DzActiviste.info Publié le sam 17 Mar 2012

Mellouk Ben Youcef/Affaire des Magistrats faussaires: La vérité aura le dernier mot !

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Mellouk Benyoucef l'incorruptible (marengoin.wordpress.com)

Mellouk Benyoucef l’incorruptible (marengoin.wordpress.com)

                                            Affaire Mellouk  par Hocine Mahdi

Voici une affaire qui semble ne pas vouloir prendre fin. Dans tous les cas de

figure elle démontre que le régime politique algérien reste embourbé dans ses

stratégies rétrogrades des années 1980.

Bref rappel :

Mellouk Ben Youcef était un consciencieux fonctionnaire du ministère de la

justice. Un jour son patron ministre lui confie la délicate mission de contrôler les

dossiers administratifs des hauts fonctionnaires de la filière.

Un long et pénible travail.

Sans surprise Mellouk découvre une nuée de fraudeurs. Il établit un rapport

précis et le remet au ministre. Celui-ci connaît bien les coulisses « des » pouvoirs

en Algérie et il tient à son poste et à sa vie. Par conséquent il enterre le rapport de

Mellouk.

Cas de conscience assez rare au sommet, l’honnête fonctionnaire Mellouk s’est

senti en devoir d’aller au bout de sa mission qui était devenue une affaire

d’intérêt national. Trop de traîtres se sont déguisés en combattants de la liberté.

Pour un ancien moudjahid* de la première heure c’était insupportable.

Conserver le silence lui semblait une haute trahison à l’égard de l’histoire, des

moudjahidine** sincères, des martyrs et de ses propres principes.

Mellouk contact la presse. Le baroudeur Abderahmane Mahmoudi, directeur de

l’hebdo libéré, publie quelques documents sous un titre fracassant : « les

magistrats faussaires ».

Un véritable seïsme politique.

A la même période il avait publié l’un de mes articles intitulé « les barons du FLN

» que les autres journaux avaient refusé de publier et qui avait dérangé le sérail.

Mahmoudi sera menacé par les détrousseurs de la légitimité historique mais il

continue de publier des brûlots en sachant qu’il paiera un jour. Nous en avons

discuté plus d’une fois.

– »Nous sommes au front, autant être en première ligne ». C’est ce qu’il me disait.

Il était le bulldozer de la presse du secteur privé.

Il sera jeté en prison en compagnie de Mellouk pour avoir livré à l’opinion une

vérité que tous les gouvernants considéraient comme un « secret défense ». Des

hauts fonctionnaires intouchables, faux moudjahidine, parmi eux des

magistrats…

Remis en liberté Abderahmane Mahmoudi sera la cible d’une bombe « terroriste

». Son frère, sa secrétaire et son chauffeur seront touchés. Pas lui.

Miraculeusement. Etait-ce un simple avertissement ?

Mais Mahmoudi sera lourdement traumatisé toute sa vie. En lui le journaliste

frondeur a été assassiné par cette bombe. Après l’attentat il changera totalement

sa ligne éditoriale incisive.

Quand à Mellouk Ben Youcef il a tout perdu sauf l’honneur et la fidélité à ses

principes.

Le palais de justice deviendra son chemin de croix.

On n’a pas cessé de le persécuter depuis.

Le seul reproche qu’on lui fait c’est d’avoir livré à l’opinion publique les noms des

faux moudjahidine qui occupent des hautes fonctions dans certains ministères.

Cette semaine le quotidien el watan nous a appris que trois intellectuels algériens

ont essayé d’intimider Mellouk Benyoucef parce que le père de l’un, l’oncle de

l’autre et un parent du troisième figurent dans la liste des faux moudjahidine.

Des intellectuels, dites-vous ?

Des intellectuels qui couvrent des parents faussaires…

Ce n’est qu’en Algérie que la dénonciation de l’immoralité dérange des

intellectuels.

Un autre intellectuel, ancien moudjahid, patron de l’organisation des anciens

moudjahidine, ministre des anciens moudjahidine, a reconnu l’existence de dix

mille faux moudjahid mais il a pris la précaution de préciser que les dossiers ne

seront pas remis à la justice.

J’ai nommé le sieur Chérif Abbès dont le devoir est de soutenir, protéger,

honorer Mellouk Ben Youcef en s’appuyant sur la puissante organisation qu’il

préside.

Mais comme dans notre pays tout marche à l’envers…

HOCINE MAHDI

LE 16 mars 2012
*) Ancien combattant (au singulier).
**) Anciens combattants (au pluriel).

Nouvelles menaces contre Mellouk

Affaire des magistrats faussaires et faux moudjahidine
Nouvelles menaces contre Mellouk
El Watan, 12 mars 2012

Benyoucef Mellouk est de nouveau ciblé. Pas plus tard que vendredi 9 mars, un procureur général près d’une cour de justice lui a offert un café pour prendre le temps de lui conseiller, gentiment mais avec beaucoup d’insistance, d’arrêter de parler à la presse de l’affaire des magistrats faussaires.

Ce qui est grave, c’est cette personne bien placée qui est venue, il y a une vingtaine de jours avec son chauffeur, jusque devant la demeure de Mellouk, à Blida, pour le menacer en des termes qui ne prêtent pas à équivoque. L’agent en question avait dit : «Voilà, on peut te faire mal. Tu as des enfants et tu dois donc faire très attention sinon tu n’auras qu’à t’en prendre à toi-même.» Il a ajouté, pour préciser à M. Mellouk de quoi il était en train de parler : «Il y a des cadres moudjahidine ainsi que d’autres personnalités qui m’ont parlé, à plusieurs reprises, de cette affaire dite des magistrats faussaires et faux moudjahidine que tu es en train de médiatiser tout le temps.» Ces nouvelles menaces sont venues suite à une rencontre faite par Mellouk lors du colloque «Le Printemps arabe entre révolution et contre-révolution» organisé par El Watan en septembre 2011 à Alger.

A cette occasion, Mellouk s’est retrouvé en présence de trois intellectuels connus ; des membres des familles de deux d’entre eux étaient de faux moudjahidine cités dans l’affaire des magistrats faussaires. L’un d’eux s’adressa à Mellouk : «Ne compte pas sur moi ; je ne peux pas intervenir en ta faveur parce que tu as mis en cause nommément mon oncle.» Cet oncle avait falsifié des documents pour s’ériger en moudjahid et promouvoir sa carrière de magistrat. Le deuxième a dit à Mellouk : «Tu n’aurais pas dû citer mon père, ce n’est pas gentil.» Le père en question avait été caïd, puis attaché de sous-préfecture du temps de la colonisation.

A l’indépendance, il a trafiqué des documents pour devenir moudjahid et magistrat dans le corps de la justice algérienne. Benyoucef Mellouk s’étonne qu’après tout ce qu’il a apporté comme preuves pour étayer son dossier, afin de défendre la Révolution algérienne, il y a encore des responsables de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) et même d’anciens officiers supérieurs de l’ALN qui continuent de lui conseiller de se taire.

Il pense qu’un clan, qui a des ramifications partout dans le pouvoir, fait pression, intimide et menace pour tenter de le faire taire. Mellouk, qui reste convaincu de la justesse de sa démarche, continue à la considérer comme un devoir à respecter avec considération et ne pense pas du tout baisser les bras. En cas de besoin et si un seul cheveu de ses proches est touché, Mellouk prend à témoin l’opinion publique.
Il précise avoir pris les précautions nécessaires et recourra aux instances mondiales comme la Commission des droits de l’homme de l’ONU et enrôlera l’affaire devant la justice internationale. Dans ce cas et puisque dans son pays, on refuse de lui rendre justice, il déballera la totalité du dossier avec tout ce qu’il contient.
Ahmed Ancer

Nouvelles menaces contre Mellouk

Benyoucef Mellouk est de nouveau ciblé. Pas plus tard que vendredi 9 mars, un procureur général près d’une cour de justice lui a offert un café pour prendre le temps de lui conseiller, gentiment mais avec beaucoup d’insistance, d’arrêter de parler à la presse de l’affaire des magistrats faussaires. 

Ce qui est grave, c’est cette personne bien placée  qui est venue, il y a une vingtaine de jours avec son chauffeur, jusque devant la demeure de Mellouk, à Blida, pour le menacer en des termes qui ne prêtent pas à équivoque. L’agent en question avait dit : «Voilà, on peut te faire mal. Tu as des enfants et tu dois donc faire très attention sinon tu n’auras qu’à t’en prendre à toi-même.» Il a ajouté, pour préciser à M. Mellouk de quoi il était en train de parler : «Il y a des cadres moudjahidine ainsi que d’autres personnalités qui m’ont parlé, à plusieurs reprises, de cette affaire dite des magistrats faussaires et faux moudjahidine que tu es en train de médiatiser tout le temps.» Ces nouvelles menaces sont venues suite à une rencontre faite par Mellouk lors du colloque «Le Printemps arabe entre révolution et contre-révolution» organisé par El Watan en septembre 2011 à Alger.

A cette occasion, Mellouk s’est retrouvé en présence de trois intellectuels connus ; des membres des familles de deux d’entre eux étaient de faux moudjahidine cités dans l’affaire des magistrats faussaires. L’un d’eux s’adressa à Mellouk : «Ne compte pas sur moi ; je ne peux pas intervenir en ta faveur parce que tu as mis en cause nommément mon oncle.» Cet oncle avait falsifié des documents pour s’ériger en moudjahid et promouvoir sa carrière de magistrat. Le deuxième a dit à Mellouk : «Tu n’aurais pas dû citer mon père, ce n’est pas gentil.» Le père en question avait été caïd, puis attaché de sous-préfecture du temps de la colonisation.

A l’indépendance, il a trafiqué des documents pour devenir moudjahid et magistrat dans le corps de la justice algérienne. Benyoucef Mellouk s’étonne qu’après tout ce qu’il a apporté comme preuves pour étayer son dossier, afin de défendre la Révolution algérienne, il y a encore des responsables de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) et même d’anciens officiers supérieurs de l’ALN qui continuent de lui conseiller de se taire.

Il pense qu’un clan, qui a des ramifications partout dans le pouvoir, fait pression, intimide et menace pour tenter de le faire taire. Mellouk, qui reste convaincu de la justesse de sa démarche, continue à la considérer comme un devoir à respecter avec considération et ne pense pas du tout baisser les bras. En cas de besoin et si un seul cheveu de ses proches est touché, Mellouk prend à témoin l’opinion publique.
Il précise avoir pris les précautions nécessaires et recourra aux instances mondiales comme la Commission des droits de l’homme de l’ONU et enrôlera l’affaire devant la justice internationale. Dans ce cas et puisque dans son pays, on refuse de lui rendre justice, il déballera la totalité du dossier avec tout ce qu’il contient.

Ahmed Ancer


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