DzActiviste.info Publié le sam 16 Juin 2012

Maghreb Emergent: Un rapport de la CSI rappelle les principaux épisodes de la guerre contre les syndicats en Algérie

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Une manifestation des médecins-résidents « contenue » par la police.
Après Amnesty International et le Conseil des Nations unies aux droits de l’Homme, c’est au tour de la Confédération syndicale internationale (CSI) de dénoncer, dans son rapport 2012, les violations des droits syndicaux en Algérie : arrestations, licenciements abusifs et diverses autres formes d’intimidations des travailleurs et des syndicalistes. Ces violations, lit-on dans ce document, ont été commises aussi bien par l’Etat que par les employeurs.

Le rapport 2012 de la Confédération syndicale internationale (CSI) a établi une longue liste d’atteintes aux droits syndicaux enregistrées en Algérie pendant l’année 2011. Ces atteintes vont de l’arrestation de syndicalistes au licenciement de travailleurs ayant montré leur volonté d’exercer leurs droits syndicaux, en passant par les menaces et diverses autres pressions de la part de l’Etat comme de certaines entreprises.

Le 27 septembre 2011, la présidente du Comité national des employés du pré-emploi a vu son contrat de travail résilié sans qu’aucun motif ne soit invoqué. Une semaine plus tard, elle sera arrêtée par la police pour avoir pris part à un sit-in devant le ministère du Travail.

Le président du Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique (SNAPAP), Rachid Malaoui, « persécuté » depuis de nombreuses années, a été « menacé de mort » et sa voiture sabotée, lit-on dans le rapport. En février 2011, Mourad Tchiko, un autre dirigeant du SNAPAP, a été interpellé en compagnie d’un photographe du syndicat alors qu’ils allaient soutenir les grévistes de la faim de la section syndicale de l’Ecole nationale supérieur des travaux publics (ENSTP).

Ancien agent de la Protection civile, Mourad Tchikou a été suspendu par son employeur en 2004 avant de se voir privé de son passeport en 2010. Deux autres cas de menace contre les syndicalistes cités par la CSI sont ceux du syndicaliste de l’UGTA, Ahmed Badaoui, et du blogueur et militant des droits de l’homme Yacine Zait, interpellés au début de l’année passée.

La Maison des syndicats à Dar El-Beida (banlieue est d’Alger) où se trouve le siège du SNAPAP a été la cible d’une attaque dans la nuit du 19 au 20 mars 2011, lit-on dans le rapport. L’attaque nocturne, menée par un groupe de jeunes inconnus, a eu lieu à quelques encablures d’une caserne de la police, souligne-t-on précisant que les éléments de la police, au lieu de protéger les syndicalistes, « ont prêté main forte » aux assaillants. En 2010, le siège du SNAPAP a été fermé à plusieurs reprises sous des « prétextes fallacieux ».

Dans le secteur de la Santé, on dénombre de nombreuses violations des droits syndicaux. Huit membres du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) ont été suspendus à la suite de la grève lancée en février 2011. La CSI note qu’il y a eu une vingtaine de blessés parmi les médecins résidents qui ont mené un vaste mouvement de protestation entre mai et juin 2011.

Air Algérie, Sheraton, Huawei et Lind Gaz

Plusieurs entreprises sont impliquées dans des atteintes à l’encontre des syndicalistes, ajoute le rapport de la CSI. Lind Gaz Algérie a licencié, en juillet 2011, 5 militants syndicaux de l’UGTA qui ont dénoncé des « dysfonctionnements » au sein de la société. La compagnie aérienne publique Air Algérie est allée plus loin en licenciant pas moins de 145 salariés à la suite d’une grève du personnel naviguant entre le 10 et le 14 juillet.

La direction de l’établissement hôtelier Sheraton Club des Pins a licencié, pour sa part, « des centaines » d’employés. Des sanctions survenues après que les travailleurs de l’hôtel ont fait des démarches, en juin 2011, pour créer un syndicat. La filiale algérienne de Huawei a licencié, quant à elle, le 29 novembre dernier, 4 délégués syndicaux de l’UGTA.

Le rapport de CSI n’a pas omis les intimidations dont ont été victimes les enseignants contractuels lors du sit-in qu’ils ont observé au mois de décembre dernier devant le ministère de l’Éducation. Plusieurs syndicats autonomes, relève-t-il, dont le Comité des lycées d’Alger (CLA) et le Syndicat national des travailleurs de la formation professionnelle (SNTFP) réclament depuis des années leur agrément.

Lounes Aït Mohamed, Maghreb Émergent du 07 Juin 2012


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