DzActiviste.info Publié le lun 7 Mai 2012

les partis ignorent les missions de l’APN !

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Les candidats aux législatives multiplient les promesses farfelues

A trois jours des élections législatives, la campagne électorale aura été celle des promesses irréalistes et farfelues.

Mettant de côté l’objectif de ce scrutin destiné à élire une nouvelle Assemblée populaire nationale et oubliant jusqu’aux missions de cette institution, les partis et leurs représentants s’en sont allés à promettre monts et merveilles à des citoyens incrédules. Comme si c’était des prérogatives d’un député de relever le niveau du SNMG, d’améliorer le pouvoir d’achat ou de distribuer des logements.
A défaut de programmes économiques clairs, les partis ont multiplié les engagements à «tenir», s’ils étaient élus, certains d’entre eux, convaincus d’obtenir la majorité lors des élections. Institution d’une allocation chômage, octroi de crédits à taux 0, augmentation du SNMG, pension de 18 000 DA pour les femmes au foyer, distribution de la rente pétrolière, autosuffisance alimentaire… sont autant d’exemples illustrant jusqu’où les partis politiques sont prêts à s’aventurer pour s’attirer les faveurs des futurs électeurs.

Noureddine Bahbouh, président de l’Union des forces démocratiques et sociales, estime que ces «promesses farfelues ne tiennent pas la route et sortent du cadre de ces élections et des missions de l’APN, à savoir «légiférer, faire des propositions, mettre en place des commissions d’enquête… On se demande si les gens ignorent le rôle de l’APN».

Hamlaoui Akouchi, représentant de l’Alliance pour l’Algérie verte (AAV), qui a notamment promis une amnistie fiscale «à condition que les personnes concernées mettent 2,5 % de leur capital dans le Fonds national de la zakat», affirme que les promesses seront tenues «si nous disposions de la majorité et du pouvoir exécutif». Dans ce cas, nous aurions la possibilité «de réviser la constitution et d’orienter les choix économiques dans une direction autre que celle qui est la sienne actuellement».

Belkacem Sahli, président du parti de l’Alliance nationale républicaine (ANR), explique la multiplication des promesses irréalistes par la nature même de la constitution des nouveaux partis. «La plupart d’entre eux ne sont pas le fruit d’une idéologie politique. Ils sont constitués autour d’une seule personnalité, issue parfois de divergences au sein d’autres formations politiques». Pour qu’un parti soit en mesure de proposer un programme économique viable et faire des propositions concrètes, il faudrait qu’il ait eu la possibilité de «murir ce programme en son sein. A défaut, nous assistons à des discours électoraux truffés de promesses mensongères» et au bout «une abstention, car les gens ont perdu confiance». En tout état de cause, «la nature du cadre électoral ne permet pas à un parti d’avoir la majorité, on aura donc une assemblée mosaïque et il faudra faire des concessions», pense-t-il.

L’alliance s’en lave les mains

Si les nouveaux partis préfèrent s’inspirer du programme présidentiel, les anciens, FLN, RND, MSP, dont l’alliance a pourtant monopolisé le pouvoir exécutif depuis près de dix ans, préfèrent se démarquer de ce qu’ont été les ratages de la politique du gouvernement jusque-là, tout en retirant les dividendes des quelques rares réalisations à retenir.

«Il est étonnant que même les partis qui ont géré les affaires du pays parlent des problèmes des citoyens et prétendent qu’ils vont les régler, ignorant qu’ils ont déjà géré», relève M. Bahbouh.

Ainsi, le chef du MSP, Bouguerra Soltani, fraîchement extirpé de l’Alliance présidentielle et dont certains ministres occupent encore des postes au sein du gouvernement, a dernièrement fustigé «l’absence d’une politique économique claire et à long terme». Son ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, n’a pourtant pas hésité à utiliser le projet d’autoroute Est-Ouest sur ses affiches de campagne pour s’en attribuer le mérite.

Le FLN, quant à lui, promet par la voix de son secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem, «la répartition équitable» de la richesse nationale et la diminution du recours à la rente pétrolière, ce qui n’a pas été fait jusque-là, alors même que ce parti est aux commandes des affaires du pays depuis l’indépendance.

Quant au RND, son secrétaire général et néanmoins Premier ministre, Ahmed Ouyahia, prône «la continuité» dans l’action à travers la consolidation des mesures économiques mises en place. Il fait ainsi de son cheval de bataille la lutte contre l’informel et les importations, deux phénomènes dont l’ampleur n’a jamais été aussi phénoménale qu’au cours de ces dernières années, de quoi se demander pourquoi le gouvernement n’a pas pris ces problèmes à bras-le-corps jusque-là et qu’il en fasse la promesse à l’occasion de ces législatives. M. Ouyahia a néanmoins reconnu devant le Forum des chefs d’entreprises que le laxisme du gouvernement devant la propagation de l’informel obéissait à un souci de maintenir la stabilité du pays…

Safia Berkouk
le 07.05.12 | El Watan


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