DzActiviste.info Publié le jeu 18 Avr 2013

Les marathoniens de Boston et ceux de Bagdad, Gaza, Kaboul, Niamey par Brahim Snouci …

Partager

Le traditionnel marathon de Boston a été la cible d’un attentat dont le bilan est de trois morts et de plusieurs dizaines de blessés.

L’événement a eu une portée planétaire. Tous les journaux en ont fait leur une. Plusieurs hommes politiques occidentaux ont donné de la voix pour condamner l’attentat.

Bien entendu, il faut condamner cet attentat aveugle, destiné à frapper des innocents. Cela étant posé, on a aussi le droit de s’interroger sur les raisons pour lesquelles cette indignation
planétaire s’exerce à temps partiel…

Rappel utile :

Le marathon est une épreuve quotidienne en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Palestine, au Congo, au Mali… Les habitants de ces pays le courent tous les jours, sans espoir de médaille, sans
ligne d’arrivée à l’horizon, juste parce qu’il faut courir pour garder une chance de rester en vie. Tout le monde n’a pas cette chance. Des centaines de « coureurs » meurent chaque jour, des
enfants, des femmes, des vieillards, des invités à une noce, des bergers. Dans ces pays, on meurt à cause de bombes (artisanales ou sophistiquées), on meurt parce qu’on fait une mauvaise
rencontre, on meurt parce qu’on est un sunnite égaré en terre chiite et inversement. On meurt aussi de frappes « intelligentes » venues du ciel. Des drones sans nom pilotés depuis des villes
paisibles des Etats-Unis, incapables de distinguer un Afghan d’un autre Afghan, une noce d’une réunion de combattants, un gamin de Baghdad d’un candidat au suicide de Falloujah. La mort des 3
Bostoniens est certes cruelle. Mais pourquoi serait-elle plus importante que celle de ces athlètes malgré eux qui essaient de zigzaguer dans l’enfer de leurs rues, en tentant de déjouer la
mitraille venue du ciel?

De qui sont-elles les victimes, ces populations sans âge, sans visage, sans nom ? De ces « libérateurs » venus investir leurs terres pour les débarrasser d’un tyran ? M. Obama, vous qui avez
l’art d’émouvoir le Texas et l’Arizona en permettant à une larme opportune de se frayer un chemin jusque sur le bout de votre nez, n’avez-vous rien à dire aux Pachtouns, aux Haraza, aux longues
files de Palestiniens qui s’écoulent lentement le long des grilles des check points israéliens, aux familles des millions de morts du Kivu, aux Syriens de toutes confessions qui ne savent pas
pourquoi ils meurent ? Non, M. Obama n’a rien à dire. Son travail est de concentrer toute l’émotion du monde sur les Etats-Unis et leurs alliés européens.

Le reste du monde ne compte pas, sinon comme fournisseur de matières premières d’une économie devenue obèse à force de boulimie. Il ne faut surtout pas compatir avec les morts du Kivu. On ne
pourrait plus avoir de téléphones portables puisque l’élément central de ces téléphones, le coltan, vient du Kivu. S’apitoyer sur les populations locales reviendrait à leur restituer la
disposition de leurs matières premières. Ne pas s’apitoyer sur les Irakiens ! C’est au prix de l’indifférence que le pétrole continue de couler à flots dans les pompes à essence de l’Occident.
C’est à ce prix que sont payées les vacances de neige, les randonnées en quatre-quatre, la chaleur des foyers durant l’hiver, leur fraîcheur en été, les lumières des villes… Laurent Wauquiez
redonne vie au sinistre Bush en ressortant sa maxime favorite. »Les auteurs ont agi en vertu de leur haine de notre mode de vie ». Il aurait pu ajouter que c’est ce même mode de vie qui a conduit
à la dégradation de la couche d’ozone, au dérèglement climatique, à la réduction des deux-tiers de la superficie initiale de la banquise. C’est ce même mode de vie qui rend l’air des villes de
plus en plus irrespirable, qui conduit à la disparition programmée des îles Maldives et de nombreuses cités portuaires. C’est cela, l’art de vivre occidental qui, tel un vampire, se nourrit du
sang des maigres enfants de Niamey ou de Bassorah, qui vide la Terre de sa substance vitale et met gravement en danger sa pérennité.

Remarque du bloggueur: Il y a une indignation dans le texte qui se noie hélas dans le rituel victimaire.


Nombre de lectures: 312 Views
Embed This