DzActiviste.info Publié le mer 13 Fév 2013

Les algériens cherchent leur héros !

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Par Fayçal Anseur

hacker-algerien-hamza-bendelladjLe 26 janvier, la police thaïlandaise arrête à l’aéroport de Bangkok Hamza Bendelladj, un jeune algérien de 24 ans, recherché pour hacking.

Malgré son jeune âge, ce pirate informatique aurait réussi à contourner les systèmes de sécurité de plusieurs banques américaines et détourner des millions de dollars pour renflouer son propre compte. Il aurait sévi pendant trois ans, dépensant sans compter, menant la grande vie entre hôtels de luxe et voyages en first class. Considéré comme un génie du hacking, Hamza pouvait, paraît-il, subtiliser » jusqu’à 10 millions de dollars en une seule opération.

A la demande du FBI, les autorités thaïlandaises risquent d’extrader le hacker algérien vers les Etats-Unis, en Géorgie, où un tribunal a émis un mandat d’arrêt à son encontre.

La nouvelle de son arrestation a fait le tour des rédactions du monde entier. Mais, Alger est restée silencieuse sur cette affaire et n’a pas réclamé son ressortissant. Un jeune en moins, doué qui plus est, dans un pays géré par des vieux pour des vieux, quoi de plus normal !

Lors d’une conférence de presse (1), le jeune Hamza a déclaré, flanqué de deux policiers, le sourire aux lèvres : « Je ne suis pas parmi les 10 plus recherchés (par le FBI, NDLR), seulement 20ème ou 50ème (…) Je ne suis pas un terroriste ».

Hamza, le robin des bois algérien !

Un algérien qui défie l’Oncle Sam, qui le frappe dans son portefeuille, s’en prend à ses banques, et donc dans l’imaginaire national, à la toute puissante et folle machine financière qui plonge le monde dans la crise, ne laisse pas indifférents ses compatriotes.

Dès l’annonce de son arrestation, Hamza a défrayé la chronique sur la toile algérienne. Loué par les uns, qui voient en lui le Robin des bois algérien (sauf qu’il ne partageait pas son butin avec les pauvres), critiqué par les autres, qui sont scandalisés par son comportement de voleur aux doigts de fée, tous lui reconnaissent cependant du talent. C’est un enfoiré génial. Un escroc héros. Mais c’est un héros quand même pour une génération de jeunes algériens en mal de reconnaissance, frustrée de voir son pays collectionner les mauvais scores (en démocratie, en économie, en qualité de vie, etc.), reculer alors que d’autres nations avancent (2) ; une génération qui recherche dispersement du baume au cœur à travers de nouvelles figures emblématiques à admirer.

Où sont les héros d’antan ?

Nourris au roman national nostalgique de la lutte pour l’indépendance, les algériens tirent leur fierté des personnages historiques comme l’Emir Abd El Kader, Larbi Ben M’hdi, Hassiba Ben Bouali, Mohamed Boudiaf (le président mort assassiné le 29 juin 1992), et de tous les moudjahidines qui ont tenu tête à l’empire colonial français. Mais hélas, les temps ont changé ! Par le biais d’un pervers et continuel procédé d’accaparement de la légitimité historique du pays et par extension de ses richesses, par un régime calculateur, l’Algérie des héros d’hier se retrouve, 50 ans après son indépendance, entre les mains de l’Algérie des « zéros » d’aujourd’hui. Depuis, les algériens vivent une véritable tragédie grecque : si le héros est mort, qui le remplacera ?

« L’héroïsme-thérapie »

Avec le temps qui passe et la mémoire qui s’efface, n’importe qui peut devenir source d’inspiration pour n’importe quel algérien. Qu’importent les faits, pourvu qu’on retrouve cette fierté perdue qui fait tant défaut à l’orgueil national.

Si autrefois ce héros perdu était celui qui libérait le pays, désormais il peut être un footballeur qui marque des buts, à l’instar d’un Zidane que l’épisode du « coup de boule » a élevé au statut d’idole (bi)nationale (une statue à son effigie trône à l’entrée du musée Beaubourg), une équipe nationale qui se qualifie enfin au mondial (3), un coureur qui décroche l’or aux derniers JO, des prédicateurs « inspirés », un hacker qui braque des banques, des militaires qui jouent à Rambo à In-Amenas, ou même le Bouteflika éloquent du premier mandat (1999), qui savait répondre à Elkabbach et chuchoter à l’oreille des foules. C’est l’héroïsme-thérapie ou comment transformer, en temps de déprime collective, des petites réussites en grandes prouesses.

Un seul héros, le peuple !

L’Algérie a certes enfanté de gens géniaux, des héros sublimes, qui ont marqué l’histoire. Mais comme il existe ces héros de toujours, il existe aussi des héros de tous les jours, ils sont : syndicalistes, militants des droits de l’homme, médecins bénévoles, fonctionnaires intègres, voisins prévenants,…« La vie, le malheur, l’isolement, l’abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros; héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres » écrivait justement Victor Hugo dans Les Misérables. Il est certain qu’en chacun de nous sommeille un héros qui attend son heure de vouloir. Pourquoi alors chercher l’homme providence, qui ne viendra peut-être jamais en l’Algérie, un pays qui a pourtant connu à un moment de son histoire, un seul héros…le peuple.

Fayçal Anseur

http://www.slateafrique.com/101341/algerie-le-hacker-international-qui-rit
http://www.slateafrique.com/99777/monologue-du-mathematicien-devenu-quincaillier-algerie-emigration
http://www.slateafrique.com/100983/can-2013-football-algerie-ambition-retrouvee


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  1. Pourquoi il n’a pas Piqué le compte de chakib khelil ,ainsi que tout les généraux et voleurs d’Algérie et de son peuple.l’algerie ne va jamais le demander elle a peur de lui.il est trop dangereux pour eux.il ne veulent rien savoir sur lui.a bon entendeur(hacher) salut.deplumés ses voleurs qui ont pillé notre peuple

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