DzActiviste.info Publié le mer 2 Oct 2013

L’émigration clandestine, la « harga », un phénomène qui ne veut pas tarir.

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L’émigration clandestine, la harga, ne veut pas tarir. Un phénomène qui signe d’une part l’échec de la politique de répression « concoctée » par l’Etat algérien et confirme d’autre part – ce qui me parait plus important – le revers des différents programmes du président de la République. De toutes les manifestations du désespoir des jeunes algériens (émeutes, suicide, toxicomanies, etc.), le phénomène de l’émigration clandestine est celui qui caricature au mieux la faillite de la gouvernance du pays. Faut-il, en effet, souligner que ce phénomène a fait irruption au moment même où l’Algérie se trouve dans une aisance financière jamais encore observée depuis son indépendance ? Un enrichissement qui dure depuis maintenant le début des années 2000 et qui ne profite pas au citoyen.

« Douze candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés par les garde-côtes algériens vendredi au large de Mostaganem a indiqué le commandement des gardes côtes… », un communiqué de l’APS (Algérie Presse Service) du 28 septembre 2013.
« Mardi dernier, 27 candidats à l’émigration clandestine, dont un mineur de 16 ans et un handicapé, avaient été interceptés par une patrouille des garde-côtes, au large des côtes d’Annaba et d’El Tarf », un autre communiqué de l’APS, en date du 24 septembre 2013. Des émigrants qui tentaient de traverser la méditerranée à bord de « deux embarcations artisanales».

« Deux personnes (un garde-côte et un civil de 25 ans) ont trouvé la mort et huit autres ont été grièvement blessées, lors d’un violent échange de tirs au large des côtes de la ville d’Annaba entre des éléments du groupement régional des gardes-côtes et un groupe de 23 harragas. Ces derniers, dont certains étaient armés, se trouvaient sur deux bateaux et se dirigeaient probablement vers les côtes européennes », source TSA 07 juillet 2013.

Comme chaque fois, ces jeunes s’en vont, au péril de leur vie, en s’en remettant à des embarcations de fortune.  Ils quittent leur pays, sans doute la mort dans l’âme, avec pour seul viatique l’espoir que la vie leur sera plus douce ailleurs…

J’ai personnellement écrit, dans la presse nationale, des contributions concernant ce problème. Voici une interview que j’ai donnée à une universitaire française, Virginie Lydie, qui a écrit un livre sur les harragas : « Traversée interdite ! Les harragas face à l’Europe forteresse », éditions le passager clandestin. Je livre cette interview telle qu’elle a été présentée dans cet ouvrage.

Interview Docteur Boudarène, psychiatre et député algérien (pp 51-55)

Député et président du bureau régional du RCD (rassemblement pour la culture et la démocratie) de la wilaya de Tizi Ouzou depuis janvier 2008, le docteur Boudarène, médecin-psychiatre, diplômé en neurophysiologie clinique et également docteur en sciences biomédicales, est l’auteur de nombreuses publications dans des revues internationales dans les domaines du stress et du traumatisme psychique. Il a donné quelques interviews et écrit plusieurs contributions dans la presse algérienne, sur la vie politique et sociale en Algérie.

Pour quel « mieux » les jeunes harragas sont-ils prêts à mourir ?

Ce mieux est difficile à définir. Il est un tout qui contient, avec des dosages plus ou moins variables selon les sujets, toutes sortes de besoins et de désirs plus ou moins vrais, plus ou moins imaginaires. Manger à sa faim, satisfaire des manques et combler des privations (besoins matériels), recherche de liberté, de démocratie…Vous savez, cette migration des gnous (pardonnez moi cette comparaison) que rien n’arrête : ni les fauves qui attendent patiemment dans la savane le passage de la harde, ni les crocodiles qui se regroupent dans le fleuve pour la curée… Ce qui se passe aujourd’hui en Algérie avec les harragas me rappellent étrangement cette migration. A l’approche de l’été, elle s’intensifie pour constituer de véritables


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