DzActiviste.info Publié le mer 2 Oct 2013

LES MÉDIAS ET LES VOIX MARGINALES EN ALGÉRIE. La raison du plus faible

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Par Brahim TAKHEROUBT – Mardi 01 Octobre 2013

la-Presse-Algerienne-La presse est-elle capable de donner écho à toutes les voix marginales en l’absence d’une société civile organisée?

Quelle place pour les voix marginales dans les médias algériens? C’est à cette épineuse et vieille problématique qu’ont tenté de répondre, hier, de nombreux intervenants de la société civile, des responsables des médias nationaux, des chercheurs algériens et étrangers dans le cadre d’une journée organisée à l’hôtel Sofitel (Alger), avec le soutien et la collaboration de l’ambassade du Royaume-Uni à Alger et du quotidien El Watan, par MDI (Media Diversity Institute), une ONG britannique. «Mieux vaut une poignée d’abeilles qu’un couffin de mouches», a résumé, un participant bien inspiré à cette rencontre comme pour souligner la haute qualité de la participation.

Soit, mais la quantité est importante même chez les Britanniques puisque l’ambassadeur du Royaume-Uni à Alger, Martin Ropper, a souhaité avec un léger rictus une participation plus importante. Ce n’est qu’un début. Intervenant à l’ouverture de cette journée, M.Ropper a rappelé tous les programmes de collaboration algéro-britanniques. Il a cité le British Coucil dans le domaine de l’éducation: un programme a permis à 85 inspecteurs algériens de l’éducation de bénéficier d’une formation de perfectionnement en Grande-Bretagne, alors que 2 000 enseignants algériens de la langue anglaise avaient été encadrés en Algérie. L’ambassadeur a aussi cité les programme de formation de la BBC au profit des journalistes de la Radio nationale ainsi que d’autres programmes dans les secteurs de la justice et de la réforme pénitentiaire. Pour l’ambassadeur britannique, cette journée intitulée «Société inclusive et médias», n’est que le prolongement des ces formation et de cette collaboration. «L’Algérie n’a pas besoin de financements, mais de formations et de contacts», a-t-il déclaré non sans souligner qu’il faut à tout prix encourager l’expression de la diversité dans les médias Algérie. Il cite alors en exemple le débat qui a eu lieu en Grande-Bretagne sur le port du niqab «les médias britanniques ont donné la parole à toutes les tendances sans exclusion aucune». Interpellé par une fougueuse jeune journaliste sur le manque de diversité dans les médias algériens, le directeur de publication du quotidien El Watan, Omar Belhouchet, a rappelé que «plusieurs titres de la presse privée algérienne font de cette question un principe fondateur». «On a exprimé cette diversité dans nos colonnes à travers ses respects ethniques, politiques et culturels» a soutenu M.Belhouchet, rappelant que «cette démarche n’est pas toujours gratuite puisque les journaux qui ont osé laisser s’exprimer des voix marginales ont été à plusieurs reprises traînés devant les tribunaux». Sceptique, Safi Naciri, consultant media régional s’interroge: «La diversité ne menace-t-elle pas l’unité».

Le scepticisme de M.Nasri n’est pas de faire un rejet de tout ce qui nous vient d’Occident, mais il est dicté par une réalité chiffrée qu’il livre à son auditoire intéressé: «80% de l’information sont le produit de trois grandes agences dans le monde et 20% est produit par le reste du monde», lâche froidement ce consultant avant d’asséner: «Seul 1% de l’information produite par le Monde arabe parvient à l’Occident». Terrible réalité qui amène à remettre en cause la signification même du mot «diversité» qui nous a été imposé plus que proposé dans cet océan médiatique. «On assiste à un glissement de l’information vers le divertissement et l’utilisation des médias comme moyen de rente et gisement d’une fortune» a noté le même consultant. «Toute société a le droit d’être représentée dans les médias», note Belkacem Mostéfaoui, professeur à l’Ecole supérieure de journalisme à Alger. «Les responsables politiques ont raté l’occasion de construire un service public de l’audiovisuel», ajoute, révolté, M.Mostéfaoui. Tout aussi révolté, Djaffar Ouchelouche, haut fonctionnaire au Haut commissariat à l’amazighité, a regretté que les pouvoirs publics n’aient pas donné écho aux doléances du HCA. «La presse est-elle capable de donner écho à toutes les voix marginales en l’absence d’une société civile organisée?» s’est interrogé, pour sa part, Abdelhamid Rehioui, avocat, membre du conseil national de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme. Un débat et des questionnements. Le NDI a semé la graine.

lexpressiondz.com


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