DzActiviste.info Publié le lun 25 Nov 2013

Le Sud Algérien, ce n’est pas que Terrorisme, drogues et Guerre civile, il y’a aussi des bidonvilles

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Le long du Sud : les gens du Nord venus

par Kamel Daoud

Les nordistes du Sud : c’est un peuple à part, une Algérie qui se repose d’elle-même. On les retrouve au Sud vivant leur vie en tournant le dos à la mer. Cadres venus pour un jour, restés pour toujours, anciens militaires fascinés, femmes mariées, femmes seules, enfants de la géographie mixte, hommes de culture ou de sens tournés vers les grandes dunes, le ciel et la culture des petits potagers. Maisons ocres et carrières sans stress, disent-ils. Généralement affables comme les gens du Sud, ayant retrouvé l’humanité et la générosité, plus ou moins guéris.

C’est que le Sud repose du Nord et du poids du pays. On peu y retrouver la simplicité des rapports, le contact, le sens qu’au Nord ont détruit la colonisation, l’arabisation, le relogement et les exodes et la rente. Au Sud, les gens travaillent encore leurs terres, sourient, échangent et ne semblent pas êtres les fils de la névrose mais les pères d’autrefois. C’est peut-être une impression de touriste, de voyageur ou un cliché mais c’est aussi la vérité la plus proche de la vérité : le Sud peut fasciner jusqu’à vous retenir à vie parce que c’est le dernier souvenir que l’on a de notre pays avant sa lente destruction. On peut se tromper d’impression mais pas sur l’évidence : les gens du Nord installés au Sud cherchent la guérison et le calme et les trouvent généralement.

«Le désert est difficile pour celui qui veut y habiter et qui n’a pas une vie intérieur», dira une nouvelle amie avec son compagnon au chroniqueur. Vrai : beaucoup achètent des maisons, y viennent puis revendent ou repartent parce qu’ils ne supportent pas le vent de sable et la perspective de se retrouver face à eux-mêmes. Mais beaucoup restent car ayant enfin trouvé le sens qui manque, le gout de planter et d’attendre, d’arroser et de cueillir, de sourire et de partager. L’image est idyllique mais elle n’est pas fausse aussi. Vivre au Sud c’est être confronté à soi-même et à la différence, mais cela est possible. Alors des gens viennent du Nord et élisent domicile et construisent.

Cela donne de beaux liens et parfois de lourds malentendus et des cycles de spéculations sur le foncier. On peut y venir en demandeur s’asile ou en colon caché ou en simple voyageur qui retrouve demeure. Mais on n’oublie pas le Sud quand on y vient : on l’emporte avec soi, il vous suit, vous y revenez, vous vous en éloignez ou vous le redessinez ou il vous hante et vous avancez vers lui, pas à pas.

Cette fascination est lente, intime, secrète. Elle met à nu les maladies du Nord et ses poids morts, l’étouffement qui y sévit et la quête de l’Algérien pour retrouver la saine proximité avec la nature, soi et les autres. On dit que l’on cherche souvent la paix au Sud. Parce que justement c’est la guerre au Nord, la terrible perte du sens. Le temps que l’on tue alors qu’au Sud il vous accompagne. Pastichons un écrivain : le non-sens du Nord laisse parfois dans l’âme de grands déserts que le Sud ne reflète pas curieusement, mais guérit lentement et sans mot dire.

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