DzActiviste.info Publié le sam 8 Nov 2014

L’étouffement de la société civile en Algérie

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map_of_algeriapar M Salah Debouz

Non seulement la situation des droits de l’homme en Algérie en 2014 n’est pas meilleure que celle de 2013 et des années précédentes, mais elle s’est dégradée, en particulier en matière de libertés.

Si le pouvoir a procédé à «une levée formelle » de l’état d’urgence sous la pression des rassemblements organisés tous les samedis au début de l’année 2011, les forces de l’ordre ont recours aux mêmes pratiques de répression de la contestation pacifique. Cela démontre que changer ou abroger la loi n’a par ailleurs aucune incidence sur le mode de gestion autoritaire du pouvoir en place. Nous avons enregistré, des années de 2010 à nos jours (c’est-à-dire le 13/04/2014), des rassemblements de protestation chaque semaine, voire quotidiennement, au sein de l’ensemble des couches de la société (chômeurs, médecins, professeurs d’universités, avocats, étudiants, gardes communaux, etc.). Ces rassemblements pacifiques ont été dispersés par les forces de l’ordre en usant de violence et en conduisant bien souvent à des arrestations et poursuites judiciaires pour attroupement, bien que la procédure prévue par la loi (c’est-à-dire l’intervention des forces de sécurité sous contrôle du préfet) requière l’existence d’un risque de trouble à l’ordre public.

Dans cet environnement d’étouffement de toute expression pacifique de la société civile, les défenseurs des droits de l’homme subissent des traitements violents car ils présentent un double danger pour les autorités, celui d’encadrer les contestataires mais également celui de faire entendre leur contestation hors des frontières du pays. A ce titre, des militants comme Abdelkader Kherba, Yacine Zaid, Fekhar Kamel Eddine, et bien d’autres ont été arrêtés, emprisonnés et condamnés à des peines de prison ferme ou avec sursis. Au cours de la campagne électorale, nous avons relevé plusieurs actes qui témoignent de la permanence du caractère autoritaire du pouvoir algérien, et nous citerons à titre d’exemple : – Restrictions sur toutes les personnes qui appellent au boycott des élections en matière de libertés d’opinion et d’expression, en particulier pour expliquer les raisons de leur choix. – Restrictions sur les mouvements sociaux, en matière de libre expression sur les élections en dehors du contrôle des représentants du régime politique.

Le même traitement a été relevé à l’égard des observateurs de ces contestations (nous citerons à cet effet l’arrestation le 1er mars à Alger de plusieurs journalistes et activistes dont le président de notre organisation Me Salah DABOUZ et le militant Yacine ZAID). – La non délivrance de visas aux journalistes étrangers qui n’ont pas pu couvrir la situation de la société civile et de la classe politique, en particulier de ceux qui ne sont pas d’accord avec la manière dont ces élections sont organisées.

C’est d’ailleurs pour toutes ces raisons que la LADDH, en partenariat avec le syndicat SNAPAP, a organisé une journée d’étude afin d’appeler les pouvoirs publics à changer le mode d’organisation du corps de la police, et de passer du modèle militaire actuel -avec à sa tête un général- à un modèle civil comprenant la possibilité pour les fonctionnaires de ce corps de s’organiser en syndicats et d’exprimer leur avis sur l’exécution des directives et ordres anticonstitutionnels. Nous lançons un appel à toutes les forces qui ont exprimé leurs vœux afin d’aller vers un changement du système politique, vers un système plus démocratique, à se réunir afin de s’entendre sur un minimum de revendications communes en faveur du changement.

Cet article sur la situation actuelle des droits humains en Algérie a été écrit par M Salah Debouz, président de LADDH, la Ligue Algérienne pour la défense des droits humains.

– See more at: http://www.frontlinedefenders.org/fr/node/25710#.VF4LrEQj0Mc.facebook


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