DzActiviste.info Publié le mer 19 Sep 2012

Les familles de disparus empêchées de s’entretenir avec la Haut-Commissaire des droits de l’Homme

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Un dispositif policier sans précédent empêche les familles de disparus de s’entretenir avec la Haut-Commissaire des droits de l’Homme

Lorsqu’aujourd’hui une cinquantaine de proches des disparus se sont rassemblés devant les bureaux de la Commission Nationale Consultative de la Promotion et la Protection des droits de l’Homme (CNPPDH) afin de s’entretenir avec Mme. Pillay, la Haut-Commissaire des droits de l’Homme, elles ont été confrontées à un dispositif policier particulièrement violent.

Les familles avaient appris le rendez-vous de Mme Pillay avec M. Ksentini, président de la CNCPPDH, par la presse alors qu’un entretien entre les familles de disparus et la Haut-commissaire leur avait été promis à 12h30. Or, ce rendez-vous prévu dans des circonstances plus convenables n’étant pas certain d’avoir lieu, à cause de l’agenda chargé de madame la Haut Commissaire aux droits de l’Homme, les familles ont décidé de se rendre elles aussi à la CNCPPDH pour la rencontrer.

Au moment où les mères de disparu(e)s se sont approchées de la CNCPPDH, les autorités ont déployé un nombre impressionnant de policiers, tous en tenues de combat. Après l’envoi des renforts, le nombre de policiers dépassait largement le nombre des familles de disparu(e)s sur place. Sous les yeux de la Haut-Commissaire, les familles de disparu(e)s, composé essentiellement par des mères âgées, tentant en vain de s’approcher de la grille de la CNCPPDH, ont été violemment réprimées par la police.

Malgré ces tentatives des autorités d’empêcher tout contact entre les familles des disparus et la Haut-Commissaire, les proches ont quand-même réussi à échanger à travers la grille fermée à double tour, quelques mots avec Mme. Pillay, s’assurant de son soutien.

Ce déploiement des forces policières démontre de nouveau l’intention des autorités algériennes d’étouffer tout débat et toute demande de dialogue dans le dossier des disparus. Ainsi, le Collectif des familles de disparus en Algérie et SOS Disparus tiennent à rappeler que le Groupe de travail des disparitions forcées des Nations Unies a déclaré à de nombreuses reprises ne pas recevoir des autorités algériennes les informations requises. Le Groupe de travail a également dû refuser l’invitation de la part des autorités algériennes à venir en Algérie dans la mesure où les conditions imposées par l’Algérie étaient inacceptables.[1] Contrairement donc à ce qui a été mentionné dans la presse algérienne, les familles des disparu(e)s craignent que le dossier des disparus soit loin d’être résolu.

Alger, 19 septembre 2012

Fatima Yous, Nassera Dutour,
Présidente de SOS Disparus Porte-parole du CFDA

[1] Rapport annuel 2011 du GTDF, A/HRC/19/58, 6 février 2012, pp. 17-19, et particulièrement §57


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