DzActiviste.info Publié le mar 2 Avr 2013

Militants empêchés de se rendre en Tunisie. Le Snapap dépose une plainte contre la DGSN

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Jouissant d’un casier judiciaire vierge et n’ayant jamais eu affaire à la justice, près d’une centaine de militants ont été refoulés à la frontière algéro-tunisienne.

frontiereNon à la banalisation de la répression». Le Snapap porte plainte contre la DGSN suite au refoulement à la frontières algéro-tunisienne de près d’une centaine de militants, et ce, «sans justification légale», affirmait hier, lors d’une conférence de presse, Yamina Maghraoui, présidente du Comité des femmes. Inquiet de ces «dérives», le Snapap «n’entend pas rester silencieux face à ces graves atteintes aux droits et libertés des citoyens», et porte également plainte devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Le 25 mars, une caravane de 96 personnes s’est dirigée vers la Tunisie pour prendre part au Forum social mondial (FSM). Cette délégation est composée de divers représentants de la société civile, militants et syndicalistes, dont certains affiliés au Snapap, tels que des membres du comité de femmes, des chômeurs, des diplômés chômeurs, des travailleurs du préemploi et du filet social, ou encore des militants de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme et du collectif SOS Disparus.

«Il était près de 3h du matin lorsque nous sommes arrivés au poste-frontière de Tébessa. Nous avons dû attendre plus de neuf heures pour que la police des frontières nous rendent nos passeports, sans cachet», relate M. Tchiko. «Les agents nous ont ensuite ordonné de retourner chez nous. Quand nous avons cherché à comprendre les raisons de ce refoulement, ils nous ont simplement dit que nous étions interdits de sortie du territoire national, et ce, suite à une instruction ‘‘venue d’en haut’’, sans nous en dire plus sur les motifs de cet ordre», souligne-t-il. Ces personnes, rappelle le syndicat, jouissent d’un casier judiciaire vierge et n’ont jamais eu affaire à la justice. La stupeur se mêle donc à l’indignation. «Tout d’abord, nous ne comprenons pas ce que, concrètement, l’on nous reproche», s’indignent les syndicalistes. «De même, cette interdiction de sortie sans fondement légal n’est basée sur aucune loi. Bien au contraire, puisque cette ‘‘instruction’’ bafoue les droits fondamentaux des citoyens que nous sommes, elle est en parfaite contradiction avec toutes les conventions internationales ratifiées par l’Etat algérien», poursuivent-ils.

«Certains ont reçu des convocations de la police, qui a tenté de justifier cet acte par une prétendue peur pour notre sécurité», ironisent-ils. Mais cette décision reste «ouverte». «Nous avons tenté de discuter avec l’un des responsables de la police des frontières. Selon lui, les autorités auraient peur que l’on ramène le printemps de Tunisie ! Et même si cela a été sans base légale, l’interdiction est de vigueur tant qu’une autre instruction ne vienne annuler la première», s’emporte l’un d’entre eux. Pour Idriss Mekkidèche, du Comité national du préemploi et du filet social, «cet acte va dans la logique de la stratégie de répression qui s’abat sur les syndicalistes et autres mouvements de contestation». «Cela dénote du recul tangible des libertés individuelles et des droits fondamentaux», conclut-il.

Ghania Lassal
El Watan 02/04/2013


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