DzActiviste.info Publié le ven 11 Oct 2013

Lla Baya

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Il y a des jours où le temps prend un sens insoupçonné.

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J’évoquais, il y a quelques jours la mémoire de ma Grand-mère, Gida qui entre autres talents, dessinait, comme Baya.

Baya, prénom de ma chère maman qui vient de nous quitter.

Une femme courageuse, intelligente mais avant tout aimante.

Elle a parcouru le XXème siècle avec la force de ses convictions.

Je retiendrai d’elle cette détermination qu’elle osait afficher sans crainte.

Fille, enfant unique, choyée par ses parents, elle s’est consacrée toute entière à sa famille, son époux, mon père, ses enfants, ma soeur et mes frères dont elle était si fière.

Elle nous a appris la bonté, l’honnêteté, la franchise et le dévouement.

Six mois d’école, pas plus, ont fait d’elle une lettrée qui maniait le Kabyle, le Français et l’Arabe à la perfection.

Mère, grand-mère, arrière grand-mère, elle a pris soin durant toute sa vie de mon père, l’aidant, le nourrissant, le soignant alors qu’elle même était déjà très âgée.

Elle avait agi de la même manière avec ma grand mère.

Ce sens de la responsabilité, du dévouement, était naturel.

Elle chantait, elle fredonnait de douces comptines murmurées tendrement comme savent le faire les mamans en berçant, cuisinant, raccommodant.

Sa vie a été pleine. Elle aimait rire, danser, plaisanter, jonglant avec les mots, les bonnes blagues avec cette douce, tendre et sincère complicité.

Elle était engagée dans la vie sociale et politique, militante convaincue des causes nationalistes et humanitaires.

Elle a aimé l’Algérie qu’elle voulait libre, me disant souvent dans une confidence secrète, aies confiance , tu es capable de réussir.

Elle avait hérité de sa mère ce goût pour les belles histoires et récitait de courts poèmes  qui venaient toujours à propos pour ponctuer une idée.

L’an dernier, elle nous avait envoyé un message vidéo pour nous souhaiter une bonne fête de l’Aid le Kébir.

Nous l’avons aimée.

Ce 11 novembre 2013, elle vient de s’en aller dans sa 98ème année.

Mais je suis sûr que déjà elle a repris son bâton de pèlerin de l’Amour pour veiller sur nous.

Je t’embrasse.

Aziz

 

 


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