DzActiviste.info Publié le dim 18 Nov 2012

L’Israélien, «l’Arabe», l’islamiste : les trois meurtriers du Palestinien

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« Merci Kamel ce que tu dis est tellement vrai !Ton article est à lire et relire et diffuser le plus largement »
By Kamel Daoud in Le Quotidien d’Oran

Que doit faire un islamiste au Pouvoir face à la «cause palestinienne» ? Réponse difficile : si autrefois, quand l’islamiste était dans l’opposition, la Palestine était une guerre sainte facile, aujourd’hui l’islamiste est aux commandes : la Palestine est surtout un problème impossible. Comment faire pour à la fois aider les «frères» de Gaza, ne pas se renier et se déjuger selon les préceptes de sa foi, mais garder intactes ses relations internationales, ne pas dilapider la fréquentabilité déjà mise à mal par les salafistes et obtenir des aides de cet Occident que la propagande religieuse présente comme le grand Diable, le Croisé, l’ennemi ? Comment à la fois être religieux et pragmatique ? Comment libérer la Palestine si soi-même on n’est pas libre dans son pays, on est assiégé, inexpérimenté et sans visibilité ? 


Prompts, les gouvernements de Tunisie et d’Egypte ont fait le geste d’envoyer leurs ministres des Affaires étrangères à Gaza. Un bon point de marketing mais cela ne va stopper la guerre. Juste confirmer que la misère des Palestiniens va encore servir pour des légitimations externes. On le sait tous de quoi souffre le mort palestinien : d’être trop arabisé et trop islamisé. D’une tragique cause de décolonisation et de colonisation, on a tenté d’en faire une cause «panarabe» et une cause de messianisme islamique. Cela agrée jusqu’à la jouissance la droite israélienne et ses ultra religieux ou nationalistes : les extrémistes aiment les extrémistes et une Palestine religieuse ou «raciste» épouse mieux les causes extrêmes en Israël.

Le drame palestinien rejoindra les préoccupations de l’humanité le jour où il se débarrassera des «Arabes» et des islamistes. Le mort palestinien sera un homme tué lorsqu’il ne sera pas un barbu mort ou un Arabe bombardé. L’arabité et la religion exilent le Palestinien dans les marges de la préoccupation internationale, le vident, le déshumanisent et en font un cas local. La prise en charge islamiste par les gouvernements de Tunis ou du Caire est peut-être l’expression d’une «fraternité» idéologique et une position meilleure que le mur de la honte du régime de Moubarak contre les Ghazaouis, mais cela ne servira pas l’avenir. Cet avenir déjà piégé justement. Cela servira toute juste l’image des gouvernements islamistes qui s’acquittent de l’inconfort de leur position par des jets de poignées de sable.

Question vieille d’un siècle ou de mille ans : que faire pour la Palestine justement ? Ce que l’on doit aussi faire pour le Tibet colonisé : dire à l’humanité que c’est la cause de tous et pas celle des «Arabes» et des religieux. La Palestine vaut autant que le Tibet ou les autres terres et âmes volées.

C’est une première victoire difficile que de prouver que le mort palestinien est un être humain, pas un clip télévisé, ni un «Arabe», ni un islamiste. Un colonisé avec mort d’homme. Une histoire de peuple, pas de croyances. L’enjeu d’une liberté pas d’une croisade. Il faut donc libérer la Palestine : des Israéliens qui veulent la voler mais aussi des «Arabes» et des islamistes qui veulent la vendre et l’acheter et lui monter sur le dos et prendre la parole à sa place. 


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