DzActiviste.info Publié le ven 1 Mar 2013

Logement : Bordj Bou Arréridj encore sous tension.

Partager

01algerem3El Watan le 01.03.13

Depuis mardi, Bordj Bou Arreridj reste sous tension après la publication de la liste des bénéficiaires de logements sociaux. Les forces de sécurité restent déployées dans la ville et plusieurs personnes ont été arrêtées.

Déclarant «qu’il ne voulait plus vivre et qu’il en avait marre des promesses non tenues des autorités», un jeune de 24 ans est monté, mercredi, sur le toit d’un bâtiment de sept étages, au centre-ville, menaçant de sauter dans le vide. Depuis mardi, Bord Bou Arréridj, 70 km à l’ouest de Sétif, vit sous haute tension. Un autre jeune a également tenté de se jeter d’un balcon d’une maison tandis  qu’un troisième a mis le feu à sa voiture avant d’escalader un lampadaire. En cause, encore et toujours, le logement. Après les émeutes qui ont éclaté, il y a trois jours, suite à l’affichage de la liste de 935 bénéficiaires de logements sociaux, 43 manifestants et 9 policiers ont été blessés.

Mamoun Belmouhoub, porte-parole de la wilaya, a déclaré, à l’AFP, qu’il n’y a eu que «des cas d’évanouissement». Hier matin, plusieurs commerces et administrations avaient toutefois rouvert et la présence policière restait importante dans les principales rues de la ville, notamment aux alentours du siège de la wilaya, lieu de rassemblement principal des manifestants, de la daïra et de l’APC. Le chargé de la communication de la sûreté de wilaya a indiqué que les services de maintien de l’ordre public avaient été déployés pour protéger les biens publics et privés en appelant les protestataires à s’exprimer «de manière pacifique et en respectant l’ordre public».

Mais en ville, la tension est toujours palpable. «Juste après l’affichage des listes, nos élus se sont éclipsés ! Impossible de les rencontrer ou de les joindre par téléphone», affirme un manifestant qui assiège la wilaya depuis mardi. «Vous n’avez pas voté pour moi !», a répondu un élu aux manifestants qui étaient devant le siège de la wilaya. «Pourtant, c’est aux élus de venir calmer les esprits ! s’énerve un autre habitant. Ce sont eux qui sont censés représenter ces citoyens et mieux les connaître. Ils sont le lien avec l’administration !»
«A bas la corruption»
Suite à de fausses informations faisant état de l’existence de personnes bénéficiaires étrangères à la commune sur les listes affichées, les habitants se sont rassemblés pour protester. Certains émeutiers ont saccagé la mairie et coupé partiellement l’autoroute reliant le centre à l’est du pays, provoquant des embouteillages. «Trois micro-ordinateurs ont été saccagés, le reste a été sauvé suite à l’intervention rapide des forces de l’ordre», témoigne un responsable de l’APC, joint par téléphone. Les manifestants se sont rassemblés devant le siège de la wilaya avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Nous demandons notre droit au logement» ou encore «A bas la corruption et le favoritisme».

Près de 4000 recours ont été introduits à la suite de l’affichage de cette liste préliminaire de bénéficiaires de 935 logements sociaux. «Six bureaux pour le dépôt des recours et l’enregistrement des doléances des citoyens resteront ouverts le temps qu’il faudra», a précisé un fonctionnaire de la wilaya à l’APS. Sur les ondes de la radio locale, le wali de Bordj Bou Arréridj, Azzeddine Mecheri, a appelé mercredi à «la sagesse et au dialogue», en s’engageant «à radier, le cas échéant, les noms des indus attributaires», estimant qu’il n’était pas possible de «satisfaire tout le monde».

Vingt-cinq personnes, dont une femme, ont été présentées, avant-hier et hier, devant le tribunal de Bordj Bou Arréridj. Ces derniers, âgés entre 25 et 54 ans, seraient poursuivis pour attroupement, trouble à l’ordre public, agression des forces de l’ordre et destruction de biens de l’Etat et d’autrui. Huit parmi ces émeutiers ont été placés en détention préventive et vont être jugés mardi prochain. Les autres personnes arrêtées attendent d’être présentées au parquet ou devant le juge d’instruction.

Ce que dit le wali : tous les recours seront étudiés

 

Joint par téléphone, le wali de Bordj Bou Arréridj, Azzedine Mecheri, dément «toute volonté d’exclure les véritables bénéficiaires». «On comprend la colère, mais on ne peut justifier la violence. Il peut y avoir des erreurs, mais la loi prévoit des recours pour les corriger.

Tous les recours seront étudiés et des enquêtes seront faites pour être juste», explique-t-il en ajoutant qu’il veillera personnellement à cette opération, avec les élus locaux. Selon le wali, cette liste de 935 logements est une première à Bordj Bou Arréridj. «Dans un an et demi, 3000 autres logements seront distribués, affirme-t-il. Bordj Bou Arréridj est la deuxième wilaya du pays à avoir réalisé son programme de logements.»

 

Il a dit : Abdelmadjid Tebboune ministre de l’Habitat

 

«2013 sera une année charnière. Nous devons accélérer la cadence de la réalisation de logements. Cette année, nous devons lancer les travaux de réalisation de 650 000 logements et réceptionner au moins 200 000 unités pour respecter le fractionnement du programme quinquennal en années.»

 

Les dernières émeutes :

 

– 23 décembre 2012
Souk Ahras. Des jeunes brûlent des pneus, dressent des barricades et bloquent des routes dans la partie nord de la ville. Les affrontement entre la polices et les manifestants commencent à la cité Laâlaouia pour gagner ensuite d’autres quartiers de la ville. Ils demandent tous des logements.

 

– 1er janvier 2013
Khenchela et Constantine. Suite à l’annonce de la distribution de quelque 3000 logements, les habitants des cités Decamp, Marito, Charles de Gaulle, Hasnaoui et la cité Route de Aïn El Beïda manifestent. Routes bloquées, pneus brûlés… Bilan : quatre blessés et plusieurs personnes arrêtées.

 

– 2 janvier 2013
Biskra. De violents affrontements surviennent à la suite de l’affichage de la liste d’attribution de 522 logements dans la ville. Au moins sept agents de l’ordre sont blessés et une vingtaine de manifestants sont arrêtés. Ces derniers, parmi des dizaines d’autres, ont investi la rue à la minute où la liste des bénéficiaires a été affichée.

 

– 6 et 7 janvier 2013
Skikda. La ville est secouée par deux émeutes, l’une à Ben Azzouz, au nord-est de Skikda, et la seconde à Tamalous, au sud-ouest de la wilaya. Les manifestants revendiquent la révision de la liste d’attribution de 200 logements entrant dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire. Ils barricadent la RN85 qui relie Skikda à Collo, avant d’attaquer la résidence du chef de daïra, dont ils réclament le départ.

 

– 8 janvier 20013
Mostaganem. Dans la commune de Hadjadj, des émeutes éclatent suite à la publication des listes d’attribution des 107 logements sociaux. Des routes sont bloquées par des dizaines de manifestants qui réclament l’annulation de la liste dont la confection est attribuée, par les manifestants, à l’ancien maire ainsi qu’au chef de daïra de Sidi Lakhdar.

 

– 16 janvier 2013
Aïn Defla. Dans la commune d’El Attaf, la liste d’attribution de 334 logements sociaux provoque des émeutes. Une cinquantaine de personnes ferment le siège de la daïra durant deux heures pour demander plus de quotas, état des lieux qui a généré un mécontentement chez les familles habitant les quartiers de la ville qui s’estiment lésées dans leurs droits.

 

Adlène Bentayeb


Nombre de lectures: 252 Views
Embed This