DzActiviste.info Publié le sam 24 Août 2013

Mariages : La Kabylie et ses nouveaux records.

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Boualem TiticheSaïd RADJEF
Selon les services des municipalités de la vallée du Djurdjura, plus de 1000 mariages ont été enregistrés rien qu’au cours de ce dernier week end. La palme revient  cependant à la circonscription de Draâ El Mizan  qui a réussi le coup des 400 mariages, suivie de Boghni, Ouadhias, M’kira et Tizi Ghennif. Durant quatre jours d’affilée les klaxons des cortèges nuptiaux  n’ont pas cessé. Ou que vous alliez au Djurdjura, en haute Kabylie, en basse Kabylie ou en Kabylie maritime, vous serez cueillis avec des klaxons  au milieu d’embouteillages interminables. Une situation qui finit souvent par engendrer des rixes devant les gendarmes et policiers désabusés et dépassés par les événements.
Si certains sont à leur premier mariage, il n’en est pas le cas pour d’autres qui sont à leur second, voir à leur troisième mariage au bout de quelques années seulement. « Aujourd’hui, ce sont des gâteaux, d’ici trois mois ce serait des « beaugateaux » (avocats) », ironise Yamma Djouher, une vieille femme de Draâ El Mizan, au moment où la mariée franchissait le seuil de son nouveau domicile.
Yemma El Djouher n’a pas tort de parler ainsi. Il suffit de regarder dans son entourage pour constater que la notion de couple est de plus en plus fragilisée. Avant de se lancer dans l’aventure décidément de plus en plus hasardeuse du mariage, beaucoup de jeunes (garçons et filles) aimeraient savoir, statistiquement, quelle probabilité a leur union de capoter. Aux tribunaux de Draâ El Mizan, Ouacif, Tizi Ouzou  et de Bordj M’nail, il est impossible d’avoir les chiffres exacts de divorces. Toutefois, selon les greffiers, les chiffres communément admis concernant le divorce en Kabylie sont ahurissants.  Aujourd’hui, on parle de plus de 42% divorces pour 100 mariages, contre seulement à peine une dizaine de divorces pour 1000 mariages en 1970. Toujours selon nos sources, parmi les premières unions débutées vers 1990,  environ 45 % ont été rompues dans les cinq ans, près de 5 % dans les dix ans.
Famille disloquée et perte des valeurs et des repères. Il y a un peu de tout dans ces nouveaux records de la Kabylie.
On constate tout d’abord que le nombre de mariages connaît des fluctuations selon les années, tout en restant dans des valeurs relativement homogènes: La moyenne des mariages par année sur la période 2000-2010 a largement franchi les seuils des 400 000.  Selon les services de l’Etat civil, les années 2000 ont connu le plus grand nombre de mariages, le caractère symbolique du passage au nouveau millénaire ayant très certainement joué un rôle de catalyseur. Mais aussi les divorces, un fléau, une véritable tragédie nationale qui déstructure de plus en plus la cellule familiale, ont largement augmenté. L’évolution du nombre de divorces, a connu une tendance très nette à la hausse depuis 1990. Les statistiques récentes de l’ONS  sont encore plus inquiétante, puisque entre 2001 et 2012 on note une augmentation de 34% des divorces


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