DzActiviste.info Publié le mar 23 Juil 2013

« Mauvaises conditions » de détention à Laghouat La LADDH dénonce et interpelle Charfi

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La situation des prisonniers à l’intérieur du centre pénitencier de la wilaya de Laghouat préoccupe la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH). Cette dernière a, dans un communiqué rendu public, avant-hier, par son bureau local, dénoncé « les mauvaises conditions » d’emprisonnement constaté par les membres des familles de détenus, qui ont immédiatement pris attache avec l’organisation. La LADDH de Laghouat cite, entre autres, « le manque d’hygiène, la malnutrition et la promenade dans la cour à des heures marquées par de fortes chaleurs, c’est-à-dire entre 12h et 15h durant ce mois de ramadhan », lit-on dans le communiqué qui nous a été transmis. Tout en exprimant ses préoccupations, le bureau de la LADDH de la même wilaya « demande aux autorités concernées d’intervenir dans les plus brefs délais pour mettre un terme aux dépassements rapportés par les familles des détenus ».  Rappelons que la Constitution algérienne, les lois de la République et les textes onusiens ratifiés par l’Algérie « obligent toute administration à respecter la vie humaine pour garantir la dignité de chacun », la LADDH appelle « la Direction générale des pénitenciers, le ministère de la Justice et le Premier ministère à réagir en urgence afin que les autorités locales de Laghouat prennent les dispositions adéquates ». En tout état de cause, le ministre de la Justice, Mohamed Charfi, est tenu d’intervenir si ces cas de « violence » et de « maltraitance » sont avérés. Joint par Algérie News, le président du bureau local de l’organisation a qualifié d’« inhumaines » les conditions d’incarcération dans cet établissement pénitentiaire. Yacine Zaid explique que « ce n’est pas la première fois que son bureau reçoive des familles qui se plaignent de la situation de leurs enfants », de surcroît « non encore jugés ».
En détention provisoire, ces détenus sont confrontés à toute sorte de « maltraitance », laquelle ladite organisation des droits de l’Homme n’avait pas l’occasion de constater. En effet, notre interlocuteur précise que le bureau de la LADDH a « avisé » le directeur du pénitencier, lui « demandant d’autoriser ses militants à visiter les prisonniers ». « Une lettre qui est restée sans suite », regrette Yacine Zaid, qui dénonce les deux poids deux mesures, puisqu’il n’y a que la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH) de Farouk Ksentini, qui est autorisée à visiter les prisons algériennes. « La seule fois où l’on a été autorisés à voir les détenus, c’était lorsque nos membres étaient emprisonnés », ajoute la même source. L’ancienne prison de Laghouat n’est pas la seule où les « dépassements » sont constatés. Celle d’Aflou, une nouvelle prison récemment inaugurée dans la même wilaya est un autre cas. Selon Yacine Zaid, « les détenus condamnés transférés à Aflou n’échappent pas à la violence des gardiens qui tentent de leur imposer la discipline en usant de la matraque dès leur arrivée ». Les deux prisons sont gérées par un seul directeur, précise notre source qui parle de « cas inimaginables », de « pressions terribles » et d’« intimidation » dont sont victimes les prisonniers. Le bureau de la LADDH qui « prend à témoin l’opinion publique et les médias » appelle en urgence à ce que « prennent fin ces agissements inhumains ».

Aïssa Moussi Algérie News


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