DzActiviste.info Publié le lun 28 Jan 2013

Les menaces que fait peser la crise malienne sur l’armée algérienne et sur le territoire algérien

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Ahmed Amokrane 25/01/2013
In Le Quotidien d’Algérie

CasquettesPrévenir c’est guérir. Une Algérie démocratique dirigée par des institutions élues par le peuple dans le cadre d’un système respectueux de la séparation des pouvoirs. Une Algérie où l’armée devient une institution comme toutes les institutions nationales, au service de la nation et sous le contrôle d’un pouvoir politique exprimant la souveraineté du peuple dans le cadre du respect des lois de la république. Une Algérie symbolisant un Etat de droit, aurait pu éviter la crise malienne en anticipant pour assurer la sécurité du territoire national.

Force est de constater qu’à défaut d’un système démocratique en Algérie, l’incompétence s’est généralisée dans un système où les seuls critères de promotion sont la violence, la ruse et la prédation.

Sinon, comment expliquer la légèreté des services algériens qui croyaient résoudre le problème du Djihadisme islamique en se contentant de repousser les groupes armés de l’autre côté de nos frontières tout en infiltrant certains ou on en créant d’autres ?

A côté de cette erreur de vision, s’est rajoutée la crise d’ambition qui caractérise le pouvoir algérien depuis 1962. En effet, malgré nos capacités humaines et énergétiques et après avoir voulu imiter sous couvert de considérations idéologiques et culturelles, durant les années 60 et 70 ,des pays en difficulté tels que l’Egypte et Cuba, nous voilà depuis 1992 avec comme seule ambition de devenir le gendarme de la région, chargé de protéger les frontières sud de l’Europe de l’Ouest !

Ce projet sécuritaire nous coûte des milliards de dollars tous les ans et se fait aux dépens de la croissance. Malgré tout ce que fait le régime algérien pour masquer son incompétence, le pays vit une véritable menace qui risque de toucher l’existence même de l’Algérie .

D’un côté, bien que discrets mais présents, les américains en accordant leur aval à une intervention militaire française dans la région, pensent rentabiliser les armées franco-américaines pour parer aux crises financières et économiques qui secouent les deux pays .
De l’autre côté, le comportement de l’armée algérienne en sa qualité de la plus grande armée de la région, conditionnera la réussite ou pas de cette expédition française autorisée et soutenue par le grand patron américain.

En effet, nous sommes devant deux types d’armées. Une républicaine, au service du peuple à travers ses élus. Défendant les intérêts vitaux de pays en difficultés financières et économiques.

En face, l’armée algérienne qui est le véritable décideur du pays, est instrumentalisée par une poignée de généraux dont le seul souci est de garder leurs privilèges en se maintenant à tout prix au pouvoir.

Héritière de l’armée de libération nationale, notre armée fut secouée dès 1957 par une crise qui a coûté la vie à Abane Ramdane . Ayant soulevé lors du congrès de la Soummam en 1956 la question de la primauté du politique par rapport au militaire, Abane Ramdane fut froidement assassiné par ses compagnons. Cet acte commis dans les suites du congrès de la Soummam, représente l’évènement fondateur de la crise algérienne qui s’étend jusqu’à nos jours .

Souffrant depuis 1957 d’une crise de représentativité, le régime algérien dominé par l’armée, continue sa fuite en avant marginalisant ainsi de nombreuses générations de compétences civiles.

C’est ainsi que conscients de l’isolement des décideurs algériens par rapport à leur peuple, les français et les américains exploitent l’autoritarisme du pouvoir algérien pour le pousser à plus de concessions. En effet, plus les décideurs algériens présentent de concessions aux puissances, plus ils sont discrédités et isolés par rapport à leur peuple et plus ils deviennent une proie facile devant « leurs alliés américains et français».

A moyen terme, américains et français finiront par opter pour une guerre par procuration dans la région. En effet, les concessions que feront les décideurs algériens pour satisfaire leurs « amis occidentaux», finiront par secouer l’armée algérienne qui risque de se scinder en deux ou plusieurs armées. Les occidentaux soutiendraient celle qui s’emparera de l’Algérie utile, l’Algérie dont le sous-sol est riche en gaz, pétrole, uranium et autres minerais. Le nord, peuplé et sans ressources sera livré à l’instabilité et à l’anarchie .

L’échec de la révolution algérienne, n’est pas le premier du genre . D’autres nations,ont connu pire que notre désenchantement .

Déclenchée en 1789 et ayant aboli la monarchie en 1792, la révolution française ne s’est vraiment stabilisée qu’à partir de la troisième république en 1870 . En quatre-vingt ans, le flottement fut de règle. Un roi assassiné, un autre chassé, deux coups d’Etat militaires commis par les deux Napoléons(1799 et 1852),des centaines de milliers de morts, furent le butin payé par les français pour accéder à la liberté et à la stabilité .

Chez nous, il est temps de refermer la parenthèse de la guerre de libération . La deuxième république devient une nécessité vitale . De notre capacité de nous organiser pour assurer une passation de pouvoir de façon pacifique, dépendra l’avenir de notre pays . Jamais dans notre histoire, ni au temps de Massinissa malgré la menace romaine, ni du temps de la guerre de libération, le pays ne s’est retrouvé devant une telle menace de division et d’occupations étrangères .

Une conférence nationale est à organiser le plutôt possible . Elle se tiendra entre algériens sincères civils et militaires . Elle appellera à une deuxième république avec un changement radical et pacifique du régime politique .


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