DzActiviste.info Publié le lun 27 Mai 2013

Les travailleurs du préemploi empêchés de se rassembler à Alger

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Ils réclament une intégration dans des postes permanents

in El Wtan 27/05/2013

Photo Archives

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«Des responsables des directions de l’emploi de plusieurs wilayas ont menacé les travailleurs de radiation s’ils participaient à des mouvements
de protestation», affirme un représentant du comité du préemploi, affilié au Snapap.

Le collectif national des travailleurs du préemploi, sous l’égide du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap), a tenté, hier, d’organiser un sit-in devant le siège du Premier ministère. Peine perdue, la police a empêché les protestataires d’organiser leur mouvement et les a sommés de quitter les lieux. C’est finalement devant le siège de la maison de la presse Tahar Djaout qu’une trentaine de protestataires ont pu exprimer leurs revendications relatives à leur intégration dans des postes permanents. Plusieurs slogans dénonçant la politique de l’emploi ont été lancés. «Cela fait quatre ans que je travaille dans un des services de l’APC de Bourouba (Alger). Faute de postes, j’ai été, avec mes collègues, se trouvant dans la même situation de précarité, transféré vers le secteur de l’éducation.

Nous sommes mis à la disposition des chefs d’établissement, où nous n’avons pas de statut précis, et sommes en situation d’attente continue», se plaint une jeune licenciée en droit, venue participer à ce sit-in. «Nous refusons d’être les sacrifiés de la politique de la paix sociale», crient les protestataires qui réclament une vraie solution «à la précarité généralisée dans laquelle nous sommes embourbés depuis des années».

Venus de plusieurs wilayas, les délégués du comité des travailleurs du préemploi déclarent que les protestataires dénoncent aussi les retards accusés, dans l’attribution des salaires dépassant quatre mois. Selon Zabchi Khaled, vice-président du comité précité, «200 délégués ont été arrêtés par les services de la police alors qu’ils tentaient d’organiser le rassemblement devant le Premier ministère». Le comité dénonce une campagne d’intimidations contre les protestataires.

Des responsables des directions de l’emploi de plusieurs wilayas «ne se sont pas gênés pour menacer les travailleurs de radiation s’ils participent à des mouvements de protestation».Selon le même délégué, le comité «se réserve le droit de saisir les instances juridiques et le Bureau international du travail quant aux dépassements des responsables locaux et à la campagne de répression sauvage dont font l’objet les protestataires». Il faut savoir que le salaire des jeunes recrutés dans le cadre du préemploi et du filet social, mis en place dans le cadre de la lutte contre le chômage depuis plus de dix ans est de 5000 à 15 000 DA pour ceux recrutés dans la Fonction publique. «Nous sommes détenteurs de diplômes universitaires, mais nous n’avons jamais été pris en priorité lors des recrutements.

Bref, nous faisons le même travail que nos collègues, nous avons les mêmes tâches et devoirs, mais nous n’avons aucune protection. Nous avons toujours attendu une réintégration comme promis par les pouvoirs publics, mais, rien n’augure que le ministère du Travail compte se pencher sur nos préoccupations», désespère un fonctionnaire travaillant dans une université à l’ouest du pays.
Les revendications de ce comité ont trait à la suspension de tout recrutement jusqu’à l’intégration de tous les effectifs du préemploi et du filet social dans des postes permanents.
Le comité réclame aussi à ce que les années d’expérience soient prises en compte aux concours de recrutement dans la Fonction publique. 

Le bureau algérois de la LADDH dénonce les interpellations :

Plus d’une cinquantaine de syndicalistes, adhérents du Comité national des contractuels du préemploi et du filet social, affilié au Snapap, ont été interpellés, hier, suite à un sit-in organisé devant le Palais du gouvernement, dénonce la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) dans un communiqué rendu public par le bureau d’Alger.

Celui-ci rappelle «aux autorités que l’ordonnance n° 01-11 du 23 février 2011 stipule la levée de l’état d’urgence et abroge le décret législatif n°93-02 du 6 février 1993 portant prorogation de la durée de l’état d’urgence instauré par le décret présidentiel n°92-44 du 9 février 1992».

«De ce fait, souligne l’ONG, le droit de rassemblement, d’expression individuelle et collective sont consacrés par la Constitution, notamment dans l’article 32 qui stipule que les libertés fondamentales et les droits de l’homme et du citoyen sont garantis.» En outre, précise la LADDH, «l’article 35 indique que les infractions commises à l’encontre des droits et libertés, ainsi que les atteintes physiques ou morales à l’intégrité de l’être humain, sont réprimées par la loi».

Après le rappel de ces dispositions, la LADDH indique que «vu les interpellations enregistrées, nous dénonçons toutes les atteintes aux droits des citoyens et des activistes de la société civile qui luttent pacifiquement pour défendre leurs droits». «Nous appelons les autorités à s’en tenir au respect des lois de la République et des conventions internationales.

Nous demandons également la prise en charge des préoccupations des citoyens de manière sérieuse et efficace, sans instrumentaliser les services de sécurité et la justice qui empêchent les mouvements pacifiques d’activer, alors que leurs revendications sont légitimes», peut-on lire. B. M.

Fatima Arab


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