DzActiviste.info Publié le mar 28 Mai 2013

Mais qui est donc cet homme à la bouche amère ?

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Il a les yeux plus gros que le ventre, et les bras plus courts que la langue, qu’il porte en écharpe, autour du cou. Il adore s’en servir pour salir les gens respectables, et faire de la lèche aux pourris qui pourrissent la vie de tout le monde.
Il écrase de son mépris les plus faibles, les démunis, les pauvres, et tous ceux qui ne peuvent l’écraser lui-même. Parce qu’il part du principe que celui qui ne peut pas l’écraser comme une limace ne mérite donc pas son respect.
Il se met à plat ventre devant ceux qui le méprisent, qui lui mentent, qui le volent, qui lui rient au nez. Et il se trémousse à leurs pieds, en couinant de plaisir. Il les adore, il les adule. Il miaule à leur passage, et aboie sur leurs injonctions.
Il passe son temps à parler de Dieu, du Coran, de toutes les simagrées, de toutes les bondieuseries, de toutes les hypocrites gesticulations. Il ne donne plus ses rendez-vous à telle ou telle heure, mais à celle du Asser, du Icha. Ce ne sont plus que de longs machaa allah dans sa bouche, où s’entrechoquent les mots trompeurs, et les verbes menteurs. Il rêve de pouvoir refaire une éneième omra, et une enième hadj, pour étoffer ses titres, et pouvoir se pavaner dans la cour des glands.
Ses seules élites sont celles du trabendo, de la tricherie, du téléphone et du piston. Seuls ceux qui peuvent violer impunément les lois qu’ils font eux-mêmes ont droit à son infinie admiration, et à son inconditionnelle kwada.
Il a réussi la gageure de confondre la patrie avec ceux qui la tuent, et traite de harki quiconque ne participe pas à la liquidation de la même patrie.
Ses seuls maîtres à penser sont ceux qui ont prospéré sur sa propre misère, sur sa propre déchéance. Ceux qui ont pris la place des vrais héros. Lui, les honnêtes gens l’ennuient, et le gonflent. Quand il lui arrive d’en rencontrer un, à une quelconque occasion, il est très mal à l’aise, et même qu’il manque d’air. Ces gens là, trop vertueux, et qui font comme s’ils voulaient lui rappeler qui il est, et qui sont ses maîtres, l’incommodent au plus haut point. C’est pour ça qu’il les fuit comme la peste, et ne rate pas une occasion de leur demander à quoi a bien pu leur servir cette satanée morale,

Cet homme là, que vous voyez s’agiter dans tous les sens, et qui est l’antithèse de la vie, de la beauté, de l’honneur et de la dignité, est ce qu’il y a de plus répandu dans la société algérienne. En bas de l’échelle, il est tout sourire pour ses maîtres, il leur fait la cour, hante leurs proximités, se vante d’avoir leur numéro de téléphone, et passe son temps à leur présenter toutes sortes de vœux.

En haut du panier, s’il a été suffisamment pourri pour se hisser à la tête de cette société qui marche la tête en bas, il affiche ostensiblement un rictus de mépris, pour tous ceux d’en bas. Il sait que cette grimace de dégoût, à la Zerhouni, est sa façade le plus emblématique, le signe le plus viril de sa réussite. Parce qu’il sait que plus il affiche sa morgue, plus il est considéré, par ceux-là mêmes qu’il regarde de cette façon. ce rictus de seigneur(saigneur), enflé de sa propre importance, qui pète des yeux, qui  regarde les minus de bas en haut, qui les balaie comme un essuie glace en mode lent, qui les regarde sans vous voir, est le nec plus ultra de tous les parvenus algériens. Un gadget obligatoire, si on veut avoir une quelconque importance, aux yeux du ghachi béat qui se pâme devant leur grandeur. 
Une mine bienveillante, un gentil sourire, sont les plus sûrs garants de la petitesse, de l’échec, et du peu de cas que l’on se fait de sa propre personne. C’est bien connu, on ne fait le gentil que lorsqu’on est nul.  La contorsion de la lippe, vers le bas gauche de la mâchoire, la glace du regard, et l’impression d’ennui manifeste que le Si flène témoigne au travers de la fatcha, qui lui sert de vitrine, seront sa carte de visite. Plus il se renfrogne, et mieux c’est pour la considération qu’on lui doit.

Il sait que s’il affichait un air plus avenant, plus riant, il serait lui-même méprisé par cette foule qui aime qu’on la piétine.
Car lui, c’est l’Algérien !

DB


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