DzActiviste.info Publié le ven 12 Juil 2013

Les étudiants juifs de France obtiennent gain de cause contre les tweets antisémites

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Le réseau social californien a annoncé s’être plié aux injonctions de la justice française en transmettant des informations permettant d’identifier les auteurs de tweets antisémites, mettant ainsi fin au conflit qui l’opposait à l’UEJF.

Twitter a annoncé vendredi avoir fourni à la justice française «les données susceptibles de permettre l’identification de certains auteurs» de tweets antisémites, qui avaient valu au réseau social d’être la cible de poursuites de l’Union des étudiants juifs de France. La transmission de ces données «met fin au litige» avec l’UEJF, et les deux parties «ont convenu de poursuivre activement leur collaboration, afin de lutter contre le racisme et l’antisémitisme dans le respect de leurs législations nationales respectives», ajoute Twitter dans son communiqué. La collaboration a notamment pour objectif de prendre des «mesures afin d’améliorer l’accessibilité de la procédure de notification des tweets illicites», a poursuivi le groupe.
«C’est une grande victoire pour la lutte contre le racisme et l’antisémitisme», s’est félicité Jonathan Hayoun, le président de l’UEJF. «C’est un grand pas dans la lutte contre le sentiment d’impunité qui régnait sur le réseau». C’est la perspective d’un procès pénal, et d’une éventuelle «interdiction de voyager en Europe» à l’encontre de son président, Dick Costolo, qui aurait poussé Twitter a céder au terme «d’un combat d’une dizaine de mois». L’UEJF avait annoncé en mars dernier qu’elle attaquait au pénal Twitter et son président, Dick Costolo, pour ne pas avoir répondu à la demande de la justice française d’identifier les auteurs de tweets antisémites.
«Twitter joue la carte de l’indifférence en ne respectant pas la décision du 24 janvier» du tribunal de grande instance de Paris qui avait donné deux semaines au réseau social pour identifier les auteurs de tweets antisémites, avait expliqué à l’époque Jonathan Hayoun .«Ils ne se sont aucunement exécutés. En protégeant l’anonymat des auteurs de ces tweets, ils se rendent complices et offrent un boulevard aux racistes et aux antisémites», avait-il souligné.

«Internet ne doit en aucun cas être utilisé à des fins de propagande, de haine»

François Hollande, dans un discours à Toulouse le 17 mars, avait déclaré publiquement qu’il aiderait l’UEJF à obtenir ces données. «Je veillerai à les contraindre, ces réseaux, à fournir ces noms pour qu’il y ait dissuasion et répression», rappelant que «rien ne doit être considéré, en cette matière, comme anodin ou insignifiant. L’espace de liberté qu’est internet ne doit en aucun cas être utilisé à des fins de propagande, de haine».
Fin janvier, la justice française avait ordonné à Twitter de communiquer les données permettant d’identifier les auteurs de tweets antisémites, à la suite d’une action intentée par l’Union des étudiants juifs de France. Depuis, l’UEJF a déploré que cette décision soit restée lettre morte. La cour d’appel de Paris avait confirmé le 12 juin dernier au réseau social son obligation de communiquer aux associations plaignantes les informations concernant les auteurs de tweets racistes ou antisémites.
L’association, qui s’engageait à reverser au Mémorial de la Shoah les 38,5 millions d’euros qu’elle réclamait à Twitter ,avait lancé son combat judiciaire après la diffusion en octobre 2012 de très nombreux tweets reprenant les mots-clés #unbonjuif et #unjuifmort.
(Avec AFP)


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