DzActiviste.info Publié le sam 19 Jan 2013

Les capitales étrangères haussent le ton !

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L’attaque islamiste de Tigantourine a fait réagir de nombreux gouvernements. Normal, me diriez-vous ? En partie, certainement; 130 étrangers figuraient parmi les otages. Mais , cela n’est vrais qu’en partie seulement. Dans cette mesure le haussement de ton peut être interprété comme     un élément de politique intérieur de chacun des états. Les gouvernements tentent de préparer leurs opinions publiques respectives à de probables “mauvaises nouvelles”. Mais seulement, il faut être attentif et relever qu’au final ces nouvelles sont pas aussi mauvaise qu’elles pouvaient l’être. Cela fait-il baisser le ton? Probablement non, dans la mesure où les raisons de la colère sont ailleurs…

Si les américains ont dit leur énervement, le courroux des japonais et des britanniques semble  être loin de s’apaiser. Pourtant les Britanniques sont parmi les États les plus intransigeants devant le chantage des prises d’otages. Louis Caprioli, Spécialiste de la lutte antiterroriste et ancien patron de la DST française le disait sur le plateau d’une télévision française : “un otage britannique est un otage mort”. Les japonais, de leur côté, sont plus connu pour la sacralisation d’un certain code d’honneur que pour la sacralisation de la vie elle-même. Alors qu’est-ce qui explique ces foudres colériques et l’affolement qui les accompagne ?

Les Japonais et les Britanniques ont ceci en commun : ils sont des importateurs du gaz  Algérien; ils comptent parmi les principaux clients de l’Algérie, et investissent dans les hydrocarbures de notre pays. Il n’est donc pas farfelu se situer à l’origine de leurs réactions certainement la survenance de la  vulnérabilité des installations gazières algériennes. C’est certainement ce fait nouveau qui suscite en eux tant de ressentiments bien plus en tout cas que l’ “élimination de leurs ressortissants”.  Il est difficile de croire que ces deux gouvernements ruent ainsi dans les brancards pour la seule vie de quelques techniciens et ingénieurs.

L’ébranlement de la sécurité de leurs approvisionnements  énergétiques qui les fait paniquer. Il faut les savoir capable du pire. L’Algérie est donc mise en demeure de régler dans l’urgence les dégâts cumulés par le pouvoir actuel. La combinaison des choix de gestion des problèmes sécuritaires et ceux des choix fait dans le secteur pétrolier et gazier ont fini par exposer l’Algérie à des risques majeurs d’atteinte à sa souveraineté et à sa sécurité.

Nous avons pris l’habitue de regarder l’option l’ouverture du secteur des hydrocarbures par le bout le plus présentable; les mirobolantes promesses de rentrées en devise. C’est le cas actuellement avec les promesses accolées à l’exploitation des gaz de schiste.. Maintenant, que nous le voulions ou non, nous allons réapprendre à les percevoir par l’hideuse face de la perte de souveraineté.

Dans la conjoncture actuelle de ralentissement de l’économie mondiale, la perte d’une installation énergétique majeur du type de l’usine de Tigantourine est une question internationale. Si jamais un incident de ce type venait à se reproduire, je n’ose imaginer ses conséquences.

Elles seraient dramatiques. Des signaux forts doivent êtres rapidement données, à la fois pour rassurer les majors pétroliers qui ne sont pas venu dans le sud Algérien pour nos beaux yeux, mais aussi pour signifier notre volonté d’être maitre chez-nous. Honorer nos engagements oui, devenir des pions sous les bottes des majors pétroliers et des puissances impériales, Non! Cela n’est pas possible avec le pouvoir qui a mené le pays à cette impasse.

Bouteflika, a piégé l’Algérie. Sur la base des accords secrets AIS-DRS, version locale du contrat de Saint Egidio, et sur la période de trois mandats présidentiels usurpés, il a mené une politique de fragilisation de la Nation. Il a cassé le front intérieur (patriotique) qui se consolidait autour de l’ANP et lui a substitué un autre (réactionnaire) aggloméré autour d’un complexe sécuritaro-trabendiste. Ses largesses en direction de ses alliés islamistes ont eu des conséquences que nous ne mesurons pas encore à leur juste gravité. Leur influence idéologique sur la société a été renforcée. L’essentiel des réseaux commerciaux est sous leur contrôle. Leurs positions sont devenues dominantes dans certaines administrations. Et, la politique dite de pardon a absout leurs crimes et a fait naître une forme de culte de la violence dans notre pays. Le tout a été mené de façon à cantonner la lutte anti-terroriste dans des limites policières et militaires extrêmement étroites. Le résultat est devant nos yeux alarmant. Le revanchisme de Bouteflika pour le sort qui lui a été fait en 1979 risque de coûter l’impensable au pays.

Comment l’Algérie se sortira-t-elle de cette impasse?

Mohand Bakir


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