DzActiviste.info Publié le sam 12 Jan 2013

Lorsque l’homosexualité prend de l’ampleur.

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Par Amar Cheballah

homoL’Etat veut fuir les problèmes qui se posent à la société. Les autorités algériennes pensent réellement qu’en vidant la société de sa citoyenneté et de ses capacités morales et intellectuelles, les problèmes vont cesser.

Sujet tabou, l’homosexualité a pris de l’ampleur au cours de ces dix dernières années. Les familles vivent l’homosexualité comme une véritable tragédie. Plutôt avoir un cancer incurable que d’avoir un fils homosexuel ou une fille lesbienne chez soi. Décadence morale qui défie les lois de l’anthropologie pour les uns, une maladie comme tant d’autres pour les plus tolérants. Sur le terrain, comment ces gens considérés comme des pestiférés par la société, vivent-ils donc leur homosexualité ?

Sur le chemin qui mène sur les plages de Bejaia, deux jeunes garçons, la vingtaine d’année chacun, à peine, se caressent dans le bus. Choqué par la scène qui a mis à mal tous les voyageurs, le receveur les rappelle à l’ordre. C’est alors que les deux jeunes, contre toute attente, dans un élan de défi, se livrent dans un bouche à bouche interminable, se serrant l’un contre l’autre comme le ferait un couple d’amoureux. Une séquence digne des scènes hollywoodiennes qui ont immortalisé le baiser donné par Robert Mitchum à Marylène Monroe. Le bus s’est totalement vidé à mi chemin. Les deux jeunes ont tenu à faire savoir qu’ils n’ont pas honte de leur homosexualité. Dans une ville reculée du Djurdjura, dans la wilaya de Tizi ouzou, un couple d’homosexuels a défrayé la chronique lorsqu’il a demandé aux services de la municipalité un acte de mariage. L’affaire a alimenté durant des mois toutes les conversations au Djurdjura. Mais c’est dans les cybers que l’homosexualité apparait incontestablement au grand jour. A voir tous ces jeunes garçons s’amouracher, on mesure mal les affres de la société qui prétend condamner sans appel « ce fléau ». Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, aucun parmi les homosexuels qu’on approché, n’a été renvoyé par sa famille. « Mes parents ont changé de domicile à plusieurs reprises pour se mettre à l’abri des critiques du voisinage, mais jamais ils ne m’ont renvoyé de la maison », avoue K âgé de 27 ans. Les parents encaissent le choc. Mais à quel prix ? Par la fuite et la honte. Les parents vivent mal leur vie blessée par l’homosexualité de leurs enfants. D’autant plus, s’il existe un mal sur lequel la religion musulmane ne veut rien savoir, c’est bien celui de l’homosexualité. L’Islam considère l’homosexualité comme une offense à Dieu et à l’espèce humaine.

En dépit de son ampleur, l’homosexualité reste un sujet tabou qui fâche tout le monde : le voisinage, les autorités et la Mosquée. C’est en vain que nous avons tenté d’avoir des estimations auprès des services concernés en Kabylie. Même alertés par des lettres anonymes sur les activités homosexuelles du voisin, les services de la gendarmerie, de la police et de la justice restent muets à ce sujet. Même lorsqu’on a évoqué la menace du Sida, personne n’a voulu en parler. Cependant, sur le terrain, l’homosexualité est beaucoup plus présente dans les milieux aisés et bourgeois que dans les milieux relativement pauvres et précaires ou sévit la prostitution.

Pour en savoir plus sur ce sujet qui embarrasse toute la société, on a sollicité l’avis des psychologues et deux sexologues établis en France. S’inspirant des thèses de psychanalystes o-freudiennes, les psychologues interrogés associent l’homosexualité à un « trouble de l’identité sexuelle », une « démasculinisation » occasionnée par la rigidité du père face au rôle sexuel. Or, selon eux, il n’y a que deux identités sexuelles, celles de l’homme et de la femme; et une multitude d’orientations sexuelles, dont l’orientation homosexuelle. Dans cette ligne de pensée, les sexologues estiment que l’homosexualité résulte d’un conflit d’identité sexuelle et que les couples homos ne peuvent créer de véritables liens d’intimité, et ce, en raison du caractère fusionnel de leur relation qui repose sur la recherche du même, du semblable; cela va à l’encontre de l’altérité. Et d’ajouter : « Il semble maintenant bien établi qu’il n’y pas vraiment une cause unique de l’homosexualité. Il est préférable de parler de facteurs qui contribuent à la naissance et au développement de cette réalité, car les origines de notre orientation sexuelle – qu’elle soit hétérosexuelle ou homosexuelle – s’enracinent profondément dans nos premières expériences et reflètent une convergence de plusieurs circonstances biologiques, psychologiques et sociologiques. Même en inventoriant soigneusement les données des sciences humaines, il est difficile d’analyser les causes de l’homosexualité. La question que l’on doit se poser, c’est davantage celle-ci : comment l’orientation sexuelle se développe-t-elle? Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer le développement de l’orientation homosexuelle. On peut les regrouper en théories génétiques, hormonales, neuro-anatomiques et environnementales ». Dans tous les cas de figures, il s’agit d’une maladie que d’autre chose. Mais dans ce cas, pourquoi autant de silence sur un sujet que les spécialistes considèrent comme une maladie et non comme une menace pour la société ?


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