DzActiviste.info Publié le ven 8 Fév 2013

Les concessions territoriales et idéologiques d’un régime algérien en faillite

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Ahmed Amokrane

Les interventions militaires occidentales à nos portes aussi bien en Libye qu’au Mali,sous le regard impuissant du régime d’Alger,prouvent à quel point la crise algérienne est profonde . Pays aux grands potentiels humain,territorial et énergitique,l’Algérie qui devrait agir dans le cercle des grands,se retrouve dépasser même par de petits pays comme le Qatar !

Sans légitimité et sans vision politique,le régime algérien s’est isolé de son peuple,provoquant ainsi son propre échec . Affaiblis et discrédités,les décideurs d’Alger,sont contraints à multiplier les concessions vis à vis des puissances mondiales et même vis à vis de certains  pays de la région dans le seul but de se maintenir au pouvoir  .

C’est ainsi,que lors du sommet des pays islamiques qui s’est tenu les 6 et 7 de ce mois au Caire,notre pays s’est distingué par son absence . Au moment,où l’Egypte,l’Iran et la Turquie,se disputent le rôle de leader de la région, l’Algérie s’est contentée d’une présence symbolique en se faisant représenter  par le président d’un sénat sans aucun poids politique .

Cette crise de l’ambition qui caractérise le régime algérien depuis 1962,ne fait que s’aggraver . En effet, dès le début de « l’indépendance »,nous nous sommes lancés sous couvert de motivations idéologiques et culturelles, à imiter des pays en difficultés tels que  Cuba et l’Egypte .

 

Scandalisé, Farhat Abbas ira jusqu’à évoquer l’adultère politique pour décrire le comportement de Benbella qui profitait du prestige du pouvoir qu’il exerçait en Algérie alors que son regard fut toujours tourné vers l’Egypte !

 

Effacés devant Nasser,les décideurs algériens subissaient l’influence du Zaim égyptien sans réagir .  Populiste,autoritaire, démagogue et inefficace,Nasser exerça son pouvoir d’une façon directe ou indirecte sur de nombreux pays,dont particulièrempent l’Egypte,le Soudan et l’Algérie  .

 

Force est de constater,que ces trois pays ,sont les plus touchés par les crises politique,cuturelle,sociale et économique qui secouent les pays de la région . Le Soudan, se retrouve divisé en deux pays . L’Algérie a passé cinquante ans à faire du sur place. Alors que l’avenir de l’Egypte est incertain.  Nasser et son « génie», sont en partie responsables de l’échec de ces pays.

 

Il est à constater, que le sommet des pays islamiques qui s’est  déroulé au Caire, finirait par tracer quatre influences idéologiques au sein du monde musulman. Une influence iranienne qui aura de l’effet sur les pays où il existe une communauté chiite quelque soit son importance. Une influence turque qui s’exercera sur les pays turcophones et sur ceux qui sont attirés par les activités économiques et commerciales du Bazar turc.  Une influence Wahhabite provenant des monarchies du golfe. Forts de leurs pétrodollars, les wahhabites, viseront les musulmans du monde entier . Reste l’influence égyptienne, elle s’exercera à des degrés variables sur les pays arabophones.

 

Cinquante ans aprés l’experience nasserienne en Algérie,notre pays risque de reproduire ses mêmes erreurs.  En effet,l’arrivée des frères musulmans au pouvoir en Egypte et l’absence chez nous d’une vie politique,risquent de nous être fatales .

 

L’Algérie, pays de la pensée rationnelle de l’Emir Abdelkader,Benbadis,Malek Bennabi,Mohammed Arkoun et Lahouari Addi,risque de se retrouver sous l’influence idéologique des frères musulmans et des salafistes égyptiens . Autrement dit,les pensée rationnelles algériennes héritées d’Ibn Rochd et d’Ibn Al Arabi,vont subir les pensées d’Ibn Taymia,Mohammed Ibn Abdelwaheb et de Sayed Kotb !

 

A noter,que le recours aux pensées rationnelles algériennes,est d’une importance capitale en pré et post chute du régime algérien actuel . La pensée rationnelle algérienne,rapprochera les différents courants idéologiques algériens les uns des autres .  Ce rapprochement,nous permettra de mettre sur pied ,une instance de l’opposition nationale qui se chargera d’assurer un changement  politique en Algérie de façon radicale et pacifique .

 

Il faut savoir, que la dépolitisation massive,entammée dès 1962 et accélérée après le coup d’Etat de 1992,a fait perdre à notre société toute forme de repères . De la crise politique qui secoue le pays depuis 1956,nous avons débouché sur des crises sociale,culturelle et économique . Autrement dit, le désert politique s’est transformé en désert de repères.  Pour nous en sortir, nous devons redéfinir des repères qui nous rapprocheront les uns des autres . Quelque soient ces repères, les algériennes et algériens ne sont pas obligés de les partager tous. Chaque groupe de citoyens quelque soit son importance,s’identifiera dans un ou plusieurs repères . L’essentiel,est d’agir dans un esprit constructif en évitant d’exclure l’autre .

 

Des références nationales,comme Abdelhamid Mahri,Farhat Abbes,Massali Hadj,Abane Ramdane,Benbadis,Malek Bennabi,Mohammed Arkoun,peuvent constituer des repères aussi bien pour les islamistes que pour les démocrates .

 

L’appartenance de ces personnalités à la communauté nationale,leurs efficacités prouvées,leurs publications, leur histoire et leur attachement à la nation ,sont des facteurs qui pourront nous permettre de créer un système politique national apaisé ,sans passions idéologiques autodestructrices . L’opposition retrouvera ainsi son unité et son efficacité.

 

La politique et les sciences physiques, ont en commun, la logique. Pour les physisiens

,le travail W = la force F x la distance d ( W =Fxd) . Pour que le travail,soit facile et nécessite moins d’effort,nous devons réduire la distance . Cette donnée de science physique,sera valable pour tout effort de rapprochement entre les différentes tendances de l’opposition algérienne . En effet,moins  importantes sont les différences idéologiques qui sépareront les islamistes et les démocrates,moins important sera l’effort qu’il vont investir pour se rapprocher dans le but de créer une instance nationale de l’opposition .

 

Il est clair, qu’il est difficile pour un démocrate algérien de se rapprocher d’un islamiste dont les références sont Ibn Taymia,Mohammed Ibn Abdelwaheb ou Sayed Kotb . En même temps,un islamiste algérien, éprouvera des difficultés à se rapprocher d’un démocrate dont les références n’ont aucun lien avec les valeurs et les principes de notre peuple  .

 

S’impose alors, la création d’un cadre politique algérien, où les deux composantes de l’opposition nationale que sont les démocrates et les islamistes ,se reconnaissent sans se renier .

 

Ce qui se passe actuellement en Egypte et en Tunisie, prouve que les élections  seules ne font pas obligatoirement, une vie politique démocratique, calme et prospère . Une stratégie basée sur le  consensus tout en ayant des  repères communs entre les différentes tendances de la vie politique, sont les véritables garants aux côtés des élections de la transition démocratique. De ce fait, nous avons besoin d’une  lecture pragmatique et réaliste de la situation de notre pays et de celle du monde musulman. L’Algérie, ne peut se relever, ni être utile au monde musulman, que dans le cadre de ses propres valeurs. Nous sommes en possession d’un trésor, représenté par les pensées de Bennabi,Arkoun et Addi . Depuis huit siècles ,les seuls penseurs du monde musulman, qui ont condamné la post civilisation et qui proposent aux algériens et aux musulmans de rompre avec la médiocrité tout en optant pour l’efficacité et l’authenticité ,sont ces trois chercheurs . Alors, adoptons leurs pensées et  rapprochons nous les uns des autres dans le cadre d’un système politique algérien se caractérisant par sa diversité, sa tolérance, son efficacité et ses références purement algériennes.

 

Dans le cas contraire, nous serons contraints à subir des influences idéologiques étrangères de qualité douteuse, qui vont accentuer nos différences et retarder le changement tant attendu.

Après les concessions territoriales faites par le régime algérien aux troupes militaires occidentales qui s’installent le long de nos frontières sous différents prétextes, les décideurs algériens, illégitimes, incompétents et dépassés ,vont faire des concessions idéologiques à des pays qui devraient être sous notre influence vu nos capacités humaines, territoriales et énergétiques .

 

Il est temps, que l’élite algérienne reprenne confiance en ses capacités. La crise de l’ambition que nous trainons depuis 1962, risque de prolonger nos souffrances et nous faire payer les factures des errances idéologiques  des autres nations.

 

Une fois, la liberté retrouvée, les algériens s’organiseront par une meilleur gestion de leurs différents atouts. Nous avons les moyens de devenir une puissance idéologique et économique régionale, il suffit qu’on se regarde et qu’on ferme la parenthèse de l’adultère politique, idéologique et culturel.

 


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