DzActiviste.info Publié le mer 4 Avr 2012

Les marins ex-otages des pirates somaliens dans la détresse

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Ils envisagent des poursuites judiciaires.

Sans salaire depuis janvier 2011, les marins algériens vivent un véritable cauchemar. Leur employeur IBC, filiale de la CNAN, leur tourne le dos. Les autorités restent silencieuses.

Après l’enfer somalien, l’heure est à l’enfer algérien.» La déclaration vient d’un des 17 marins algériens otages des pirates somaliens en 2011. Après 306 jours de captivité, ils croyaient leur cauchemar terminé à leur libération le 3 novembre 2011. Ils réalisent, aujourd’hui, qu’il ne faisait que commencer. «Nous n’avons perçu ni salaire ni indemnité, nous ne travaillons plus», explique encore le marin Ahmed Benmoussa, indigné, avant d’être interrompu par l’un de ses collègues : «N’ayons pas peur des mots, il faut dire que nous en sommes arrivés à quémander.

Ma fille m’a demandé de lui donner 20 DA pour s’acheter un sandwich, ce matin, j’ai pleuré parce que j’ai les poches vides depuis des mois !» Ils étaient hier à l’entrée du siège de l’UGTA, avec des pancartes et banderoles brandies, face à une indifférence générale. Depuis des mois, ils réclament leurs salaires, des indemnités et un peu de considération, en vain. «Nous avons reçu des promesses de la part de l’ambassade d’Algérie au Kenya, du directeur d’IBC, filiale de la CNAN, et même du directeur de la marine marchande, du ministère des Transports, mais depuis des mois, ils se renvoient la balle et refusent de nous répondre», explique un autre marin. La détresse est perceptible dans leur voix et sur leurs visages aussi. «Nous avons écrit à toutes les instances du pays, au Premier ministre, au ministre des Transports et même au président de la République. Rien.» Leurs doléances ont-elles été transmises ?

à quoi joue IBC ?

Ces marins, originaires des quatre coins du pays, se le demandent.
«Nous avons tous 30 ans d’exercice derrière nous. Nous ne comprenons pas pourquoi IBC refuse de prendre ses responsabilités. Tous les autres otages – ukrainiens, philippins, jordaniens et indonésien – qui étaient détenus avec nous, ont perçu leurs salaires et des indemnités», s’exclame le marin Aït Ramdane, le visage fatigué. Malade depuis sa libération, il enchaîne les bilans et les traitements médicaux, ainsi que plusieurs de ses collègues.

Pour dénoncer «la trahison» d’IBC, ils font des rassemblements depuis des semaines. Aucune réponse ne leur a été donnée. Face à cette situation d’inactivité, le président de la République est cité comme leur «ultime recours». Après avoir consulté l’Inspection du travail qui a pris acte de leurs revendications et des irrégularités soulevées, ils envisagent des poursuites judiciaires. «Nous avons pris rendez-vous jeudi avec un avocat pour faire le point. Nous ne pouvons plus attendre, nos familles sont en train de souffrir et nous n’avons plus de quoi subvenir à leurs besoins», affirme, le marin Ahmed Benmoussa.

Fella Bouredji
EW 04 04 2012


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