DzActiviste.info Publié le mar 8 Jan 2013

L’implacable logique du chiffre

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El Watan  le 08.01.13

Quand cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani rencontre à Alger cheikh Bouteflika Al Thalet, de quoi peuvent-ils parler au-delà des accords à signer ? Pour le premier, Al Thani, il s’agit de rester Al Thani en attendant, à sa mort, l’accession de Khalifa Al Thalet. Pour le second, cheikh Bouteflika Al Thalet, il s’agit de ne jamais mourir et peut-être d’avoir le soutien de l’influent Qatar pour devenir Al Rabaâ afin d’obtenir un quatrième mandat par adoubement collectif. Ces deux seigneurs féodaux ont donc des intérêts communs mais pour Al Thani, il s’agit de devenir Al Awel, le premier en suprématie économique, voire diplomatique, alors que pour Al Thalet, il s’agit de rester à la même place et de continuer à utiliser la rente pour monnayer de la servilité. C’est donc une question de chiffres, du premier au quatrième et du second au premier, de mégaprojets en chantier et d’investissements pour le premier, consentis dans les domaines de l’énergie, le transport, les mines, l’automobile et la sidérurgie, tels qu’annoncés pour cette visite.

Oui mais pourquoi le Qatar, avec 180 milliards de dollars de PIB, investit-il en Algérie alors que l’Algérie, avec 188 milliards de dollars de PIB, n’investit nulle part ? Peut-être parce que le taux de croissance économique annuel dépasse les 18% au Qatar alors qu’il n’est que de 2,5% en Algérie. Mais comment font-ils ? Ils font, tout simplement, ce qui donne cet amusant contraste entre un tout petit pays riche qui investit dans un immense pays riche qui ne sait pas gagner de l’argent. Au bout du compte, quand Al Thani partira par le dernier vol du soir, il restera comme l’émir du Qatar qui a donné un coup d’accélérateur à son pays. Quand Al Thalet rentrera chez lui par la dernière voiture blindée, il restera comme le Président algérien qui a dépensé le plus d’argent et qui cherche encore la clé de contact. Mais tout va bien, il y a encore un quatrième mandat.

Chawki Amari


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