DzActiviste.info Publié le ven 11 Jan 2013

L’opération «Oiseau bleu», Force K. … quand la France arme l’ALN

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tahar-hachich

Tahar Hachich

In Tipaza: Guerre d’Algérie

L’opération Oiseau bleu, tout commence par une mirifique « gamberge » du cabinet Soustelle. Cette Kabylie que Krim Belkacem a organisée depuis longtemps commence à bouger. Amirouchelivre dans la vallée de la Soummam des combats meurtriers. La haute Kabylie va suivre. Il faut l’en empêcher. On a bien essayé de soutenir les chefs M.N.A., mais Bellounis a «ramassé une raclée» des hommes de Krim. Il tente dans le Sud une «reconversion». Alors pourquoi ne pas monter en Grande Kabylie un contre-maquis en utilisant des hommes sûrs, des super-harkis clandestins, qui lutteraient contre Krim en employant les mêmes armes? Aux membres de cette armée secrète on donnerait d’abord des mousquetons, puis des armes plus efficaces. Ces commandos clandestins se déplaceraient dans des zones soigneusement évitées par l’armée française et eux, des enfants du pays, sauraient bien débusquer ces maquisards que les unités classiques ne parviennent jamais à accrocher.

Le Gouvernement général fait appel au service action du S.D.C.E. pour mettre le projet sur pied.

Sur place, en Kabylie, on envoie Hachiche Tahar, un intelligent Kabyle, ami d’un commissaire principal parisien de la D.S.T. qui connaît fort bien Soustelle. Hachiche est chargé de monter l’opération sur le terrain: mettre sur pied un mouvement clandestin qui touchera tous les villages.

L’homme se rend à Azazga dont il est originaire. Il va prendre tous ses repas chez Zaïded, un petit restaurateur, ancien responsable M.T.L.D. jusqu’en 1950, date à laquelle il a quitté le parti. Zaïded a huit enfants et s’occupe exclusivement de son commerce. Il est aux petits soins pour ce client régulier qui semble devenir une bonne pratique. Hachiche mange bien, boit bien. Le bon client. On bavarde. Et, bien sûr, on parle de la révolution.

« Ici, c’est Krim qui tient le maquis? interroge Hachiche.
– C’est ce qu’on dit, répond prudemment Zaïded.
– C’est un assassin de femmes et d’enfants, ce Krim !
– Eh, oui ! C’est lamentable tout ça.
– Toi, tu es contre ces bandits ?
– Bien sûr. Le peuple souffre.
– Et ce sont eux qui sont contre le peuple. Moi aussi — tu sais je suis d’ici, je suis parti il y a longtemps — je voudrais que mon peuple soit heureux. Si tu veux, on pourrait faire quelque chose… Lutter contre eux. Mais pas comme les harkis et les G.M.P.R. ‘. Efficacement.

Zaïded regarde à droite et à gauche. Personne ne s’occupe de leur conversation.
«Tu es fou, répète-t-il, laisse donc ça à l’armée. Il y en a partout de l’armée, avec des armes, des chars, de l’argent qu’on n’a pas.

– Mais l’armée, elle ne connaît notre Kabylie ni comme toi ni comme moi. L’armée, il lui faudra un hasard pour qu’elle tombe sur quelqu’un.
– Et tu as mieux ?
– Bien mieux. Je t’expliquerai. »

II poursuivra sa conversation dans quelques jours lorsqu’il reviendra à Azazga. A Alger, il fait un rapport optimiste à ses chefs.

Zaïded croit lui aussi avoir ferré une bonne prise! Car le restaurateur n’est pas le bon papa tranquille du couscous qu’il veut bien paraître. Depuis le 1er novembre 1954, il est en contact avec Krim, qu’il connaît depuis 1947. Il a même demandé à gagner le maquis, mais le chef kabyle lui a conseillé de rester en ville. Son restaurant sera une source de renseignements importants et éventuellement d’aide au F.L.N. Après sa conversation avec Hachiche, Zaïded prend contact avec Yazourène Mohamed, chef de la zone F.L.N. pour Azazga. «Il faut que tu mettes Krim au courant…» Et il lui raconte l’histoire. La réponse de Krim est formelle : «Marche dans son jeu. Essaye d’en savoir plus»

Hachiche revient. Hachiche révèle son plan, sous le sceau du secret. Il aurait la possibilité de trouver des armes et de l’argent pour lutter contre ces «bandits». Et toi, tu pourrais trouver des hommes décidés ? »

Et il lâche le morceau. Il s’agirait de recruter quelques dizaines d’hommes qui, continuant en apparence leurs activités, constitueraient une armée secrète n’agissant que le soir, tout comme les rebelles. Les résultats ne se feraient pas attendre!

« Crois-tu pouvoir réunir des hommes de confiance ?
– Bien sûr, répond Zaïded. Ici, je connais tout le monde.
Le soir même, Krim est au courant de la proposition de Hachiche. Avec Mohammedi Saïd, il étudie le problème. Depuis que Ouamrane a pris la direction de l’Algérois, Krim a fait de Mohammedi Saïd son second. C’est Sadek qui lui a présenté Mohammedi.

Lorsque Zaïded transmet lés propositions du Gouvernement général via Hachiche, Mohammedi Saïd émet un avis défavorable : « C’est dangereux. Je ne crois pas à ces histoires. » Mais Krim est très excité par le récit de Zaïded qui croit à la proposition. « Hachiche est décidé, explique Zaïded. Il a des garanties officielles. Il est en contact direct avec Ousmer. » Et Krim connaît Ousmer. Un des caïds kabyles. Celui-là il faudra un jour l’amener à aider le Front.

«Alors il faut y aller à fond, décide Krim. Qu’est-ce qu’on risque? Acceptons et jouons le jeu! Il faut que nous fournissions nous-mêmes aux Français les hommes sûrs dont ils ont besoin.»

Les troupes du leader kabyle sont de trois sortes. D’abord, les maquisards qui sont dans la clandestinité complète. Ensuite, les moussbilin, des sympathisants sûrs qui restent dans les villes et les villages, vaquant à leurs occupations mais qui fournissent refuges, caches et vivres aux maquisards et s’occupent des collectes de fonds. Enfin, les agents de liaison qui font la navette entre les différents maquis, les villes et les villages. Des hommes fiers et subtils, particulièrement sûrs et qui savent raconter des histoires qui «tiennent debout» en cas de contrôles militaires et policiers. Des hommes aux nerfs d’acier. C’est parmi eux que Krim va sélectionner les «troupes» de Hachiche.
Quinze homme sont sélectionnés. Zaïded donne leurs noms à Hachiche, qui veut tout connaître d’eux : leur situation et même les numéros de leurs cartes d’identité.
«Il faut que je remette tout cela à l’état-major secret d’Alger, confie Hachiche à Zaïded. L’inspecteur Ousmer ainsi que des civils et des militaires du cabinet Soustelle en font partie.»
L’affaire « Oiseau bleu » est lancée. Il faut attendre. Les quinze hommes ont été prévenus du double jeu qu’ils vont mener. La moindre erreur leur serait fatale. Il faudra jouer serré. Hachiche les voit personnellement à son retour d’Alger. Il est satisfait du travail de Zaïded.

« C’est toi qui sur place es chargé de l’affaire sous mon contrôle, annonce-t-il à Zaïded. C’est le départ d’un véritable mouvement clandestin que nous lançons. Je dois te dire que le grand état-major à Paris n’est pas au courant. A nous deux on peut réussir une affaire énorme !
– Je t’ai déjà fourni quinze hommes, répond Zaïded, mais les moyens ?
– Ils arrivent. Ne t’impatiente pas, ils arrivent. Et tu auras une bonne surprise. »
La bonne surprise arrive le surlendemain. Zaïded reçoit à son restaurant la première livraison. Le transport ne se fait pas à bord d’un camion militaire qui serait trop voyant aux regards de la population et d’éventuels guetteurs du F.L.N. mais par une camionette qui distribuent l’Écho d’Alger! Zaïded reçoit des garants, des mousquetons, des mitraillettes. De quoi équiper de pied en cap une trentaine d’hommes. Les armes sont neuves. Dans leur emballage d’origine. Avec de la graisse en pagaille sur les culasses et le long des canons. Un gros paquet est Joint aux caisses. Deux millions en billets de 5 000! Zaïded distribue les armes, les munitions, l’argent, aux hommes du F.L.N. Hachiche ravi, ses chefs, dit-il, il faut continuer le recrutement.

Les pseudo-membres de l’armée secrète doivent monter des opérations de nuit contre les fellaghas de Krim car il faut bien fournir quelques résultats! Alors on monte des embuscades bidons en accord avec le chef kabyle. On échange des coups de feu soigneusement tirés en l’air pour que le bruit des accrochages parvienne aux oreilles des sentinelles des postes militaires de la région. Les hommes de Hachiche brûlent beaucoup de cartouches. Il s’en tire en réalité beaucoup moins. La différence passe directemeez à Krim. Lorsque se développe le mouvement, des armes de guerre sont données aux maquis, en attendant que toute l’armée secrète, la force K comme on l’appelle maintenant à Alger, regagne en bloc les rangs de l’A.L.N. Mais de temps en temps, il faut laisser quelques morts sur le terrain pour «faire vrai» ; les rebelles emportent toujours leurs blessés. Ce sont les prisonniers M.N.A. des «troupes» de Bellounis qui vont faire les frais de la mise en scène «réaliste». On a abandonné ainsi quelques cadavres de M.N.A. fraîchement tués. Des hommes originaires de régions éloignées pour qu’aucun villageois kabyle ne puisse les reconnaître lorsqu’on expose leurs cadavres sur la place du village. Car maintenant l’opération « force K-Oiseau bleu » est grandiose. Plus de six cents hommes sont armés, équipés. C’est le succès en Kabylie. Au Gouvernement général évoque même le «dernier quart d’heure». En effet, Krim, qui s’occupe de plus en plus d’Alger, a suspendu toute opération dans sa zone. Chez Amirouche, en basse Kabylie, on se bat, dans l’Aurès, on se bat, dans l’Algérois, on se bat. En Grande Kabylie rien. A part quelques poteaux sciés et quelques «traîtres» abattus. L’opération armée secrète marche à fond. Cela marche tellement bien qu’un certain sentiment de suspicion saisit les compagnons de Krim Belkacem.

Abane et Ouamrane trouvent cela bizarre. Krim a beau raconter son histoire avec preuves à l’appui, cela semble curieux. Car l’armée française ne fait aucun ratissage dans les zones et les villages « contrôlés » par l’armée secrète. Si d’aventure une patrouille passe par un de ces secteurs, les hommes de Zaïded ont des papiers accompagnés d’un numéro secret à fournir au commandant de l’opération. Et très vite l’opération est interrompue pour « ne pas entraver la marche et le travail de l’organisation clandestine » A Azazga, Port-Gueydon, Tizi et une partie de la région de Michelet sont tenus par les 1 500 hommes de l’armée secrète. Car ils sont maintenant 1 500, armés d’une façon ultra-moderne. Aux mousquetons des débuts ont succédé garants, MAT 49 et même fusils-mitrailleurs. Les résultats sont probants pour Alger. Les «partisans» abattent de temps en temps un «F.L.N.» (en réalité un messaliste) et surtout en Grande Kabylie, c’est la paix! Pas un vrai combat !

Krim a placé auprès de Zaïded un des hommes en qui il a le plus confiance. Il s’agit de Makhlouf Mohamed, d’Aït-Ouanèche. C’est lui qui a le contact direct avec les Français. C’est lui qui réclame des armes, des munitions surtout. Car tout se fait maintenant sur une grande échelle. C’est un commandant de la zone militaire de Tizi qui, à bord de sa 203, apportera lui-même avec deux hommes « en mission secrète » des boîtes de cartouches. Il dépose les colis à la porte même d’une maison isolée d’Aït-Ouanèche où se trouve Krim Belkacem, qui le verra empiler les caisses au bord du chemin. C’est une mission « top secret ». L’état-major de Paris ne sait rien.

Zaïded est maintenant chargé de savoir si Hachiche ne voudrait pas établir une liaison avec les messalistes de Bellounis. La réponse de Hachiche apporte la confirmation que désiraient les chefs F.L.N. : «Ne vous occupez pas de Bellounis, il travaille en liaison avec le commissaire Gonzalès.» Ce que l’aventure extraordinaire du «général» Bellounis confirmera au-delà de toute imagination.

Zaïded recueille d’autres confidences de Hachiche qui, devant le succès de l’opération, se prend pour un chef de guerre. Il pense, confie-t-il sous le sceau du secret à Zaïded, pouvoir dans quelque temps se retourner contre ses anciens alliés et discuter à son propre compte. Car le Gouvernement général, séduit par les résultats obtenus, serait prêt à étendre l’expérience à toute l’Algérie! Hachiche ne se sent plus d’orgueil, d’ambition. Il se voit déjà, retournant ses troupes contre les Français, discuter d’une possible indépendance! Quelques mois plus tard, Bellounis éprouvera lui aussi la même tentation.

Mais l’affaire va se gâter. Sur deux plans. D’abord du côté F.L.N. En août 1956, c’est le congrès de la Soummam ou Krim est sommé par ses compagnons de «récupérer» ses troupes et de lancer la Grande Kabylie dans le combat à outrance. L’affaire pourrait mal tourner.

En suite du côté français, on commence a avoir des soupçons sur cette minifique force K! Le remarquable commandant de la Z.O.K. (zone opérationnelle de Kabylie), le général Olié, est plein de méfiance devant cette opération des Services spéciaux. Il veut contrôler directement la force K. Pour cela, on Choisit un spécialiste des renseignements : le capitaine Hentic.

Spécialiste du noyautage de maquis en Indochine, Hentic «goûte» du Kabyle. Il fait connaissance des commandos force K. Il a des doutes sans être certain de rien.

Hentic a analysé la situation. Si vraiment c’est un coup fourré, la bagarre va être terrible: éliminer 1 500 hommes équipés et entraînés comme les meilleurs éléments de l’armée française, et connaissant parfaitement le terrain, ce ne sera pas du gâteau.

Il faut accrocher à tout prix pense Hentic. La première nuit les hommes descendent trois maquisards en armes sur lesquels ils sont tombés par hasard. Deuxième nuit: rien. Le vide. Troisième nuit, ils arrivent dans une zone où leurs «amis» force K devraient se trouver. Pourtant les hommes du 11e « choc » se font « allumer ». Pas de dégâts. Ils contactent les forces K. «Oui, disent les Kabyles de Zaïded, il y a une petite bande de fells dans le coin.»

Une petite bande! Le commando se fait accrocher de toutes parts.
Le message est envoyé: « Sommes accrochés à plusieurs reprises. Région prétendument pacifiée entièrement aux mains des rebelles puissamment armés. On nous tire au F.M. »
– Pourquoi tirez-vous au F.M. dans cette région?
– Mais on ne tire pas. Ce sont les fells en face qui nous arrosent
– Pas possible. Il n’y en a presque plus et ils n’ont pas de F.M.
– Eh ! viens y voir, Ducon! » L’état-major du 11e intervient.

« Ça suffit. Essayez d’obtenir confirmation de ce que vous avancez et prévenez immédiatement Hentic et la 25e division alpine. »
Le lieutenant monte deux autres embuscades. Mêmes résultats. Plus de doute, la région est tenue par le F.L.N.! Retour immédiat.
Et Hentic croit vivre un cauchemar. Les militaires classiques ne le croient pas. Tous les rapports concordent: la région est débarrassée des fellaghas. En outre, il est impossible que le F.L.N., s’il y en avait encore, soit armé de fusils mitrailleurs. Hentic et son commando sont mis à l’écart de l’opération. Ils font des opérations héliportées parfaitement étrangères à l’opération K. Ils sont éjectés. Pas pour longtemps. Fin août, on les rappelle d’urgence :
« Filez sur la route d’Azazga. Le 151e d’infanterie est tombé dans une embuscade.
– Alors il y aurait à nouveau des fells ? ironise Hentic.
– C’est peut-être les commandos K!»
L’armée n’est plus très sûre de ses commandos kabyles, qui maintenant sont sans cesse en opération dans le djebel! Les hommes du 11e «choc» arrivent à la rescousse. Ils tombent sur le 151e. Dans quel état ! Ils trouvent l’armée dans ce qu’elle a de plus horrible. L’armée dépassée, sans chef, sans réflexes! Trente-cinq hommes sont au tapis. L’embuscade a parfaitement réussi. C’est un sergent-chef qui a sauvé le reste de la troupe. Trente-cinq morts! Les survivants sont démoralisés, tournent en rond. Sur place, le commando Hentic trouve quantité de douilles de mousquetons.

«Du mousqueton, ça ne vous rappelle rien ?»
Eh bien, malgré les trente-cinq morts, ça ne rappelle rien du tout: « C’est impossible que nos Kabyles aient déserté. »
Et les forces K font plus fort, ils se proposent de passer devant. Ils se font donner des armes supplémentaires, des cartouches et des fusées blanches.
« Dès qu’on les repère, on tire la fusée blanche et vous arrivez. »
On attend. Les chasseurs alpins sont excités. On les tient. La fusée blanche. En avant.

Et ayant soigneusement monté leur embuscade les hommes de la force K ajustent les petits chasseurs qui, confiants, tombent dans le piège. Quarante morts! Et pendant ce temps, le commando Hentic est à Tigzirt sans rien faire. Sur l’ordre de la 25e division alpine!

C’est la fin des commandos K. Krim a donné à ses hommes l’ordre de regagner en bloc les rangs de l’A.L.N. officielle. La décision a été prise au congrès de la Soummam. Les forces K prennent le maquis dans la forêt de Tamgout au moment où la 25e division alpine allaient les équiper de mortiers! Avant de disparaître Zaïded et ses hommes révèlent la supercherie à Hachiche et le suppriment de trois balles dans la poitrine.
Les masques sont jetés, L’opération Oiseau bleu est fini.

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Rédigé le 28/08/2012 à 04:28 dans Guerre d’Algérie | Lien permanent


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Commentaire



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Displaying 1 Comments
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  1. djamel dit :

    d`autres opérations similaires d`infiltrations individuels existes.
    Comment expliquer que deux personnages important de l`histoire d`Algérie soient éliminés dans la même année l`un par Aussares et l`autre par l`ALN, est-il possible qu`il y`a le même dénominateur.
    Comment expliquer que Yacef n`a pas été exécuté par la Corvées du bois.

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