DzActiviste.info Publié le mar 3 Sep 2013

Lettre du Président Hollande aux Syriens.

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Chers frères humains, 

Cette lettre n’est pas pour vous, Syriens de la minorité consanguine, au ventre rebondi, qui vous sustentez du sang de vos malheureux compatriotes, des décennies durant, et qui voudriez continuer ainsi, jusqu’à la fin des temps.

 

Elle n’est pas pour vous non plus, Syriens nantis, aux ongles roses et nacrés, qui avez un pied à Beyrouth et l’autre à Paris, et qui ne vous posez que sur les étrons damascènes dont vous vous nourrissez, que vous abandonne le régime honni autour duquel vous vrombissez, comme autant de mouches à merde.

 

Ni à vous, Syriens illuminés, qui avez détourné le cours impétueux de la saine colère de votre peuple, pour  en faire une guerre de religion, vous qui êtes devenus les meilleurs et les plus efficaces propagandistes du régime, vous qui lui avez permis de jouer le rôle comique, s’il n’était tragique, de guerrier de lumière,  contre l’obscurantisme et la barbarie, vous qui égorgez les enfants, qui mangez les cœurs des cadavres, et qui diffusez les films de vos atrocités, pour faire oublier celles de votre grand allié, que vous dites combattre, et dont vous êtes les meilleurs soldats, meilleurs que les pires de ses chabbihas les plus sanguinaires.

 

Cette lettre est pour vous, Syriens qui subissez le déluge de fer et de feu, qui êtes déchiquetés, hachés menu, dont les chairs sont éparpillés, livrées aux mouches bleues, qui êtes habités de peur , de faim et de froid, dont les foyers ont été rasés, ravagés, réduits en farine poudreuse.

Elle est pour vous, Syriens dont les enfants sont morts sous vos yeux, sans que vous puissiez leur porter secours, vous qui avez été dispersés aux quatre vents, séparés de vos familles, jetés sur les routes de l’exil, dont les filletes sont livrées à la concupiscence globuleuse des potentats du Golfe,  vous dont les frères se battent presqu’à mains nues, contre les tanks et les avions, sur lesquels on vaporise des produits qui exterminent les insectes nuisibles.

 

Cette lettre est pour vous, Syriens qui vous accrochez à l’espoir d’une vie meilleure, où ne régneront plus les tyrans cruels, qui rêvez d’une vie dont les aurores roses se lèvent sur des plaines généreuses, où les épis blonds ploient sous le soleil ami, d’une vie joyeuse et douce, peuplée de matins clairs, et de chants d’enfants.

 

Elle est pour vous, frères humains, comme vous appellerait  l’autre François, celui qui porte le nom de Villon, et qui pour vous a égrené la ballade des pendus. Elle est pour vous, cette lettre qui accompagnera nos bombes, pour vous dire que j’aurais tant aimé vous apporter toute l’aide que vous espérez, que vous méritez, pour vous débarrasser de vos redoutables ennemis, mais aussi  de ces faux amis qui vous enfoncent encore plus que le pire de vos ennemis, dont l’aide, factice, sournoise et chafouine ne sert qu’à vous compromettre, qui vous désigne au couteau du boucher, comme ces croix que l’on trace sur la toison des moutons sacrificiels.

 

J’aurais tant voulu user de cette formidable puissance de la France, non pas pour protéger Israël de la menace chimique, ni pour sauvegarder les intérêts stratégiques des maitres du monde dans la région, mais pour vous aider à vous libérer, à vous affranchir de vos oppresseurs,  à devenir des hommes et des femmes libres, vous frères humains qui geignez sous le joug de l’ignoble servitude.

 

J’ai voulu vous faire cette lettre, qui sera larguée sur vous, pour vous demander pardon, pardon de vous avoir menti, de vous avoir laissé croire que nos paroles sont sincères, que c’est vous que nous voulons vraiment libérer.

Non, frères humains, ne croyez pas en nos paroles menteuses ! Apprenez donc à écouter, à décortiquer le sens des mots, qui est au cœur des mots, enrobé de miel trompeur.

 

Notre intervention dans votre malheureux pays, si elle se produit, si elle est autorisée, par les vrais maîtres du monde, ceux dont vous n’avez même pas connaissance, et qui sont pourtant les maîtres de vos maîtres, et même les nôtres, notre intervention n’aura pas d’autre souci que d’envoyer une lettre forte, qui sera livrée par Syriens interposés, par vous, à  ceux qui vous broient, pour qu’ils ne franchissent pas la ligne rouge qui leur a été imposée, à ne plus représenter la moindre menace pour les populations israéliennes.

 

Ces armes chimiques dont nous interdisons l’usage, et qui ne vous tuent pas plus que ne le font les bombes et le feu qui vous ravagent incessamment, depuis si longtemps, jour après nuit, et nuit après jour, ne sont une menace que pour vos voisins sionistes, dont la vie et le confort sont autrement plus important que les vôtres, malheureux et insignifiants frères humains qui croyez que vous avez pour nous la plus petite importance.

 

Israël ne craint pas votre bourreau. Il dispose de moyens qui pourraient vitrifier votre pays, et toute la région de la carte, en l’espace de quelques minutes. Mais nous ne voulons pas arriver à de telles extrémités. Votre région est d’une importance vitale pour l’occident, pour les équilibres des forces planétaires.

 

C’est pour cela que je voulais vous avouer que ce ne sont pas vos souffrances, ni même votre avenir, ni vos enfants, ni la cruauté qui vous tient dans ses serres d’acier qui nous feront agir, mais des préoccupations où vous n’avez pas la plus infime place.

 

Même si elle finira par être autorisée, après avoir été méthodiquement examinée, par qui de droit, notre intervention sera pesée au trébuchet. Il ne sera en aucun cas question d’affaiblir votre despote, parce que nous ne voulons pas que ces satanés islamistes prennent le dessus. Nous ne le voulons plus. L’expérience que nous avons tentée en Tunisie et en Egypte n’a pas comblé les attentes de nos maitres, qui sont les vôtres aussi. Il a donc été décidé, non seulement de ne plus laisser passer les islamistes, mais même de débarquer ceux qui ont été autorisés à passer, comme en Egypte et en Tunisie.

 

Pas question donc, d’éliminer Assad. Nous examinons, avec les autres grands acteurs, la Chine et la Russie, les possibilités de régler le problème, au mieux des intérêts bien compris de tous ceux qui comptent, exceptés  vous-mêmes, qui ne comptez pas, et dont il n’est jamais tenu compte, dans tout ce que nous entreprenons, et dans tout ce que nous calculons.

 

C’est pour cela que je vous fais cette lettre, Syriens qui espérez tant de cette intervention que nous pourrions mener dans votre pays. Ma conscience m’a violemment interpellé, hier, entre la poire et le fromage, et m'a donné des cauchemars affreux, pendant ma sieste. J'ai donc décidé, malgré les admonestations que je vais devoir endurer, de vous parler de cœur à cœur, même si je ne pourrais rien pour vous.

 

Notre intervention militaire ne changera rien à votre situation. Peut-être même aura-t–elle, sur votre destinée, un effet encore plus ravageur que le sort qui vous est infligé par vos propres bourreaux. N’attendez pas de bien de notre part, vos espérances seraient cruellement  déçues ! Vous ne pesez rien, pas même le poids de l’ombre d’une plume, dans la balance des stratégies où vous n’êtes que des silhouettes sans consistance, même si votre sang sèche plus vite que l’encre qui dessine si joliment les histoires dégoulinantes.

 

Vous êtes, frères humains, comme ces pauvres hères du moyen-âge, qu’évoque François Villon, pendus le long des routes, dont les oiseaux charognards becquettent les yeux, et qui ne laisseront dans la mémoire des hommes, que le souvenir d’une atroce puanteur. Je prie Dieu pour vous, frères humains, pour qu’il veuille bien vous absoudre des péchés que nous commettons contre vous. Parce que vous êtes de l’espèce qui n’est dans cette vie que pour souffrir, et qui est vouée à la damnation éternelle, qui ne sera pas pardonnée de Dieu, pour ce qui lui a été infligé d’atroces souffrances.  Parce que parmi les fautes que Dieu s’interdit de pardonner, il y a celui de se laisser opprimer.

 

Avec mes bombes er mes regrets,

François Hollande

Président des Français.


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