DzActiviste.info Publié le lun 26 Nov 2012

Les partis ratent la compagne électorale.

Partager

Said Radjef

Faisant preuve d’un manque flagrant d’imagination et de spontanéité politiques, les partis terminent la compagne électorale pour le double scrutin du 29 novembre prochain, sans avoir pu mobiliser les grandes foules. Tel est l’enseignement majeur de cette fin de compagne électorale.

Une large majorité de citoyens juge que la campagne électorale n’est pas intéressante. En Kabylie, trois jeunes-bacheliers- sur cinq, en effet, considèrent que la campagne pour les élections locales n’est pas intéressante, alors plus de 50 % da la population dont l’âge varie entre 40 et 50 ans, la trouvent inutile. Chez la gente féminine, l’avis est presque identique. Dans les zones rurales à grande densité, une femme sur deux estime que « ces élections ne la concernent pas ». Cette déception est majoritaire dans tous les électorats, y compris chez les partis FFS, RCD et FLN qui ont un véritable ancrage dans la région.

Un discours inadéquat qui ignore les difficultés et les attentes quotidiennes. Si la compagne s’est déroulée loin des affrontements incessants entre le FFS qui fait valoir le droit d’ainesse et le RCD qui ambitionne depuis sa création de se tailler une place de choix au Djurdjura, il n’en reste pas moins que la majorité écrasante des personnes interrogées estime que l’on « ne parle pas assez » de leurs préoccupations quotidiennes. Le discours de réhabiliter le politique et de mettre du mouvement dans le statu quo », n’a pas enthousiasmé et séduit les foules kabyles. Une nette majorité de personnes approchées estime que l’on « ne peut pas parler de politique dans une région qui manque de tout et qui souffre de la crise de logement, du chômage, de l’insécurité, de la justice défaillante et de l’école sans infrastructures. » En tous les cas, ce discours semble depasser les capacites intellectuelles des candidats dont la majorité ignore tout de la doctrine des partis auxquels elle se dit appartenir. Associé à la sauce populiste, le « slogan mettre mettre du mouvement dans le statu quo » a perdu toute sa saveur.

D’autres en revanche considèrent que l' »on parle trop du printemps arabe et de la crise internationale ». Cela ne signifie pas forcement que les algériens veulent ignorer ce qui se passe autour d’eux. Ils sont en effet trois sur cinq à considérer que l' »on a raison de vouloir parler des menaces qui guettent le pays et de rappeler les enjeux du moment. Mais, il y a les urgences qui dominent la vie de tous les jours et qui peuvent décider de l’issue du scrutin du 29 novembre. On ne doit pas les ignorer. » L’un n’exclut pas l’autre, disent-ils.

Les crises internes qui secouent certains partis politiques ainsi que la profusion de formations en lice pour le scrutin du 29, alimentent sur un autre registre les raisons de cette forte déception à l’égard du débat électoral. Mais ce ne sont là que des signes d’hésitation de la part des populations locale. Cela ne signifie pas qu’ils sont annonciateurs d’une autre poussée d’abstention similaire à celle qui a marqué les élections du 10 mai dernier.

L’autre enseignement a retenir de cette compagne et qui aura frappé tous les esprits, ici au Djurdjura, c’est au moment ou les partis donnent des signes de flottement et d’incohérences dans leurs discours que les populations locales ont pris conscience des enjeux politiques du scrutin du 29 novembre prochain. Mais ne dit –on pas que l’Algérie est le pays de tous les paradoxes ?!


Nombre de lectures: 924 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>