DzActiviste.info Publié le mer 11 Sep 2013

Les rêves de l’Algérie et l’Algérie des rêves.

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Saïdani RaisMohamed J.

 

Je ne suis rien, mon pays est tout, semblent dire les hommes politiques ailleurs, là où il y a de la civilisation et des ressources morales. C’est ce que disaient aussi nos martyrs durant la révolution.

C’est par leurs actions que les grands hommes se distinguent et non par les combines qui leur font occuper des postes de rêve. Car sitôt que le rêve cesse, la réalité revient à la perception et sans actions tangibles, elle trouve le vide sidéral. C’est triste de voir un pays subir cela.

C’est que les grands hommes ont des rêves pour leurs pays qui les grandissent et les mettent dans une dimension d’honneur dont l’histoire attestera.

Quand les politiciens ailleurs, réfléchissent à leur pays, c’est dans une perspective d’avenir,  c’est dans un siècle, deux, voire plus et ce qu’il sera d’après les stratégies qu’ils trouvent en place et qu’ils s’accordent tous à réaliser en y mettant leur touche, quel que soit leur bord politique. Une stratégie de ce type n’est pas faite de manière partisane ou à visée réduite. C’est pour ça que la politique n’influe que sur la manière d’appliquer ces stratégies et qu’elle vise rarement à les enrichir, jamais de les modifier, en aucun cas. Elles ne changent pas, de même que les constitutions. Cela donne de la stabilité. Bien plus, c’est cela la stabilité.

Chez nous la politique semble avoir perdu ses lettres de noblesse et ses règles morales et deviendrait au regard du citoyen un jeu pervers auquel ne s’adonnent que les affairistes de peu de scrupules. C’est le réel dans toute sa laideur. Elle a perdu tout crédit et sans crédit social pour les agents politiques, leurs projets ne sont que vide d’autant que d’autres tares gravitent autour de leurs actes.

Les politiciens dans nos pays ne cherchent qu’à conquérir un fauteuil pour se vautrer dedans puis semblent se défier de tous en montant qu’ils tiennent à ce fauteuil plus qu’à leur pays et à ses concitoyens. N’approchez pas, semblent-ils dire ou le disent-ils même parfois.

En s’agrippant de toutes leurs forces, ce qu’on a coutume d’appeler les dirigeants dans nos pays échafaudent des plans, des stratégies terre à terre qui servent leurs propres intérêts égoïstes et sans lendemain, mais en fait ils ne dirigent rien du tout, ne sont responsables de rien du tout.

Diriger, c’est être responsable, les deux aspects sont liés et pour ce faire il faut oser affirmer ses convictions, les défendre, accepter la défaite politique et la subir mais aussi payer ses erreurs sur tous les plans, politiques, juridiques, moraux, etc…mais lorsqu’il réussit, c’est la gloire pour le politicien et la réussite pour le pays.

Aucun travail n’est sans risque, toutes les actions que l’homme entreprend induisent un risque, d’où sa responsabilité. Chez nous on veut que tout soit sans risque quel que soit le travail entrepris y compris dans le domaine dit politique.

Il n’y a pas ainsi, de défaite politique chez nous, des accords occultes règlent tout dès le départ et les choses sont précisées de façon à ce que l’exercice ne soit surtout pas celui de la responsabilité et aucune responsabilité n’existe qui entraîne des conséquences.

Au lieu de créer autour d’eux une aire de confiance, de fraternité que ne peut fournir que la justice et la liberté pour tous et l’acception de l’idée que ce fauteuil est destiné à servir et non pas à se servir et qu’il est en constant changement d’où en arabe le terme d’État, (tadaoul =>daoula) ils ne font que dilapider leurs ressources et celles des pays qu’ils dirigent vers le gouffre en ramenant tout un pays à leur mesure d’individus, ce qui remet en cause la pérennité de ce pays.

Aucun pays n’est à la mesure d’un homme ou de plusieurs. Un pays appartient à un peuple. Un  peuple englobe tous les morts et tous les vivants et est une arche qui abrite leurs réalisations à tous, d’où l’importance de l’histoire, de son écriture, de sa diffusion sans censure, de son enseignement. La marginalisation chez nous de cette histoire qui risque de placer le pays au-dessus des individus n’est-elle pas un signe ?

 

Dans nos pays les dirigeants se font sponsoriser  par des appuis internes et étrangers qui ne demandent qu’à les aider à se mettre en vrille, pour pouvoir demeurer au poste en tombant de haut, quel qu’en soit le prix pour le pays. Quel gâchis ! Imbus de la volonté de garder le pouvoir, ils se font piéger et laissent la domination de leurs peuples se faire par leur biais, mais c’est aussi parce que c’est  le prix que ces peuples leur accordent, même si la logique de cette acceptation est saugrenue.

Il s’avère depuis la maladie du chef de l’état, chez nous, que ceux qui disaient que nous n’avons pas de constitution semblent être dans le vrai. La preuve est faite et un malade grave est à la tête du pays sans que cela n’inquiète personne et sans qu’il y ait appel à appliquer la constitution. Son mandat durera jusqu’au terme de son échéance. Un homme reste, un pays passe, devrions nous comprendre. Mais il faut se souvenir qu’il n’a aucune responsabilité, ni aucune liberté d’action mais surtout, que chez nous, un individu peut être placé au-dessus du pays.

Mais l’âpre lutte pour le futur occupant de la chaise a commencé depuis longtemps et ses effets sont déjà sensibles. On sent la tension qui s’amplifie et les craintes qui se réveillent. Allah yestor. Le Doua3ae c’est bon, mais l’action est son corollaire obligatoire et nous ne faisons rien pour changer. Réellement. « Qui veut peut ! » dit un proverbe

Jusqu’à quand nos pays n’appartiendront pas à leurs peuples et resteront en otage aux mains de leurs tuteurs ?


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