DzActiviste.info Publié le jeu 15 Nov 2012

L’inflation n’est pas un fait divers !

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Par Mourad Benachenhou
Le Quotidien d’Oran 15/11/2012

L’inflation réduit non seulement le taux de croissance, mais également crée l’incertitude dans l’économie. Prenant en considération la nature dangereuse de l’inflation, les principales banques centrales du monde ont développé l’idée que la stabilité des prix est la fonction première de la politique monétaire, et que, plus précisément, les banques centrales visent à maintenir un taux d’inflation bas. Ainsi, le maintien de la stabilité des prix est la responsabilité de chaque banque centrale… Une politique monétaire suffisamment restrictive sur une longue période peut réduire même les cas extrêmes d’inflation (dans «Irfan Hameed : L’Impact de la Politique Monétaire sur le Produit Intérieur Brut », Revue Interdisciplinaire de Recherche en Affaires, Vol. 3, N. 1 Mai 2011, p. 1354).

« Le risque de flambée de l’inflation s’est accru, » constate, dans sa page 19, le rapport de consultation « Article IV » analysant la situation économique et financière de l’Algérie pour l’année 2011. (https://www.imf.org/external/french/pubs/ft/scr/2012/cr1220f.)

UN OURAGAN INFLATIONNISTE ANNONCE

Les fonctionnaires du FMI, sous le sigle duquel est publié ce rapport, ont estimé indispensable de recommander que : « Les autorités devraient faire preuve de la plus grande vigilance et envisager de resserrer précocement la politique monétaire pour éviter une matérialisation des pressions inflationnistes et une expansion trop rapide du crédit. »(p. 8)

Ce rapport, préparé-il faut le souligner- conjointement par le FMI et les autorités publiques algériennes, prouve s’il le fallait encore, que l’accélération de l’inflation que connait actuellement le pays était prévisible.

Ces autorités ont choisi d’en minimiser l’ampleur, tout en affirmant se tenir prêtes à prendre les mesures nécessaires pour contrôler, comme l »indique la citation suivante tirée de ce rapport :

« Les autorités restent vigilantes face aux pressions inflationnistes et considèrent que leur politique d’absorption des liquidités est totalement efficace.

Elles considèrent que l’augmentation importante des revenus des salariés (estimées suivant le FMI à 8 % du PIB hors hydrocarbures en 2011 et 7 % en 2012, nda). et des dépenses publiques n’a pas créé de pressions inflationnistes car les revenus supplémentaires ont été, pour l’essentiel, consacrés à l’achat de biens importés ou épargnés pour acquérir de l’immobilier. Elles n’en restent pas moins fermement déterminées à changer de cap si des pressions inflationnistes émergent. »

Ces autorités vont jusqu’à nier l’existence d’une menace d’inflation accélérée, car, selon elles, les augmentations de salaires devaient être résorbées soit par les achats de produits importés, soit par l’acquisition de logements que les bénéficiaires de ces revenus supplémentaires auraient effectués. Mais, en même temps, ces mêmes autorités ouvrent la porte à des interventions plus vigoureuses au cas où le risque d’inflation accélérée se concrétise.

DES DONNEES STATISTIQUES PEU FIABLES POUVANT CACHER UNE INFLATION REELLE PLUS FORTE

L’optimisme des autorités publiques a été démenti par la forte augmentation du taux d’inflation, qui a pratiquement doublé d’une année à l’autre, passant d’une moyenne annuelle de 4,5 pour cent en 2011 à 8,7 pour cent projetée pour l’année 2012. Et encore, comme l’indique le rapport conjoint cité abondamment ici : « on ne dispose pas de données sur les prix d’autres sortes d’actifs tels que l’immobilier. « (p. 8)

De plus, comme le laisse entendre ce dernier constat, les statistiques relatives à la détermination du taux d’inflation ne sont pas fiables au point où on pourrait considérer qu’elles reflèteraient de manière suffisamment précise la perte de valeur du dinar. Ce rapport constate, au-delà du problème du calcul de l’inflation, des faiblesses générales dans les instruments statistiques dont dispose l’Algérie, faiblesses qui empêchent une analyse solide de la situation économique du pays.

« Les statistiques de finances publiques, des comptes nationaux et des prix ont plusieurs lacunes qui en entravent l’analyse » (Annexe d’information p. 7), note le rapport du FMI, qui ajoute que :

« les principales lacunes des comptes nationaux sont notamment liées au caractère obsolète de l’année de référence utilisée pour estimer le PIB à prix constants, au long décalage qui précède la publication des données et à une application incomplète du Système de Comptabilité Nationale 1993. Le Département des statistiques a recommandé que la priorité soit donnée à l’établissement des données de PIB à prix constant (y compris pour les comptes trimestriels) et au changement de l’année de référence des données de PIB» (idem p. 7).

Ce que soulignent ces constatations, c’est que les données chiffrées disponibles ne permettent pas aux autorités qui les préparent ni d’affirmer que les taux d’inflation qu’elles publient correspondent à la réalité de l’évolution des prix, ni de suivre l’évolution globale de l’économie et de s’assurer que le Produit Intérieur Brut connait la croissance qu’on proclame officiellement ! Cette constatation est brutale, mais on ne peut accuser le FMI de mauvaises intentions politiques, d’autant plus que chacune des phrases, affirmations, et conclusions, de ce rapport a reçu l’approbation des autorités publiques algériennes.

UNE ECONOMIE EN ETAT D’OBESITE AVANCEE, ATTEINTE DE FIEVRE ET SOUS-PRODUCTIVE

Ces faiblesses statistiques et comptables ayant été signalées, il n’en demeure pas moins que les seules données disponibles tant sur le taux de croissance de l’économie algérienne que sur le taux d’inflation proviennent des autorités officielles, et que, si imparfaites soient-elles, elles reflètent une situation économique des plus inquiétantes.

En effet le taux de croissance du Produit Intérieur Brut, (PIB) qui exprime l’évolution de la valeur de la production nationale au fil des années, est loin d’être à la hauteur des efforts d’investissement consentis, qui atteignent une moyenne annuelle de 35 pour cent de ce PIB.

La croissance moyen a été de 2,74 pour cent au cours des années 2002 à 2011, et elle ne dépassera pas les 2,6 pour cent pour 2012(pour 2011, elle a été de 2,5 pour cent, c’est-à-dire un dixième de points de différence par rapport à 2012 !).

En contrepartie, le taux d’inflation a eu tendance à s’accélérer jusqu’à atteindre le record de 9,7 pour cent en moyenne pour les 9 premiers mois de cette année.

Globalement, le rapport du FMI décrit une économie en état d’obésité avancée, en surliquidité intérieure et extérieure, fiévreuse, sous-productive, arrivant à peine à se tenir sur ses jambes, et qui avance, comme essoufflée, titubante, à petits pas. La lecture de ce rapport, pourtant préparé conjointement avec ces autorités, ne semble pas les avoir inquiétés outre mesure, car elles n’ont pas changé d’un iota leur mode de gestion de l’économie.

EFFETS NOCIFS DE L’INFLATION SUR L’ECONOMIE

Le lien de cause à effet entre taux d’inflation élevé et faible croissance économique a été amplement étudié dans d’autres économies dont les données statistiques ne sont pas l’objet de contestation. Lorsque l’inflation est élevée, elle constitue un frein à la croissance économique, par des effets qui peuvent être rappelés ici en quelques alinéas :

– La perte de valeur de la monnaie nationale, reflétée par le taux d’inflation, conduit les particuliers à se protéger contre ce phénomène par la réduction de leur épargne et l’accroissement de leur consommation ; on l’a vu tout récemment avec la brusque augmentation des achats de véhicules automobiles par les fonctionnaires qui ont reçu des rappels de salaires ;

– Les investisseurs privés renoncent aux investissements productifs à long terme, dont ils ne peuvent établir les coûts avec précision, et se tournent vers la spéculation immobilière et foncière, les activités de distribution de biens et de production de services, ou les industries à forte liquidité, à forte intensité de capital et à fort contenu en devises pour ce qui est de l’équipement et de certaines matières premières, comme les industries agricoles et alimentaires ;

– Les seuls emplois créées en abondance sont les petits métiers de la distribution et du service, qui sont de plus en plus occupés par des diplômés sur qualifiés et dont les compétences acquises à l’université n’ont aucun usage dans leur vie professionnelle,

– L’inflation entraine la fuite clandestine de capitaux, que facilite un marché des devises désorganisé et opaque, aux dimensions inconnues, échappant totalement au circuit bancaire légal, et qui, bien qu’il soit frappé d’interdit, n’en est pas moins florissant ; ceux qui gagnent des dinars à en mettre plein les sacs-poubelles, veulent au plus vite se débarrasser d’une monnaie qui perd de sa valeur, même si on ne l’use pas ;

– Les importations sont favorisées au détriment du développement de la production nationale, car les importateurs peuvent ramasser des bénéfices immenses en jouant du fait que la valeur de la monnaie nationale, exprimée en devises étrangères, s’ajuste avec un certain retard à sa perte de valeur sur le marché national ;

– D’autre part, l’évolution du taux de change officiel du dinar par rapport aux monnaies étrangères-taux de change administré, c’est-à-dire non soumis à l’automatisme de son alignement sur la base de l’équilibre entre son offre et sa demande sur les marchés internationaux, ou sur sa perte de valeur telle qu’exprimée par l’inflation intérieure-pour tenir compte du différentiel de taux d’inflation entre l’Algérie et les principaux partenaires économiques étrangers, s’effectue avec un certain retard, ce qui conduit à sa surévaluation, et à donc la perte de compétitivité internationale des produits algériens hors hydrocarbures et à l’encouragement de l’importation comme à la pénalisation de la production nationale, si bonne soit-elle ;

– Les revendications sociales liées à la perte du pouvoir d’achat de la monnaie locale, et les arrêts de travail de toutes formes qu’elles provoquent, conduisent à un affaiblissement de la productivité du travail et donc contribuent à réduire encore plus le taux de croissance économique du pays, et à accentuer les maux sociaux du pays.

– De plus, l’inflation maintient le désordre dans les circuits de distribution, car elle pousse au stockage des produits de grande consommation, à une création artificielle de pénurie qui contribue à accentuer cette inflation et elle encourage la spéculation.

– Et finalement elle contribue à créer des écarts sociaux qui seront source de complications politiques et de troubles sociaux graves dans le futur, car elle donne lieu à la création d’une nouvelle classe sociale à la culture et aux structures de consommation totalement en rupture avec la société algérienne.

DES POLITIQUES ANNONCEES CONTREDITES PAR L’ACCEPTATION D’UNE INFLATION ELEVEE

Toute politique économique qui ne prend pas en compte le phénomène inflationniste ou en néglige l’impact négatif, est vouée à l’échec.

On a parlé de relancer la Petite et Moyenne Entreprise et de donner la priorité à la production nationale, et de rénover le tissu industriel. On a exprimé également la volonté réduire le chômage qui, comme le constate le rapport du FMI : « reste élevé parmi les jeunes, en particulier les jeunes diplômés (21,5 %) et les femmes (19 %). »(idem p. 14)

Ce rapport ajoute qu’en fait la politique économique actuelle va ralentir la tendance à la réduction du taux de chômage, tendance constatée au cours de ces dernières années, suivant les statistiques officielles, quelque peu sujettes à caution, de l’avis même de cette organisation internationale.

Voici ce que ce rapport affirme à ce sujet : « Le conte nu en emplois de la croissance a récemment baissé – l’envers de la légère amélioration de la productivité du travail – et moins de 38 % de la population en âge de travailler (11 % des femmes) ont un emploi déclaré. »( idem p 14)

REDUIRE L’INFLATION, UN IMPERATIF POUR RELANCER LA CROISSANCE

Mais tant que l’inflation n’est pas maitrisée ; c’est-à-dire tant que les autorités publiques la considèrent comme un sous-produit inévitable de leur politique de paix sociale à tout prix, tout comme le marc de café est un sous-produit inévitable de la préparation d’une bonne tasse de café, les chances de dépassement des slogans qui tiennent lieu de politique économique et sociale, et de mise en œuvre de ces politiques, sont nulles.

Même la résorption de l’habitat précaire et la politique d’accès à un logement décent pour les couches les plus pauvres de la population sont contrecarrées par l’augmentation sans fin du prix de l’immobilier, qui rend impossible l’accès au logement-devenu, depuis peu, un « problème de sécurité nationale, » même aux familles les plus aisées, car, comme il a été dit plus haut, la valeur des économies que font les gens pour acheter un logement fonds avec l’inflation, et l’immobilier continue à flamber, étant la valeur refuge type pour ceux qui font , ou ont déjà fait fortune, dans l’importation, la distribution et les industries agroalimentaires.

On ne le répétera jamais assez : tant que l’inflation n’est pas maitrisée, l’Algérie continuera à connaitre un taux de croissance anémique et sans commune mesure avec les investissements essentiellement publics consentis. Le chômage est appelé à reprendre de plus belle et la crise du logement s’accentuera tout comme les revendications sociales se durciront ; le remède qui leur est actuellement apporté aggrave le mal au lieu de le guérir, car on s’attaque aux conséquences de ce mal, pas à sa cause !

Dans une économie en proie à l’inflation, même les subventions aux produits de base comme la politique du logement à bon marché pour les couches les plus défavorisées alimentent l’inflation et accroissent les frustrations sociales.

LA BANQUE D’ALGERIE AU CENTRE DE LA POLITIQUE DE REDUCTION DE L’INFLATION

La Banque d’Algérie est au cœur du processus de maitrise de l’inflation, à condition que la réduction de cette inflation soit un objectif politique clairement exprimé et affiché par les autorités publiques.

Car la Banque d’Algérie n’est pas un atome libre qui peut, à sa guise, prendre les mesures, classiques, connues et appliquées par tous les pays du monde, mesures essentiellement destinées à limiter, si ce n’est réduire, la croissance et le volume de la masse monétaire et à augmenter l’épargne des particuliers.

Peut-on affirmer que la Banque d’Algérie n’a rien fait dans ce sens ? Tel n’est pas le cas !

Dans le même du FMI, la banque d’Algérie souligne qu’en 2011, elle a continué :

«d’absorber la liquidité accrue du système bancaire, créée par les recettes pétrolières et gazières et les dépenses publiques, à l’aide de deux facilités de reprise de liquidité(qui représentaient 17 % du PIB à fin août 2011) et ce, afin de limiter son effet sur l’inflation tout en maintenant les taux d’intérêt inchangés » ( p. 8)

UN TAUX-CIBLE D’INFLATION : 3,5 POUR CENT, LOIN D’AVOIR ETE ATTEINT !

Apparemment, les mesures qu’elle a prises en 2011, comme celles qu’elle a lancées au cours du premier semestre 2012 (voir la note de conjoncture du Premier Semestre 2012) en vue de ralentir la croissance monétaire, (15 pour cent par an en moyenne entre 2007 et 2012) et de réduire la masse monétaire de manière suffisante pour que la tendance hyper-inflationniste actuelle soit arrêtée, n’ont pas eu d’effets sensibles sur l’évolution de l’inflation. Celle-ci ne faiblit que marginalement et est maintenant 4 fois plus élevée que l’inflation moyenne dans les pays qui sont ses principaux partenaires commerciaux et économiques (zone euro : inflation en glissement annuel de 2,1 pour cent pour les 9 premiers mois de 2012 contre 8,7 pour cent pour l’Algérie au cours de la même période).

On est évidemment loin du taux d’inflation-cible fixé à 3,5 pour cent que s’est donnée la banque d’Algérie, qu’elle a communiqué à une institution financière régionale.

Le taux d’inflation actuel doit baisser de 60 pour cent pour qu’il soit ramené à ce taux «idéal, » qui est loin du taux d’inflation optimale de 2 pour cent qu’ont adoptée nombre de grandes banques centrales du monde, tout comme la Banque centrale Européenne.

ADOPTER DES MESURES A LA HAUTEUR DE L’INFLATION

La Banque d’Algérie doit prendre des mesures à la hauteur du défi inflationniste. Elle connait la nature de ces mesures, car elles font partie des connaissances techniques exigés des banques centrales modernes et elle est dotée des compétences juridiques statutaires lui permettant de mettre en œuvre ces mesures. Ceci dit, les autorités qui décident des politiques économiques du pays, la laisseront-elles mettre en œuvre ces mesures quelles qu’en soient les conséquences socio-politiques qu’elles entrainent ?

Il ne faut pas insulter l’avenir à condition évidemment que ces autorités prennent conscience de l’ampleur du problème et acceptent de l’attaquer de manière résolue.

CESSER DE FAIRE DE L’INFLATION UN FAIT DIVERS : PREMIER PAS VERS LA BONNE VOIE

En tout état de cause, continuer à en faire un simple fait-divers qui, une fois constaté, va se résorber de lui-même et devenir un simple mauvais souvenir, n’est pas la solution et n’apportera aucun répit à la tendance inflationniste actuelle.

Et pourtant c’est cette voie qui est empruntée actuellement, et qui fait de l’inflation une conséquence de la mauvaise foi et de l’immoralité des agents économiques, qu’ils soient commerçants, importateurs, maquignons, changeurs ou mandataires !

Il est à espérer que les autorités placeront un jour proche l’inflation dans son contexte qui dépasse les petites manipulations de ces agents économiques, et lui donneront la solution qui est entièrement entre leurs mains et dont la mise en œuvre dépend d’eux et exclusivement d’eux.

EN CONCLUSION :

1. L’inflation accélérée que connait actuellement l’Algérie n’a rien d’une surprise, et avait même été annoncée dans un rapport conjoint du FMI et des autorités algériennes, rapport préparé fin décembre 2011, dans le cadre de la consultation statutaire annuelle entre l’Algérie et cette institution internationale ;

2. Ce rapport donne une description pessimiste de la situation économique du pays, tout en soulignant son excellente position financière internationale ;

3. Cette santé financière extérieure s’accompagne d’un faible taux de croissance et de faiblesses structurelles dans l’économie algérienne, qui l’empêchent d’exploiter de manière efficience le potentiel que lui offre cette aisance financière extérieure ;

4. Dans cette analyse, une importance majeure est accordée aux tendances inflationnistes que risquaient de déclencher les ajustements de salaires décidés par les autorités publiques pour réduire les tensions sociales ;

5. La Banque d’Algérie a décrit les mesures qu’elle a prise pour contrôler cette inflation, dont elle a estimé, alors, que le risque était faible ;

6. La Banque d’Algérie, comme toutes les banques centrales du monde, a la charge de mener les politiques monétaires destinées à résorber le surplus de masse monétaire générateur de l’inflation ;

7. Les mesures qu’elles a prises n’ont pas eu l’effet voulu sur le taux d’inflation qui a atteint une moyenne de 9,7 pour cent dans les 9 premiers mois de l’année 2012, et est 4 fois supérieur au taux d’inflation des pays partenaires économiques de l’Algérie ;

8. De plus, l’inflation continue à être présentée comme un fait divers, causé essentiellement par des agents économiques échappant aux normes qui règlent le marché et perturbant par leur comportement les mécanismes du marché ;

9. Les effets nocifs de l’inflation sur l’économie algérienne sont visibles et ont abouti à réduire le taux de croissance du pays, décourageant l’épargne privée et l’investissement productif et créateur d’emplois, et encourageant la spéculation et les importations au détriment de la production nationale, comme la fuite devant le dinar au profit de devises étrangères ;

10. La Banque d’Algérie n’a pas l’autonomie nécessaire pour décider seule de faire de la lutte contre l’inflation une priorité économique urgente;

11. Les autorités publiques détentrices du pouvoir de décision effectif doivent prendre une position non ambigüe à l’égard de l’inflation et faire prendre à la banque d’Algérie, dans le cadre de ses prérogatives statutaires, toutes les mesures, si dures soient-elles, destinées à réduire, si ce n’est à éliminer l’inflation ;

12. Seule une politique claire, ferme et énergique de lutte contre l’inflation par les moyens monétaires connus et utilisés ailleurs- et déjà employés en Algérie, mais à un niveau d’intensité insuffisant- peut conduire au contrôle de la tendance inflationniste qui n’a que trop duré, et relancer l’économie, qui souffre d’obésité et peine à aller de l’avant.


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