DzActiviste.info Publié le lun 9 Juin 2014

Les marchands d’illusions.

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Les marchands d'illusions.

Demain, 10 juin 2014, s’ouvre un cénacle comme l’Algérie en a connu de nombreux. Un Sant ’Egidio 3 qui sèmera encore une traînée d’illusions venimeuses. Il ne faut rien en attendre de bon.

Dans la conjoncture de crise de la moitié des années 1980, le bloc Chadli-Hamrouche avait conçu une reconfiguration du champ politique algérien qui bouscule les apparences sans remettre en cause les fondamentaux. Le FLN, parti État tout puissant, n’a jamais eu à subir un examen des liens tentaculaires qui lui subjuguent l’administration. Les islamistes, investis depuis le début de la même décennie d’une mission de gardiens de la morale, ont été cooptés comme l'incontournable « la représentation populaire ». Les démocrates, ce vieux démon qui honte le système depuis ses origines, ont, pour leur part, été noyés dans une myriade de partis préfabriqués.

Cette recomposition forcée a montré dès le départ sa charge de violence.  À son amorce, ses concepteurs n’ont pas hésité à lancer dans la rue des pans entiers d’une jeunesse désœuvrée et d’ordoner à l’armée de réprimer dans le sang cette colère juvénile. Par la suite, ils useront de pressions et de manœuvres pour imposer la légalisation de la nébuleuse islamiste. Il y a eu, à cet égard, la grossière intoxication de la direction du PAGS pour lui faire avaliser une concomitance du sort des islamistes et des communistes dans le processus politique post octobre 1988. Une fois la violence devenue endémique, les mêmes milieux se sont attelés à protéger leur bélier en inventant des conceptions étriquées du "vivre ensemble", de "l’entente" et de "la concorde"; valeurs qui caractérisent l'harmonie d'une communauté nationale.

Que des pans du système soient dans ces stratégies par intérêts et par calculs, cela s’explique. Mais, que des partisans d’un régime républicain démocratique et social se laissent durablement capter dans ces filets cela reste totalement incompréhensible.

Alors que l’espoir aurait été que le ffs s’extirpe de ces errances, voilà que c’est le RCD qui rend les armes et se rend à "l’entente" avec l’islamisme. Parce qu’il ne faut pas prendre les gens pour des cruches ; s’assoir avec Djaballah, Mokri et autres autour d’une table pour discuter « transition » est en soi un accord politique lourd de sens et de conséquences. Les peuples d’Iran, d’Afghanistan, du Pakistan, du Soudan, qui connaissent ce que l’Etat islamique signifie doivent avoir une larme de compassion pour les Algériens. Leurs expériences enseignent que leurs théocrates ont toujours trouvé dans leurs ascensions de biens utils marchepieds démocratiques. Des compagnons-alibis qui ont vite fait de se retrouver dindons de la farce et clients de gibets.

Entre le compromis islamobureaucratique que court le pouvoir et celui, islamodémocrate, qui fait courir les démocrates, l’Algérie va trouver à terme avec un compromis islamo-islamiste durable. Ce jour-là nous vérifierons cette règle pérenne que les dictateurs consolident toujours leurs pouvoirs par la liquidation de leurs alliés, avant de s'en prendre à leurs adversaires.


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