DzActiviste.info Publié le dim 6 Oct 2013

Libye, la déliquescence: 16 soldats tués, la CIA enlève un djihadiste à Tripoli

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Sana harb, Maghreb Emergent, 6 octobre 2013

Un checkpoint d'une armée libyenne... bien désarmée face aux milices (dr)

Un checkpoint d’une armée libyenne… bien désarmée face aux milices (dr)

La Libye connait un état de déliquescence sécuritaire avancé avec une nouvelle attaque contre un poste de contrôle de l’armée près de Bani-Walid et une action spectaculaire, en plein jour, des forces spéciales américaines à Tripoli, qui ont enlevé un présumé djihadiste. Le gouvernement de Tripoli a été informé avant…

Seize militaires libyens ont été tués samedi dans une attaque contre un poste de contrôle de l’armée dans le sud-est de la capitale, Tripoli. Les médias libyens imputent l’attaque à des groupes extrémistes qui étaient à bord de véhicules lorsqu’ils ont attaqué le poste militaire se trouvant entre Tarhounah et Bani Walid, à une centaine de kilomètre de la capitale. Quatre soldats ont été blessés également dans l’attaque. « L’embuscade a eu lieu sur la route entre Bani Walid et la ville de Tarhouna, où l’armée avait un point de contrôle, » a déclaré Ali Sheikhi, un porte-parole de l’état-major interarmes, a déclaré samedi. La route entre Tarhouna et Bani Walid, a été fermée à la circulation, les blessés et les corps de soldats tués ont été transférés à l’hôpital de Tarhouna, à 80 km au sud-est de Tripoli. Le gouvernement libyen a décrété un deuil de trois jours. L’Etat-major de l’armée a dénoncé des « forces hors-la-loi et d’ennemis du peuple libyen qui veulent déstabiliser le pays et semer les dissensions » et promis de « les pourchasser ». En juin dernier, six soldats ont été tués dans un point de contrôle de l’armée au sud de Syrte. Bani Walid est connue pour être un des derniers bastions pro-Kadhafi à être tombé après l’intervention occidentale. La ville avait été, à nouveau, assiégée l’année dernière par les forces gouvernementales. Mais les auteurs possibles de l’attaque sont nombreux dans un pays déstabilisé et travaillé par les rivalités tribales et où les groupes armés se sont multipliés face à un gouvernement central faible.

Les milices font la loi
Deux ans après la liquidation de Mouamar Kadhafi, les milices font la loi en Libye. Mercredi dernier, l’ambassade de Russie à Tripoli a été attaquée par un groupe armée qui a tenté d’investir les locaux de la chancellerie. L’attaque a fait deux morts par les assaillants. Moscou a décidé, le lendemain, d’évacuer le personnel de son ambassade. « La décision a été prise, compte tenu de la situation, d’évacuer immédiatement via la Tunisie l’ensemble des employés de nos représentations diplomatiques (en Libye) et leurs familles », a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch. C’est également dans ce contexte de déliquescence sécuritaire que les forces spéciales américaines sont intervenues, en Libye, pour capturer et enlever Abou Anas al-Libi, un des leaders présumés d’Al-Qaïda. L’homme était recherché par les États-Unis pour son rôle dans les attentats de 1998 contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya. « Suite à une opération américaine de contre-terrorisme, Abou Anas al-Libi est actuellement légalement détenu par l’armée américaine dans un endroit sûr à l’extérieur de la Libye », a déclaré le porte-parole du Pentagone, George Little.

Des ennuis en perspective pour le gouvernement
Selon le porte-parole, le gouvernement libyen a été informé de cette opération, menée en plein jour, à Tripoli. Abou Anas al-Libi, était membre du Groupe islamique de combat libyen (Gicl) avant de rallier le réseau d’Al-Qaïda. Le Gicl avait pour objectif de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et à le remplacer par un État islamique radical. Il était dirigé depuis l’Asie centrale par Abou Laith al-Libi, un des tout premiers lieutenants d’Oussama ben Laden, tué en février 2008 dans les zones tribales du Pakistan. Abou Anas al-Libi serait revenu en Libye après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. D’autres sources disent qu’il est revenu un an avant la chute de Kadhafi dans le cadre d’une initiative de Seif-Al Islam qui cherchait à se concilier les militants islamistes qui renoncent à la violence. Il figure parmi les personnalités les plus recherchées par le FBI. Sa tête a été mise à prix pour cinq millions de dollars. Le fait que le porte-parole du Pentagone annonce que l’opération s’est déroulée après information des autorités va probablement créer de graves problèmes à un gouvernement incapable de mettre au pas les milices et… qui permet à des forces spéciales d’agir, directement, en plein jour, dans sa capitale.


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