DzActiviste.info Publié le jeu 7 Mar 2013

Lutte contre la corruption ou guerre entre maîtres chanteurs ?

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Par Said Radjef

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Photo Dahmane Soudani-Maghnord

Le dossier de la corruption n’est rien d’autre qu’un feuilleton avec lequel chaque clan au pouvoir veut mesurer sa force et ses capacités de nuisance avant le jour j. A l’allure où vont les choses, et devant les jeux troubles des instances internationales, une autre tragédie n’est pas a écarter dans les jours qui viennent en Algérie.

En principe, à l’occasion du 8 mars, on devait écrire sur les contraintes et les déboires de la femme algérienne, mais les choses semblent se détériorer davantage aux plus hautes instances de l’Etat algérien que la priorité est prise par la situation pour le moins incertaine de notre pays.

C’est de nos jours un fait réel dans les cercles politiques algériens, que la censure exercée par le régime sur les mass média constitue un monopole virtuel. C’est par ailleurs un fait réel et reconnu dans les milieux politiques algériens, et ceci depuis que le pays est indépendant, que l’élection du président n’est jamais remportée, perdue en fonction des compétences du candidat postulant ou du choix souverain du peuple. Les élections algériennes depuis toujours, sont gagnées ou perdues à l’issue d’une bataille médiatique que se livrent les grands maîtres chanteurs par quotidiens interposés, à chaque fois qu’une échéance électorale pointe à l’horizon.

En plus de l’absence d’une véritable élite politique et intellectuelle capable d’éclairer la lanterne des populations sur les enjeux du moment, le pouvoir détient l’information et monopolise la communication. Il oriente et censure l’information et la déontologie, par le choix des éditeurs et le contrôle permanent de ce qui semble être l’espace médiatique en Algérie. En d’autres termes, en dépit de sa médiocrité et de son ignorance qui ne font plus aucun doute, tout le complexe médiatique et de l’information algérienne n’est qu’un système de lavage de cerveau. Et c’est justement ce complexe pervers qui est sollicité depuis quelques jours pour arbitrer entre les différents clans au pouvoir, sur fond de règlement de comptes et de chantage odieux. « Si tu parles, je déballe tout », semblent se dire entre eux les dirigeants algériens.

Chacun veut faire chanter l’autre et lui signifier qu’il détient les carte nécessaires pour l’effacer de la scène politique. Chaque clan semble actionner le levier de son journal pour faire valoir sa domination. Le rebondissement presque simultané des gros dossiers criminels concernant la corruption, le trafic d’influence et l’assassinat (exécution) de Ali Tounsi ne peut donc être fortuit ni dénué de motifs politiques. Par ces opérations de charme, le pouvoir tente, tant bien que mal, de manipuler l’opinion publique algérienne, en lui vendant une fausse image sur la nature des gangs qui retiennent l’Etat en otage. Mais dans la rue, les algériens ne sont font plus d’illusions. Comme l’indique si bien leur attitude de bouder la presse au moment celle-ci étale à coups de grosses manchettes les dossiers de corruption qui éclaboussent le régime algérien, la majorité des algériennes et des algériens sait désormais que « cette lutte contre la corruption » n’est qu’une forme d’un chantage odieux qui est instrumentalisé par les factions politiques en concurrence pour la conquête du pouvoir.


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