DzActiviste.info Publié le dim 16 Juin 2013

Les sociétés de catering humilient les grévistes Ces patrons qui défient Sellal

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Grève de mille employés du catering à Hassi R’mel
Les salaires dépendront de la pomme de terre !
 Après dix-sept jours de grève de la faim sous un soleil de plomb, plus de mille travailleurs de trois entreprises privées de Catering à Hassi R’mel ont essuyé un refus catégorique quant à leurs revendications salariales. Plus grave encore, les patrons ont exclu toute prise en charge des onze points que compte leur plate-forme de revendications, y compris celle relative à l’instruction du Premier ministre !

Le conflit opposant les travailleurs et les directions de trois sociétés de catering (Ciepta, Bayat et Saha) persiste toujours au complexe pétrolier de Sonatrach à Hassi R’mel. Dans la soirée de mercredi, les trois patrons des sociétés de catering ont convié les représentants des grévistes de la faim à une réunion, en présence de l’inspecteur de la wilaya et du représentant du wali de Ouargla. Selon Fouad Djida, le représentant des travailleurs, la réunion n’aura servi à rien. Pis encore, les employeurs ont affiché, devant les représentants des pouvoirs publics, un mépris sans égal à l’encontre des travailleurs grévistes en refusant toute hausse des salaires. «Nous avons tenu une réunion avec les patrons de trois sociétés de catering, mais ces derniers ne veulent plus entendre parler des augmentations de salaires. Ils nous ont clairement fait comprendre que nous n’aurons aucun centime de plus et qu’il ne fallait rien attendre d’eux », a indiqué Fouad Djida. Joint hier par téléphone, le représentant des travailleurs a déclaré à Algérie News que le sort de plus d’un millier de travailleurs est désormais lié au prix de la pomme de terre.
«Demandez à vos camarades de rejoindre au plus vite leurs postes de travail et dans un mois on verra. Si les prix de la pomme de terre baissent, vous aurez des augmentations», voilà la réponse des patrons, nous a indiqué le représentant des grévistes de la faim. Selon lui, le sort des travailleurs est directement lié au prix de la pomme de terre, ce qui est grave ! Selon notre interlocuteur, «les trois patrons de sociétés ont même refusé aux journalistes présents sur place d’assister à la réunion». La grève de la faim continue donc, affirme Fouad Djida qui révèle que puisque la plateforme de revendications des travailleurs bute sur l’intransigeance des responsables des trois sociétés de catering, bien que les grévistes aient retiré de leur plate-forme de revendications le point relatif à la hausse de 80% du salaire de base, ordonnée dernièrement par le Premier ministre aux entreprises sous-traitantes du groupe Sonatrach. Le représentant des grévistes de la faim dira que les négociations, lors de cette réunion, ont été axées sur les primes de rendement individuel et collectif (PRI et PRC), celles du transport ou encore de la femme au foyer.
« Nous avons décidé de retirer ce point de la plate-forme de revendications. Du côté des patrons, on nous a fait comprendre que cette hausse de 80% ne les concernait pas. L’un d’eux a même osé nous dire : Allez chez Sellal ou Sonatrach, ce sont eux et pas nous qui devront vous augmenter. Malgré cela, les patrons s’entêtent toujours, au moment où des milliers de travailleurs sont dans un état lamentable.» Fouad Djida a révélé encore que les grévistes de la faim n’ont pas encore perçu leur salaire du mois de mai contrairement aux travailleurs qui étaient en congé ou en récupération. «Une autre façon de faire pression sur nous mais nous n’abdiquerons pas», martèle notre interlocuteur. Il ajoute que le fait d’avoir ramené d’autres employés d’In Amenas notamment «triés sur le volet», après le refus de ceux dépêchés de Hassi Messaoud, est «illégal». «Ils nous accusent de n’avoir pas assuré le service minimum alors que dans l’hôtellerie, ce n’est pas exigé», affirme Djida.Il y a lieu de rappeler que les grévistes de la faim ont remporté une victoire judiciaire lundi dernier. La justice a, en effet, rejeté les accusations de grève illégale portées contre les 1 161 travailleurs de la base de vie de Sonatrach qui réclament une amélioration réelle de leurs conditions de vie.

Mohammed Zerrouki Algérie News


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