemble des structures de la société. Cette méthode thérapeutique indispensable à la régénération de la nation algérienne repose sur les principes et postulats de base universellement reconnus : » le savoir et le labeur, la justice et la liberté ». Dans les types de société qui répondent à ces normes universelles, il n’y a aucune place pour le mensonge, pour le vol, pour la paresse et pour la médiocrité. Ainsi dans ces types de sociétés la réussite ne peut être que le fruit de l’effort et de la compétence, de l’honnêteté et du mérite…
Il n’y aura ni passe-droits, ni faveurs; certes l’école sera ouverte à tous mais ne réussiront que les éléments brillants et studieux, le travail indispensable à tous mais en premier lieux aux plus sérieux et aux plus compétents, le logement accessible à tous mais en premier lieux aux plus méritants. Nous devons alors apprendre à éduquer nos enfants pour en faire des citoyens d’une nation, nous devons apprendre à cultiver nos champs pour être à l’abri du besoin, nous devons faire preuve de sérieux, d’effort, et d’innovation dans nos usines pour être prêts à toute forme de concurrence sur les marchés nationaux ou mondiaux. Nous devons aimer l’école, protéger les penseurs, encourager les chercheurs, récompenser les meilleurs, pour cela nous devons libérer la parole, écouter tous les interlocuteurs, même ceux qui sont à tort ont droit à la parole, cela leur apprendra l’art de bien raisonner et de communiquer conformément aux attributs de la raison et de l’esprit critique. Nous devons prêcher encore et toujours pour nous-mêmes et pour l’ensemble des citoyens les attributs qui font les grandes nations: »Savoir, vouloir, pouvoir » que sous tendent les principes d’honnêteté, de compétence et de courage…
Ainsi, nous devons faire de telle sorte que partout ou nous nous trouvons notre devoir est de semer la vertu, combattre le vice et militer pour que le savoir et le labeur soient nos meilleurs principes et la justice et la liberté soient nos plus grands idéaux…
Nous devons également nous libérer des lourdeurs, des tabous et des complexes du passé tout proche et très lointain que nous traînons à travers les ages comme des boulets de bagnards que nous essayons de justifier sous le cachet de la mystification ou de la mythification. Ceci nous aidera à regarder vers l’avenir sans peur et sans reproche et nous projeter vers des horizons tout en beauté pleins d’aventures extraordinaires, fatigués que nous sommes d’avoir été pendant tant de décennies obligés de porter tant de misères, tant de peines et tant de souffrances.
L’étendard de la révolution et de la liberté sera hissé très haut par les meilleurs intellectuels du pays, ceux qui portent dans le cœur le respect de la patrie et de la nation, la passion du savoir et du labeur et l’amour de la justice et de la liberté…
Le chemin est ardu et la mission très difficile, serions nous à la hauteur de ce défi?…
Je reste partagé entre l’impossibilité et le scepticisme quant à ce travail titanesque de mutation culturelle que doit accomplir le peuple algérien pour entrer dans le concert des grandes nations civilisées ou l’individu est avant tout un être humain, un citoyen du peuple élève de son devoir et maître de son destin. Ainsi, par cette seule mutation longue et combien douloureuse le peuple algérien démontrera qu’il ne sera plus jamais disposé à être considéré comme une marchandise de moindre valeur à la merci des tontons macoutes truands et analphabètes…
Seulement, là est le dilemme pour l’individu algérien: « être ou ne pas être…un citoyen »…
Dans les deux cas la donne est difficile, néanmoins dans l’affirmative la mise est très chère et le coût très élevé mais le gain dépassera toutes les espérances. Dans le cas de la négative c’est tout le pays qui disparaîtra et toute la nation qui périclitera sous les coups de boutoir de la misère, de la médiocrité, et de la corruption; et cela par notre faute et celle des tontons macoutes.
A bon entendeur salut
Signé: ahmedbenhada/le 25 octobre 2012.


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