DzActiviste.info Publié le dim 21 Oct 2012

Les citoyens s’approprient la parole

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Les citoyens s’approprient la parole

Par Farès Kader Affak

Dans le discours du pouvoir se voulant rassurant quant au projet de loi sur les hydrocarbures, et en particulier l’exploitation de gaz de schiste, l’idée que la contestation des décisions est attribuée à l’ignorance et à l’irrationalité des citoyens a été mise en avant.

Ce pouvoir croit détenir le monopole de la parole légitime sur ces questions, se fourvoyant dans des explications techniques, et limitant l’échange à des arguments de nature scientifique.

Il leste ces questions de considérations politiques, éthiques et économiques qui sont inextricablement mêlées.

Les réformes et les lois présentées devant une APN mal élue doivent faire l’objet d’un véritable débat public. En effet, le régime essaye, et espère réussir, à noyer les questions d’ordre stratégique. En témoigne sa volonté d’exclure les différents acteurs qui ont un droit de regard sur la gestion des affaires de l’Etat, porteurs de revendications et d’intérêts souvent opposés.

Dans l’argumentaire du pouvoir, le transfert de technologie est souvent répété. Il est utile de lui rappeler que son attitude dans la gestion, a dévalorisé le travail producteur de richesses, et a favorisé le recul du savoir-faire. De même, le régime est responsable, puisque c’est là aussi son désir, de la fuite des compétences, pourtant déterminantes dans la production en ce troisième millénaire.

Le premier ministre Abdelmalek Sellal proclame comme une fatalité l’exploitation de gaz de schiste, et confirme même son commencement avant qu’il ne soit présenté devant l’APN.

Le gouvernement dit s’être déjà engagé avec des entreprises états-uniennes activant dans l’exploitation des gaz de schiste. Une remarque s’impose. A quoi sert le code des marchés si le gouvernement s’engage comme « il le veut et avec qui il le veut ». L’état nation se transforme donc en Etat privé, où la gestion informelle est la culture dominante.

Le pouvoir paraît ne vouloir régler que la question de sa survie et assurer l’hégémonie d’une de ses composantes. Il achète des membres de partis politiques et des députés mal élus, à l’intérieur ; et le soutien occidental à l’extérieur et ce, en leur offrant par des marchés et des placements. Pour focaliser sur le dossier de l’exploitation de gaz de schiste, le régime, faible, sans légitimité, et qui vit sa dernière décennie, brade notre pays, l’Algérie, terre plusieurs fois millénaire et qui risque de se transformer en un champ d’expérimentation. On peut même se demander si le secret qui a entouré le transfert d’eau de Ain Salah vers Tamanrasset ne rentre pas dans ce cadre là. On peut également se poser une question, qui consiste à savoir si Abdelamalek Sellal, ministre des Ressources en eau durant 6 ans, n’est pas au stade final d’une mission qui lui a été confié par le cabinet noir du régime, d’essence politico-militaire.

Nous n’avons nul besoin d’exploiter le gaz de schiste. Nous ne voulons pas compromettre le devenir des générations d’Algériens qui nous succèderont ! Nous devons reprendre le contrôle de l’économie, imposer la prise en compte des besoins réels et des nuisances indésirables. La gestion des affaires de l’Etat doit aller dans le sens d’une approche plus démocratique, du moins plus pragmatique. Il ne s’agit pas de nourrir l’illusion de leur maîtrise technique. La représentation des citoyens et leur rôle actif dans les processus décisionnels deviennent alors des questions cruciales. Et pour cela, les libertés citoyennes doivent prendre forme concrètement.

F. K. A.


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