DzActiviste.info Publié le lun 21 oct 2013

LES AL CAPONE ET LES AL BATATA D’ALGERIE

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Mohamed Ibn Khaldoun

pénurie-de-laitAl Capone, un personnage, né aux Etats-Unis d’Amérique, à New-York le 17 janvier 1899, de son vrai nom Alphonso Gabriel Capone alias Al Capone, alias Scarface, suite à une balafre sur la joue qu’il avait reçu durant son adolescence. Al Capone est l’initiateur de la création de la mafia dans le monde. Il mourra en 1947, suite à plusieurs maladies et virus qu’il avait contracté, sans pouvoir se guérir, malgré la fortune en argent sale qu’il avait amassé durant sa vie de criminel. Depuis cette date, personne n’a remplacé Scarface, avec la même férocité dans le crime tous genres confondus.

A notre époque, des Al Capone, ont fait irruption pas aux Etats –Unis, mais en Algérie. Ils sont présents partout, à l’Est, à l’Ouest, au Sud et au Nord dans les quatre coins du pays. Ils sont parmi nous, dans une diversité de peau et de poste. Même parmi des maires on y trouve facilement des Al Capone. D’ailleurs la population exprime toujours son mécontentement et refus des listes pour l’obtention de logement élaborées par certains maires Al Capone. Des gens qui s’immolaient par le feu à cause des Al Capone. Des jeunes harraga, qui partent à cause des Al Capone. La Sonatrach sensée être le poumon de l’économie Algérienne a aussi son Al Capone. Ces Al Capone agissent avec une nouvelle méthode très moderne, ils n’ont plus besoin de la férocité d’Al Capone l’Américain, leurs simples agissements font disparaitre des gens, les uns s’immolent, les autres se retrouvent derrière les barreaux parce qu’ils avaient transigés les lois pendant l’instant de leur colère provoquée par un Al Capone de l’administration. Notre quotidien grouille de séries d’Al Capone, même au niveau de certains postes de contrôle ou barrages, se trouve souvent un Al Capone.

Ces Al Capone algériens se sont constitués, depuis les chaines des Souks el Fellah des Galléries, pendant la période des pénuries, les années où les consommateurs consommaient le café mélangé au pois chiche grillé, depuis la disparition du beurre et son remplacement par la margarine et surtout les années de constitution de dossier pour pouvoir peut être avoir la chance de réussir l’acquisition d’une cuisinière, un réfrigérateur ou un poste télé. La période qui a donné naissance à la délinquance dans le milieu politique.

La décennie noire a largement favorisé les réseaux mafieux et leur a permis de s’infiltrer davantage dans l’économie nationale. Certains se sont occupés de l’import export, d’autres versés dans le créneau de la concession, du matin socialiste au soir libéral, des milliards d’origines douteuses sont apparus avec les nouveaux Al Capone. L’unique perdant dans cette ‘’roulette politico-sociale’’ demeure le pauvrico de ce citoyen misérable, qui n’arrive plus à joindre les deux bouts, ou comment il rempli son couffin de Batata. Alors que les Al Capone font leur marché hebdomadaire chez Legrand, Leclerc, Lafayette, aux grandes surfaces de Paris, ce n’est qu’une heure et demie de vol et le billet gracieusement offert. Et les Al Batata, se battaient ici tous les jours contre les augmentations des prix qui se manifeste plusieurs fois par an, sans dresser un seul cheveu de la tête du ministre du commerce, qui se cache derrière la fameuse phrase : ‘’les prix répondent à l’offre et la demande’’. Aujourd’hui, plus de légumes à prix modérés, puisque tous les marchands de Batata et autres oignons dans les quartiers populaires sont considéré comme de l’informel et chassés par la police. Deux peuples dans un seul pays. Les Scarfaces qui se placent, et les sans surface.qui se glacent ! Contrairement au banditisme social, avec ses anciens héros, tels Bouziane Al Qalaï, Amar Benguella, Al Habraoui et d’autres personnages d’honneur. Les réseaux des Al Capone Algériens sécrètent une forte accumulation de capitaux qui ne peuvent plus être absorbée par la seule économie criminelle. Le blanchiment de l’argent ne sert d’ailleurs pas tant à le réintégrer dans l’économie légale qu’à le soustraire aux investigations. Aujourd’hui, il est difficile d’estimer le chiffre d’affaires d’une activité occulte en Algérie et surtout après la décennie noire, puisque l’argent ramassé par l’activité terroriste est aujourd’hui investi dans plusieurs créneaux, d’autres fonds sont transférés en Allemagne par le biais d’un canal occulte qui s’est substitué aux activités bancaires !

Nous avons choisi ce thème, avec son titre, parce que, nous constatons la disparition des plumes du journalisme d’investigation, favorisant la discréditation du journalisme aux yeux de l’opinion. Les quelques plumes qui sont aujourd’hui aux avants postes de combat pour la promotion d’un véritable journalisme, ont pus s’infiltrer et dévier le filet des éditeurs et leurs D.P. A l’image de tous ceux qui se battent pour un kilo de pommes de terre, pour les libertés syndicales, l’indépendance de la justice, la liberté d’entreprendre, ou de conscience…. Ces combattants du journalisme d’investigation contribuent à la résistance aux prétendants théocratiques de tous bords, et de la lutte pour arracher l’état algérien aux griffes de l’oligarchie bureaucratique qui se l’accapare. Alors que même au sein de la corporation de l’information à ses Al Calpone, celle de la culture aussi, il n’ya qu’à voir les pseudos associations qui ont trouvé l’opportunité pour ramasser le pognon des algériens contre des navets.

Un jour de son vivant Tahar Djaout, a parlé, et quant il a parlé il a dit ; ‘’La famille qui avance et la famille qui recule’’. Alors lorsqu’on continue à croire que des projets de sociétés séparés par dix siècles de distance peuvent coexister, lorsqu’on continue à prendre au sérieux un responsable (Al Capone) de parti qui clame que l’Algérie n’a besoin d’aucune loi étant donné que le Coran les contient toutes ?

Vu la situation de crise profonde que vit l’Algérie et qui brouille toute perspective d’avenir, le salut ne résiderait-il pas dans le fait de faire des choix résolus, quitte à faire des mécontents ? Ces choix qui tardent à se préciser, à tel point que nous commençons à nous demander avec angoisse si c’est vraiment vers la lumière du jour que ceux qui ont en charge la destinée du pays veulent nous mener.


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