DzActiviste.info Publié le mar 5 Fév 2013

Malaise social à Biskra. Des jeunes veulent aller en prison

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Voilà un autre procédé suicidaire trouvé par des jeunes en proie à un profond désarroi, qui devrait susciter des réflexions sérieuses de la part des spécialistes en vue de trouver des solutions salutaires.

La salle d'attente d'un commissariat, en Algérie - velobistrotdodo / FlickR/CC

La salle d’attente d’un commissariat, en Algérie – velobistrotdodo / FlickR/CC

Ayant défrayé la chronique locale, l’affaire de la jeune fille de 20 ans qui s’était présentée au mois d’octobre de l’année dernière au poste de police de Sidi Ghezzal pour demander à être mise en détention pour possession de drogue, avait été diversement commentée. Les uns disaient que cette histoire n’était qu’un fait divers insolite non significatif fomenté par une personne aux troubles mentaux avérés, tandis que les autres y voyaient un acte symptomatique du profond malaise social des jeunes ne trouvant pour seul palliatif à leur mal que d’aller en prison. Hier, deux jeunes de Biskra ont réitéré ce procédé consistant à ce munir de produits illicites et à se rendre aux forces de l’ordre. L’un, âgé de 24 ans, avec un joint, s’est présenté aux agents de la 3e sûreté urbaine du vieux Biskra « pour être placé derrière les barreaux », a-t-il dit.

Dans la même journée, un autre jeune âgé de 21 ans, muni d’un morceau de 5 g de résine de cannabis, s’est rendu de son plein gré à la 7e sûreté urbaine de Biskra pour, lui aussi, être écroué pour possession de stupéfiant. Eberlués par de tels comportements, les agents de police ont tout fait, doit-on souligner, pour dissuader ces jeunes de choisir de telles alternatives à leurs problèmes. Ils ont appelé leurs parents et demandé le soutien de psychologues mais rien n’y a fait. Les deux jeunes ont soutenu mordicus, chacun de son côté, vouloir être mis en geôle. Finalement, des dossiers judiciaires ont été ouverts à leur encontre et ils ont été placés en détention préventive sur ordre du procureur de la République. Ce phénomène des jeunes souhaitant aller en prison connaît-il un regain conjoncturel ?

Où n’est-ce que l’expression désespérée d’un malaise profond et indicible? Est-on en droit de se demander. Voilà des thèmes d’études sur lesquels pédagogues, psychologues et universitaires devraient se pencher pour tenter de comprendre les aspirations des jeunes d’aujourd’hui et leurs visions des nombreuses difficultés sociales, scolaires, économiques, familiales et professionnelles auxquelles ils sont soumis au quotidien et qui les poussent à commettre des actions insensées et suicidaires.

H.Moussaoui
El Watan 30/01/2013


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